Doux retour à Avonlea, Anne Shirley, et une pincée de magie

À la mort de son père adoptif, Anne renonce à ses études pour se consacrer à l’enseignement. Institutrice à l’école d’Avonlea, elle exerce son métier avec fougue et passion. Mais l’arrivée de deux jumeaux, orphelins eux aussi, va troubler sa sérénité car ils vont lui en faire voir de toutes les couleurs.
~ Anne d’Avonlea, de Lucy Maud Montgomery – Monsieur Toussaint Louverture
>> fiche livraddict

J’avais adoré le premier tome, qui m’avait plongée dans une exceptionnelle bulle de douceur. Mais cette lecture remonte un peu, et mes souvenirs s’en sont légèrement estompés… Pourtant, dès les premières phrases de ce second tome, j’ai été instantanément propulsée de nouveau à Avonlea !

Dès le début, j’étais de retour dans cet univers si bienveillant, sans une seconde d’hésitation pour retrouver mes marques : retourner dans un tome d’Anne, c’est retourner à la maison. J’ai retrouvé avec délice chacun des lieux rêvés par la jeune fille, ses voisins et camarades, et sa si chère Marilla ! Dans ce second tome, de nouveaux personnages viennent enrichir le tableau, dont un qui m’a particulièrement touchée… et un autre qui, à défaut d’avoir su m’attendrir, apporte des éléments intéressants à l’intrigue et au développement d’Anne.

Mais ce que je retiens avant tout de ce tome, et qui est peut-être encore plus présent ici que dans le premier, c’est l’ode magnifique que l’autrice dédie à l’imagination. Alors qu’Anne grandit et acquiert des responsabilités, elle continue de regarder le monde qui l’entoure avec ce brin de rêve et de magie qui lui est si particulier. Elle met un point d’honneur à saupoudrer de poésie et de romantisme chacune de ses journées, et tente de toutes ses forces de transmettre cette passion à ceux qui l’entourent ; et sur moi, ç’a magnifiquement fonctionné… La narration regorge de phrases plus belles les unes que les autres que je n’ai pas pu m’empêcher de noter ; à chaque fois que je retomberai dessus, je retournerai pour quelques instants au moins dans cet univers si doux d’Anne d’Avonlea…

Ce second tome le confirme : lire un tome d’Anne, c’est ouvrir une fenêtre sur un univers chaleureux, que l’on parcourt auprès d’une jeune femme aux tresses rousses et à l’imagination débordante, et dont on ressort le cœur rempli de bienveillance, de poésie, et de l’irrésistible envie de répandre l’une et l’autre aussi loin qu’on le pourra !

Retrouver d’autres tomes chroniqués :
Tome 1 : Anne de Green Gables

PÀL automnale : le Pumpkin Autumn Challenge est arrivé !

Le soleil éblouissant, la chaleur écrasante, les moustiques voraces… Ça y est, il est temps de passer à autre chose : place à l’automne ! Je prends un peu d’avance pour me lancer d’ores et déjà dans les chocolats chauds et plaids tout doux grâce à cette nouvelle édition du si chaleureux Pumpkin Autumn Challenge, proposé par Guimause Terrier.

Cette année s’oriente autour de la thématique de L’Étrange Cueillette, et j’avoue que c’est une ambiance qui ne me parle pas tant que ça… Cela dit, ça ne m’empêche pas d’être une fois de plus ultra-enthousiaste à l’idée de remplir une pile à lire thématique et de plonger tête la première dans des lectures 100% automne ! Voici donc ce que je prévois de lire ces prochains mois :

Automne Frissonnant

Ghost Hunt
Mexican Gothic, de Silvia Moreno-Garcia

Le Portrait du Mal
Tout au milieu du monde, de M. Rivero, J. Bétan et M. Ascaride

Des Sakuma Drops au milieu des lucioles
Le Désert des Couleurs, d’Aurélie Wellenstein

Automne de l’Étrange


Les mystérieux habitants de Pottsfield
Le vent dans les saules, de Kenneth Grahame


