Mortimer, l’ordre des choses et les choix de carrière

Mortimer court à travers champs, agitant les bras et criant comme une truie qu’on égorge. Et non. Même les oiseaux n’y croient pas. « Il a du coeur », fait le père adossé contre un muret. « Dame,c’est le reste qui lui manque », répond l’oncle Hamesh. Mais à la foire à l’embauche, la Mort le remarque et l’emporte sur son cheval Bigadin. Il faut la comprendre : elle a décidé de faire sa vie. Avec un bon commis, elle pourrait partager le travail quotidien, ce qui lui laisserait des loisirs. Un grand destin attend donc Mortimer. Mais… est-ce bien raisonnable ?
~ Les Annales du Disque-Monde, tome 4 : Mortimer, de Terry Pratchett – J’ai Lu
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Je reprends tranquillement le rythme de lire ou relire régulièrement un tome du Disque-Monde, j’ai donc redécouvert Mortimer, premier tome du cycle de la Mort !

Même si le cycle des sorcières garde ma préférence, celui de la Mort n’est pas loin derrière. Ce personnage universel et intemporel y est confronté à la vie, à l’existence, à l’humanité, et à ce qui les rendent intéressantes et importantes (ou non). Sans cesse en décalage avec les codes de la société, la Mort est l’occasion idéale pour l’auteur de mettre le doigt sur les absurdités de notre monde ; tout en rappelant que, même si elle ne fait pas toujours sens et si elle prendra fin un jour, la vie a toujours quelque chose à apporter.

C’est cette double inéluctabilité qui est au centre de l’intrigue de Mortimer : celle de la mort et celle de la vie. Est-elle menée par nos choix ou pré-écrite dans notre destinée ? Peut-on la modifier, et quelles en seront les conséquences ? Au-delà de ces vastes questionnements existentiels, le roman aborde aussi le notion de morale et, en quelque sorte, de la conscience professionnelle : faire son travail, dont l’importance est primordiale à l’équilibre du monde ? Ou faire ce qui nous semble juste ? Peut-être est-ce la mission confiée qui est la plus juste, même si elle n’en a pas l’air au premier abord ?

Au-delà de ces thématiques passionnantes, j’ai adoré retrouver la narration si particulière et si délectable de Pratchett. Mortimer est un personnage attachant, qui évolue énormément au fil du récit et qu’il est plaisant de voir se développer et prendre de l’assurance. Les événements finaux promettent de grandes choses d’ailleurs, que j’ai hâte de retrouver dans les tomes suivants !

Cette relecture est donc un franc succès : elle a renouvelé mon affection pour le personnage de la Mort, et me donne très envie de me plonger dans les autres tomes de ce cycle ! Et vous, aimez-vous ce cycle de la Mort dans les Annales du Disque-Monde ?

Retrouvez d’autres tomes chroniqués et d’autres articles autour du Disque-Monde de Terry Pratchett en suivant le tag Disque-Monde.

Vers de nouveaux horizons avec les Aventuriers de la Mer

Les vivenefs sont des vaisseaux magiques attachés par des liens empathiques à la famille qui les possède. Ces navires insaisissables bravent les tempêtes, évitent les récifs, distancent les monstres marins, sèment les pirates… et font l’objet de toutes les convoitises. Le capitaine de la Vivacia, Ephron Vestrit, se meure. Parmi les siens, chacun ourdit complot et trahison pour s’approprier son vaisseau, car une vivenef ne se transmet pas comme un legs ordinaire. Pendant ce temps, d’autres dangers se profiles à l’horizon : les serpents de mer qui infestent les océanes se regroupent, et un ambitieux pirate aspire à unir ses pairs sous un seul pavillon : le sien.
~ Les Aventuriers de la Mer, tome 1 : Le vaisseau magique, de Robin Hobb – J’ai Lu
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Après avoir dévoré et adoré Retour au Pays, cette coute novella de transition entre la première partie de l’Assassin Royal et les Aventuriers de la Mer, j’étais loin d’en avoir eu assez de la plume de Robin Hobb. J’ai donc, tout naturellement, enchaîné sur le premier tome des Aventuriers de la Mer !

Changement de décor total, il a fallu refaire la connaissance de nouveaux personnages et de nouveaux environnements. J’ai réussi à m’attacher dès le début à Théa, jeune fille fougueuse, ainsi qu’à Hiémain, douce âme ballotée par les volontés qui l’entourent. On m’avait prévenue, mais Royal trouve lui aussi son digne successeur dans cette série, avec un personnage qui se hisse déjà parmi les plus haïssables qu’il m’ait été donnés de rencontrer. Les tomes suivants vont s’annoncer éprouvants…

Malgré quelques apartés qui n’ont pas encore complètement fait le lien avec l’intrigue principale, on ne voyage pas encore beaucoup ; certainement pour nous laisser le temps d’assimiler les nouveaux éléments. J’ai d’ailleurs adoré rencontrer les Vivenefs (dont j’ai trouvé le processus d’éveil particulièrement émouvant), et j’ai très, très hâte de les voir évoluer auprès des humains, de leurs conflits et de leurs destins.