La cueillette des champignons
Rendez-vous avec le poison, de Julia Chapman


In the dark I hear a call
Roverandom, de J.R.R. Tolkien


Sois vent, rêve, cendre et néant
Sois nuit, noir, âme et souhait

Une histoire de magie, de Chris Colfer

Automne Douceur de Vivre


Deux citrouilles en valent mieux qu’une
Calame, de Paul Beorn


La maison Slangsters
La huitième fille, de Terry Pratchett


Il n’y a jamais trop d’épices dans ma pumpkin pie !
Agatha Raisin: There Goes the Bride, de M.C. Beaton


Chante-moi une chanson Sassenach
L’ombre du vent, de Carlos Ruiz Zafón

Automne Rayonnant


We’re all born naked and the rest is drag
O, de Miki Liukkonen


You cannot eat the money
Astrevise, de Brandon Sanderson


Le don des Merriwick
La Passeuse d’histoires, de Sejal Badani

J’ai essayé d’intégrer des lectures de SFFF francophone pour également participer au Cocorico Challenge de Camelote Magicadou, et d’équilibrer entre les romans courts et les gros pavés. J’espère parvenir à tout lire dans le temps imparti… Rendez-vous en décembre pour savoir si j’ai finalement surestimé mes capacités !

Et vous, vous participez au Pumpkin Autumn Challenge ? Quelles lectures vous prévoyez-vous pour la saison à venir ?

Les Voies d’Anubis : magie mystique et toison drue

Vraiment, pourquoi Brendan Doyle, jeune professeur californien, aurait-il refusé de faire à Londres cette conférence payée à prix d’or? Comment deviner que l’attend la plus folle et la plus périlleuse des aventures ?
Voyez plutôt : à peine arrivé, le voici précipité, par une mystérieuse brèche temporelle, dans les bas-fonds de Londres. De Londres en 1810 ! Sorciers, sectes et rumeurs de loup-garou … Et, nul doute, quelqu’un cherche à l’enlever sinon à le tuer ! Au hasard de sa fuite, Doyle régressera jusqu’en 1685 puis sera projeté dans l’Égypte de 1811 où des magiciens vénèrent encore le dieu Anubis.
Traqué, maintes fois capturé et toujours s’échappant, il cherche à corps perdu la « brèche » du retour.
~ Les Voies d’Anubis, de Tim Powers – Bragelonne
>> fiche livraddict

Vous connaissez forcément ces films d’aventure du dimanche après-midi, qui entraînent leurs personnages en quête d’un trésor ancien, au travers d’un chemin parsemé d’embûches et saupoudré d’une pointe de mythologie surnaturelle… C’est exactement l’effet que m’a fait cette lecture !

Tous les éléments sont là : le personnage principal tiré de son train-train quotidien pour une expérience extraordinaire, le vieil homme et sa fortune dépensée pour un projet fou, le plan qui dérape dès le début, et les nombreuses péripéties qui s’en suivent ! J’ai adoré cette ambiance très particulière de pure aventure de divertissement : je l’ai lu en n’attendant rien de plus qu’un bon moment, et j’ai eu exactement ce que je voulais. L’intrigue apporte des éléments de voyage temporel, réécrit le mythe du loup-garou, emprunte à la mythologie égyptienne et va même jusqu’à tremper un orteil dans les eaux des manipulés génétiques et de la poésie… Un ensemble de grands écarts par lesquels l’auteur s’assure de ne pas ennuyer son lecteur !

Pourtant, vers la fin, je commençais un peu à m’impatienter d’en voir le bout… Je suis arrivée au dernier tiers sur une période où, ayant beaucoup moins de temps disponible, j’ai dû avancer dans cette lecture de manière beaucoup plus fractionnée. Je ne sais pas jusqu’à quelle proportion ç’a joué, en tout cas j’ai trouvé que la fin manquait de cohésion et traînait un peu en longueur. Tous ces éléments disparates n’ont pas vraiment été réunis dans un grand final éclatant, et j’ai finalement trouvé la présence des fameuses « Voies d’Anubis » presque trop ténue, éclipsée par le reste.

Finalement, je maintiens que j’ai passé un bon moment avec cette lecture. Elle ne m’aura pas surprise en proposant davantage de profondeur que prévu, mais elle aura malgré tout rempli ses fonctions de divertissement : si vous entrez dedans, vous saurez à quoi vous attendre !

Journal d’un Assasynth, chroniques d’un androïde introverti

« J’aurais pu faire un carnage dès l’instant où j’ai piraté mon module superviseur ; en tout cas, si je n’avais pas découvert un accès au bouquet de chaînes de divertissement relayées par les satellites de la compagnie. 35 000 heures plus tard, aucun meurtre à signaler, mais, à vue de nez, un peu moins de 35 000 heures de films, de séries, de lectures, de jeux et de musique consommés. Comme impitoyable machine à tuer, on peut difficilement faire pire. »
Et quand notre androïde de sécurité met au jour un complot visant à éliminer les clients qu’il est censé protéger, il ne recule ni devant le sabotage ni devant l’assassinat ; il s’interpose même face au danger, quitte à y laisser des morceaux.
~ Journal d’un Assasynth : tomes 1 à 3, de Martha Wells – L’Atalante
>> fiche livraddict

Quand sont passés dans mes mains les trois premiers tomes de cette série, que j’ai vu leur taille d’à peine 130 pages et le nombre de prix qu’ils ont reçus, je me suis dit que quitte à les avoir à disposition, autant prendre le temps de les découvrir. Et ce fut une excellente décision !

Au travers de ces trois tomes très courts (qui ne forment que le début de la saga semble-t-il), l’autrice met en place un univers de science-fiction très accessible et un personnage profondément attachant. Les codes du space opera réutilisés ici permettent de prendre rapidement ses marques, et c’est au travers du personnage et des intrigues que l’on découvre peu à peu les spécificités de cet univers-ci. Peu habituée à ce genre, justement, j’ai réussi à m’attacher dès le début au personnage, androïde à la personnalité très particulière : croise-t-on souvent un androïde dont la seule envie est de rester dans son coin à dévorer des séries TV ? En mettant en place un personnage décalé et un univers plutôt simplifié, l’autrice propose ici quelque chose d’assez original je trouve, et qui a très bien fonctionné avec moi !

Côté histoire, j’ai aussi énormément aimé ce que l’autrice propose : elle met en place dès le début une intrigue qu’elle poursuit comme un fil rouge sur chaque tome. Chacun présente un épisode à part entière, avec ses éléments de départ, son aventure et ses péripéties propres, mais s’inscrivant toujours dans la quête générale du personnage. En soi, les tomes se suffisent donc à eux-mêmes, et j’ai apprécié cet équilibre maîtrisé, qui donne davantage la sensation de se lancer dans une série aux épisodes courts et divertissants (est-ce d’ailleurs à mettre en parallèle avec l’amour du personnage principal pour une certaine série spatiale ?) que dans une (énième) grande saga épique où va se jouer le destin du monde.

Petit bémol à noter : j’ai eu davantage de mal avec le troisième tome. Contrairement aux deux autres, j’ai dû lire celui-ci en courtes et nombreuses sessions de lecture, et je crains que ce rythme morcelé, non aidé par un vocabulaire « spatial » très spécifique, ne m’ait empêchée de l’apprécier autant que je l’aurais voulu… J’essaierai néanmoins de mettre la main sur la suite, et je vous conseille chaleureusement cette série ! Si vous êtes particulièrement amateur.rice de science-fiction, je serais curieuse d’avoir votre avis sur ce que propose ici Martha Wells, et qui me semble mine de rien assez novateur.

La fin d’une époque : L’Assassin Royal et sa Reine Solitaire

Voici donc la fin de la route pour Fitz Chevalerie, et tous les chemins de sa vie semblent aboutir au même endroit : dans cette région désolée au-delà du Royaume des montagnes où vivaient les Anciens, dont le retour devrait sauver les Six Duchés. Mais si Vérité, le roi légitime, fils de Subtil Loinvoyant, espère le soutien des anciens pour sauver son royaume de la terrible vengeance outrilienne, son frère, Royal, l’usurpateur qui règne d’une main de fer sur les duchés de l’intérieur abandonnant les duchés côtiers aux exactions des pirates rouges, a d’autres plans pour la réalisation desquels il a formé de nombreux clans d’Artiseurs. L’art imparfait de Fitz suffira-t-il à sauver la situation et pourra-t-il sauver son Roi et sa Reine de l’implacable soif de pouvoir de Royal.
~ L’Assassin Royal – tome 6 : La reine solitaire, de Robin Hobb – J’ai Lu
>> fiche livraddict

Quel tome ! Voilà qui conclut magistralement la première époque de l’Assassin Royal, et je ne sais pas ce dont j’ai le plus hâte : découvrir (enfin !) les Aventuriers de la Mer, ou revenir auprès de ces personnages dont on pressent un destin encore plus chargé que prévu !

Ce tome correspond vraiment à un moment charnière, dans l’intrigue certes, mais peut-être avant tout pour les personnages. L’arc narratif parvient à une conclusion, et la tension se fait particulièrement présente pour Fitz et les siens, mais j’ai presque eu le sentiment que ce n’était pas le propos dans ce tome-ci, et que l’autrice souhaitait avant tout résoudre les intrigues ouvertes au cours des tomes précédents.

Pour moi, le cœur de ce tome-ci se trouve auprès des personnages. Éprouvés par les épreuves et les tensions, on sent qu’ils arrivent au bout de ce qu’ils peuvent donner, au maximum de ce qu’ils peuvent être. Fitz a passé les derniers tomes à se chercher, il est maintenant prêt pour le changement. Les autres aussi, passés les questionnements, finissent par se dévoiler et se métamorphoser – parfois même littéralement… Et alors que tous ces personnages que l’on a intimement suivis au cours de nombreux tomes sont enfin prêts à devenir autre chose, la suite d’eux-mêmes, la scène finale nous emmène à l’apogée de cette première époque avec des événements grandioses, et la promesse d’autres plus grandioses encore !

J’ai beaucoup aimé la manière dont l’autrice conclut cette première partie, avec un tome qui offre une magnifique transition entre la fin d’une époque et tous les possibles qu’elle ouvre pour la suivante. Vivement la suite, donc…

Retrouver d’autres tomes chroniqués :
Tome 4 : Le poison de la vengeance
Tome 5 : La voie magique

Rentrée littéraire : les nouveautés de l’imaginaire 2022

J’ai peu l’habitude de garder un œil sur les nouveautés, mais comme la rentrée littéraire arrive, ça me semble l’occasion idéale pour en faire ressortir le travail des éditions de l’imaginaire, encore trop peu mis en avant à mon goût. Voici donc une petite sélection des prochaines nouveautés d’août et septembre qui me font envie !

25 août : Un pays de fantômes, de Margaret Killjoy – Argyll
> plus d’infos chez l’éditeur
Peu adepte des intrigues très politiques, j’ai quand même été plutôt intriguée par celui-ci… Peut-être à cause du personnage principal, journaliste en reportage, qui pourrait apporter une narration et un point de vue assez novateurs ? En tout cas, j’avais beaucoup aimé Le Chien du Forgeron de Camille Leboulanger, que proposait déjà l’éditeur, et j’aimerais continuer à découvrir son catalogue !

25 août : La maison des feuilles, de Mark Z. Danielewski – Monsieur Toussaint Louverture
> plus d’infos chez l’éditeur
J’avais entendu parler de cet objet littéraire non identifié il y a un sacré paquet de temps, et il m’avait profondément intriguée. Puis je n’y ai plus repensé, puis j’ai appris que Monsieur Toussaint Louverture comptait s’en charger, puis je n’y toujours pas repensé… Jusqu’à découvrir l’annonce de cette nouvelle édition ! Je trépigne donc d’impatience à l’idée de pouvoir enfin découvrir cet ouvrage, d’autant plus qu’il s’agira à n’en pas douter d’un objet-livre absolument sublime…

31 août : Un gars et son chien à la fin du monde, de C.A. Fletcher – J’ai Lu
> plus d’infos chez l’éditeur
L’apocalypse, les humains, la civilisation… Dans ce roman, réédition en poche d’un livre que je ne connaissais pas du tout, on va parler de chiens. Je suppose que le lien humain-animal va être une thématique importante, et ça me tente beaucoup (contrairement à celle du post-apo, qui me parle peu). Je suppose aussi que cette lecture a de grandes chances de me faire verser toutes les larmes de mon corps, mais on verra bien…

15 septembre : Un psaume pour les recyclés sauvages, de Becky Chambers – L’Atalante
> plus d’infos chez l’éditeur
J’entends énormément parler de Becky Chambers, avec des avis tous plus élogieux les uns que les autres : forcément, je finis par avoir envie de la découvrir… Il paraît que celui-ci est particulièrement doux et cosy, avec beaucoup de questionnements et un peu de thé. Est-ce qu’il m’en faut plus pour avoir envie de tenter le coup ? Non.

22 septembre : Vorrh, de B. Catling – Pocket
> plus d’infos chez l’éditeur
Réédition en poche lui aussi, il s’agit là d’un roman qui traîne depuis longtemps dans un coin de ma tête. Entre ses pages, je m’imagine une forêt mystérieuse, un voyage extraordinaire aux limites du monde réel, une expérience de lecture unique… Sur le papier, tous les éléments sont là pour me plaire, et peut-être que cette sortie en poche sera l’occasion pour moi de découvrir enfin cet univers !

J’ai l’impression que cette année, la rentrée littéraire de l’imaginaire est particulièrement orientée sur les univers de science-fiction et les civilisations futuristes. Ce n’est peut-être qu’une impression, mais il semble qu’en ce moment les nouveautés tendent avant tout à questionner et ré-imaginer nos sociétés présentes et futures, au détriment des histoires de mystère et de magie que propose la fantasy. Le genre serait-il arrivé au bout de ses limites ? Ne serait-il plus capable d’apporter des univers originaux ou d’aborder les problématiques contemporaines ? Ou ne s’agit-il que d’une vague, qui finira par reculer pour laisser une autre prendre sa place ?

Quoi qu’il en soit, je suis assez impatiente de pouvoir découvrir ces quelques titres que j’ai repérés ! Et vous, quelles sont les prochaines parutions qui vous font de l’œil pour cette rentrée littéraire ?

 

Steam Sailors : embarquement immédiat à bord de l’Héliotrope

Il fut un temps où les Alchimistes nourrissaient le Haut et Bas-Monde de leurs inventions merveilleuses, produits de magie et de science. Un temps de machines extraordinaires, de prodiges électriques et d’individus aux pouvoirs fantastiques. Une époque révolue depuis que les Industriels ont éradiqué les Alchimistes et leur formidable savoir. Pourtant, on raconte qu’à l’aube de leur disparition, ils auraient caché leur fabuleux trésor dans une cité secrète…
Quatre siècles après la Grande-Fracture, les habitants du Bas-Monde traversent une ère obscure et rétrograde, tandis que le Haut-Monde, figé depuis l’extinction des Alchimistes, demeure inaccessible et fait l’objet de tous les fantasmes. Originaire du Bas-Monde, Prudence vit en paria car elle voit l’avenir en rêves. Une nuit, son village est attaqué par des pirates du ciel. Enlevée et enrôlée de force à bord de l’Héliotrope, un navire volant à la sinistre réputation, la jeune orpheline découvre un nouvel univers, celui du ciel et des pirates. Prudence fait la connaissance des membres de l’équipage, qui ne tardent pas à lui révéler leur secret : ils détiennent un indice, menant à une série de « clefs » disséminées dans le monde, qui permettait de retrouver la cité des Alchimistes…
~ Steam Sailors, tome 1 : L’Héliotrope, d’Ellie S. Green – Gulf Stream
>> fiche livraddict

Après en avoir énormément entendu parlé, et alors qu’il faisait partie des recommandations de cet été pour le Challenge SFFF, je me suis enfin décidée à découvrir cette trilogie jeunesse à succès, et spoiler alert : j’ai beaucoup aimé !

J’ai trouvé l’univers très bien construit : en peu d’éléments, l’autrice met en place un monde crédible, avec son histoire, sa magie, ses continents… L’ensemble est parfaitement dosé pour qu’on ne se perde pas dans les détails tout en étant immédiatement happé.e par cette ambiance si singulière à base de bateaux volants et de vent dans les cheveux ! Quant à l’intrigue, elle fonctionne tout aussi bien. Tout au long du roman, on est embarqués avec la jeune Prudence dans un enchaînement de péripéties et de révélations qui ne faiblit jamais ! J’adore cette atmosphère de récit d’aventure jeunesse, de chasse au trésor et de secrets enfouis, et j’ai été joliment servie ici.

Autre tour de force de l’autrice : au-delà d’un univers authentique et d’une intrigue toujours plus prenante, elle parvient à proposer tout un éventail de personnages tous plus attachants les uns que les autres, équipage de bourrus au grand cœur. La confiance et la bienveillance qui les lie et qu’intègrera rapidement Prudence fait chaud au cœur, et ajoute au roman cette petite dose chaleureuse qui donne immanquablement envie d’y revenir… Et en ce qui concerne Prudence, je l’ai trouvée débrouillarde et dégourdie ; ses moments de doute n’en sont que plus touchants, et je suis curieuse de découvrir le secret que cache son passé…

J’ai passé un très bon moment à bord de l’Héliotrope : aventure et chasse aux trésor, secrets et magie… J’y retournerai avec grand plaisir avec les tomes suivants ; et si ce n’est pas encore fait, je vous conseille chaudement de, vous aussi, monter à bord !

Blackwater, suite et fin d’une dynastie

Si le clan Caskey accuse le poids des ans, il est loin de s’être assagi : révélations écrasantes, unions insolites et réceptions fastueuses rythment leur vie dans une insouciance bienheureuse. Mais quelque chose surplombe Perdido, ses habitants et ses rivières. Le temps des prophéties est enfin venu.
~ Blackwater, tome 6 : Pluie, de Michael McDowell – Monsieur Toussaint Louverture
>> fiche livraddict

Je vous parlais juste ici de ma lecture des premiers tomes, qui marquaient le début d’une courte saga-feuilleton que j’ai adoré suivre tout au long de sa parution. J’ai maintenant terminé le sixième et dernier tome, il est donc grand temps de faire le point…

En tant qu’expérience de lecture, j’ai adoré suivre chacun des tomes. L’ensemble fait un bel écho au genre du roman-feuilleton, dont on suivait autrefois assidûment les épisodes publiés dans les journaux : chaque tome de Blackwater est court, chaque chapitre relate une nouvelle péripétie, le style est fluide et direct, et l’ensemble est follement addictif ! Sans compter que la petite touche d’imaginaire frissonnant rajoutée par l’auteur rend l’ensemble d’autant plus intrigant…

Pourtant, cet élément fantastique n’est pas du tout central à l’histoire. Au contraire, j’ai eu le sentiment qu’il servait de toile de fond aux querelles et inimitiés, que cette part de mystère alimente. Blackwater, c’est avant tout une histoire de famille, une histoire de ces rôles tacites que chacun s’attribue, de ces relations conflictuelles et problématiques qui se développent sous le prétexte des liens de sang. Le récit s’étale sur de très nombreuses années, et j’ai observé avec fascination l’évolution de la famille Caskey, son enrichissement extérieur, son effondrement intérieur…

Si j’ai adoré chacun des tomes, le final me laisse cependant sur un sentiment un peu plus mitigé. J’ai beaucoup aimé la manière dont l’auteur fait très lentement monter le mystère et la tension au fil des tomes, l’effroi allant grandissant autour du personnage d’Elinor. Alors que les Caskey connaissent une croissance toujours plus rapide, je m’attendais à une chute particulièrement brutale… ce qui n’a pas vraiment été le cas. Cette fin est pourtant très marquante, et conclut en beauté (et avec émotion) ces quelques décennies ; je m’étais probablement trop attachée au côté fantastique de l’histoire, et m’attendais peut-être trop à une fin typique du genre…

Quoi qu’il en soit, je garderai un fort souvenir de cette lecture : des personnages envoûtants, une intrigue toute en retournements de situation, une expérience de lecture mémorable… Je pense que l’engouement partagé par tant de lecteurs aura participé à en faire pour moi une lecture toute particulière. Même si vous n’attrapez le coche que maintenant, je vous conseille chaudement de partir à la rencontre de la famille Caskey !

Retrouver d’autres tomes chroniqués :
Tomes 3 à 6, le grand final

Druide : sombres secrets au cœur de la forêt…

1123 après le Pacte.
Au nord vivent les hommes du froid et de l’acier, au sud errent les tribus nomades et au centre du monde règnent les druides. Leur immense forêt millénaire est un royaume d’ombres, d’arbres et de mystères. Nul ne le pénètre et tous le respectent au nom du Pacte Ancien. Les druides, seigneurs de la forêt, aident et conseillent les hommes avec sagesse mais un crime impensable bouleverse la loi de toutes les couronnes : dans la plus imprenable citadelle du Nord, quarante-neuf soldats ont été sauvagement assassinés sans que personne ne les entende seulement crier.
Certains voient là l’œuvre monstrueuse d’un mal ancien, d’autres usent du drame comme d’un prétexte pour relancer le conflit qui oppose les deux principales familles régnantes. Un druide, Obrigan, et ses deux apprentis ont pour mission de retrouver les assassins avant qu’une nouvelle guerre n’éclate. Mais pour la première fois, Obrigan, l’un des plus réputés maître loup de la forêt, se sent impuissant face à l’énigme sanglante qu’il doit élucider… Chaque nouvel indice soulève des questions auxquelles même les druides n’ont pas de réponses.
Une seule chose lui apparaît certaine : la mort de ces quarante-neuf innocents est liée aux secrets les plus noirs de la forêt.
~ Druide, d’Olivier Peru – Éditions Éclipse
>> fiche livraddict

Ce livre est resté longtemps dans ma pàl : ce petit pavé plutôt sombre de réputation m’impressionnait, avec un petit côté horrifique peu rassurant… Finalement je me suis lancée, et tout va bien. Enfin…

J’avoue avoir refermé ce livre avec un sentiment assez mitigé. Sur certains points, c’était vraiment une excellente lecture : j’ai par exemple adoré l’atmosphère assez angoissante, qui donne presque une sensation de « huis-clos à ciel ouvert » lorsque la menace est dans les parages ! J’ai aussi beaucoup aimé l’univers en lui-même, avec ces ordres de druides qui entretiennent un lien particulier avec la forêt et mettent en place une relation touchante entre un maître et ses apprentis. La magie n’est pas réellement un pouvoir à part entière, c’est davantage quelque chose de l’ordre de l’instinct et de l’ouverture à la forêt et aux animaux ; en quelle sorte, elle m’a rappelé le Vif de l’Assassin Royal, avec une dimension plus sombre qui m’a particulièrement marquée. Quant à l’intrigue, elle apporte un côté « policier » plutôt plaisant à la trame classique de fantasy.

Pourtant, autant le début m’a happée, autant dès la moitié je décrochais déjà un peu… J’ai eu le sentiment que l’intrigue traînait en longueur, que les choses n’avançaient pas vraiment, et surtout que l’enquête initiale était complètement laissée de côté. Alors que le début tisse des liens entre la forêt et le monde extérieur, ces liens sont rapidement oubliés pour ne laisser que les druides renfermés sur eux-mêmes… Puis la grande révélation est arrivée, subitement, sous forme de récits dans le passé imbriqués les uns dans les autres et assez flous. Pouf, le mystère est levé, le problème est réglé, l’affaire est résolue. Finalement, il n’y aura pas vraiment eu d’enquête…

Je n’ai donc malheureusement pas été convaincue par le rythme de l’intrigue, défaut qui a pas mal pesé sur ma lecture. Pourtant, je n’ai pas passé un mauvais moment, puisque l’ambiance était prenante, et l’univers proposait des éléments intéressants. Je ne vous conseillerai donc que de vous faire votre propre avis si le livre vous intrigue, et je suis curieuse de savoir ce que vous en aurez pensé !

Inspirations vagabondes : parcourir les kilomètres en fantasy !

Voyager, ça peut être génial : traverser frontière après frontière, découvrir des paysages à couper le souffle et faire des rencontres extraordinaires… Lire, c’est à peu près pareil ! En fantasy, le voyage est souvent de la partie : voici donc une petite sélection d’ouvrages qui vous feront voyager comme en vrai, avec en plus une toute petite pointe de magie…

Radieuse promenade en enfance

Mémoires de la Forêt : les souvenirs de Ferdinand Taupe, de M. Brun-Arnaud
Une aventure toute en douceur auprès de deux personnages profondément attachants, la traversée d’une forêt aux habitants hauts en couleurs, et la thématique de l’alzheimer abordée avec délicatesse : tous les éléments sont réunis pour une promenade remplie d’émotions et de bienveillance !

Lightfall : la Dernière Flamme, de Tim Probert
Des graphismes sublimes et une atmosphère chaleureuse pour le départ à l’aventure d’une jeune fille atteinte d’anxiété. Sur son chemin, elle trouvera un compagnon d’une bienveillance folle, des paysages à couper le souffle, et des péripéties qui vont (peut-être) apporter un peu de lumière sur le monde qui l’entoure…

Le voyage plutôt que la destination

Sur la piste des Dragons oubliés, d’Elian Black’Mor et Carine M
Un carnet de voyage absolument sublime qui vous entraînera à la recherche des légendaires dragons, par-delà les frontières de Bretagne, de Scandinavie et d’Asie – mais peut-être aussi une invitation à chercher le merveilleux à chaque étape du voyage : qui sait réellement où se cachent les dragons ?

Wyld : la mort ou la gloire, de Nicholas Eames
Traverser la forêt, pour sauver non pas le monde (quoique) mais la fille d’un ancien compagnon d’aventures, faire face aux dangers d’un monde corrompu et affronter les affres de l’âge : vaste programme saupoudré d’une touche de métal et d’une pointe de déjanté pour cette troupe de mercenaires retraités !

Voyager aussi avant et après

Les Chroniques de St-Mary’s : un monde après l’autre, de Jodi Taylor
La preuve en 350 pages (et 9 autres tomes) que remonter le temps se fait plutôt avec les ceintures bien attachées ! À St-Mary’s, la science est explosive et le voyage temporel décoiffant, mais toujours dans une ambiance chaleureuse qu’on aimerait bien pouvoir rejoindre…

Kra, de John Crowley
De l’aube du monde aux dernières lueurs de l’humanité, un corbeaux aux mille vies raconte les choses depuis ses yeux d’oiseau. À travers son périple, il questionne : le monde des humains et celui des animaux, le monde des vivants et celui des morts, le monde du réel et celui du spirituel, sont-ils vraiment si distincts ?

Et vous, est-ce que ces aventures bien dépaysantes vous tentent ? Quels sont vos romans favoris pour voyager en fantasy ?