Si je devais formuler un tout petit regret, je dirais que la narration interne me manque, pour cet attachement rapide qu’elle apporte envers le personnage principal. Cela dit, l’autrice nous embarque ici auprès de nombreux protagonistes dont les chemins vont s’entrecroiser, il s’agira donc peut-être d’une richesse de la narration qui s’exprimera d’une manière différente !

Quoi qu’il en soit, je suis conquise par ce premier tome, et j’ai très hâte de poursuivre ces nouvelles aventures dans le Royaume des Anciens. Et vous, où en êtes-vous des écrits de Robin Hobb ? Quel est votre personnage favori des Aventuriers de la Mer ?

Retrouver d’autres tomes chroniqués :
L’Assassin Royal – Première époque :
Tome 4 : Le poison de la vengeance
Tome 5 : La voie magique
Tome 6 : La reine solitaire
Les Aventuriers de la Mer :
Retour au Pays : Prélude aux Aventuriers de la Mer

Retour au pays du péril des marais et de l’esprit

Ce que l’esprit conscient ne perçoit pas, le cœur le sait déjà. Dans un rêve. j’ai traversé comme le vent ce désert des Pluies, en rasant le sol mou, passant au travers des ramures qui se balançaient. Insoucieuse de la fange et de l’eau corrosive, j’ai pu voir soudain la beauté aux multiples strates des alentours. Je me tenais en équilibre, oscillant, comme un oiseau, sur une fronde de fougères. Un esprit du désert des Pluies m’a murmuré : « Essaie de le dominer et il t’engloutira. Incorpore-toi à lui, et tu vivras. »
~ Retour au Pays : Prélude aux Aventuriers de la mer, de Robin Hobb – J’ai Lu
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Alors que je terminais il y a quelque temps la première partie de l’Assassin Royal, l’adorable Hugo @enchanteurlitteraire me mettait dans les mains (encore merci !) ce prélude à la série qui prend la suite chronologique des événements, Les Aventuriers de la mer. C’est donc complètement à l’aveugle et conquise par avance que je me suis lancée dans cette courte lecture, et quel agréable moment ce fut !

L’autrice nous embarque ici dans une région de son univers complètement différente : si la première partie de l’Assassin Royal se terminait au cœur des montagnes enneigées, on découvre ici les marais humides et hostiles des Rivages Maudits. C’est donc un premier pas vers un univers encore plus vaste qu’il ne l’a été jusqu’alors !

J’ai beaucoup aimé découvrir cette nouvelle région, inhospitalière et dangereuse. Je retiens particulièrement cette espèce de volonté propre qui semble y régner, face à laquelle tous les nouveaux arrivants ont dû faire leurs preuves, et contre laquelle ils ont dû se battre pour ne pas perdre l’esprit. J’ai aimé observer les réactions de chacun, et j’ai adoré cette ambiance pesante qui règne sur tout le récit, notamment sur la dernière partie, dans les profondeurs… Je ne m’y attendais pas, mais c’était une lecture parfaite pour cette période sombre et brumeuse où j’ai pu la découvrir !

Au-delà du dépaysement total et de cette atmosphère prenante, l’autrice nous présente un tout nouveau personnage, une femme de la haute société de Jamaillia que j’ai trouvée particulièrement imbuvable dans les premières entrées de son carnet de bord. Mais puisque c’est là qu’excelle Robin Hobb, ce personnage gagne rapidement énormément de profondeur et de nuance, et devient en quelques dizaines de pages à peine une femme attachante et marquante. J’ai finalement adoré la suivre au long de son épopée, pour finir vraiment émue par son histoire.

Avec ce court texte de transition, la page est donc tournée vers les Aventuriers de la mer. Mais même s’il dépasse à peine les 100 pages, ça reste un témoignage de plus de l’autrice sur son talent de conteuse et de portraitiste que je ne suis pas prête d’oublier ! Et vous, vous avez lu cette nouvelle ?

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L’Assassin Royal – Première époque :
Tome 4 : Le poison de la vengeance
Tome 5 : La voie magique
Tome 6 : La reine solitaire

Inspirations boréales : des lectures pour explorer l’hiver des grands nords

Ce froid piquant, cette neige poudreuse et délicate, ce vent glacial et sifflant, ces paysages blancs et infinis… Nous sommes à la période idéale pour rechercher le véritable hiver dans nos lectures ! Je vous propose donc un voyage vers le Grand Nord littéraire, aux pages enneigées et aux mots scintillants dans les longues nuits boréales…

Sombres légendes des temps anciens

Le Sentier des Astres, tome 1 : Manesh, de Stefan Platteau

S’il est un voyage vers le nord exceptionnel, c’est bien celui-ci : lent et hypnotique, sur fond de légendes anciennes et de présences ancestrales, les récits s’écoulent tandis que défilent les sombres forêts…

Saga de Hávardr de l’Ísafjördr

Ce court récit est une véritable plongée dans l’Islande du Xe siècle. La narration est déconcertante, bien loin des codes de nos contes habituels, mais d’une richesse qui donne furieusement envie d’en découvrir davantage sur ces contrées épiques et mythiques !

Récits de la nature sauvage

De pierre et d’os, de Bérengère Cournut

S’il n’a malheureusement pas réussi à m’emporter émotionnellement, ça n’en reste pas moins un témoignage frappant de la rudesse de la vie sur la banquise. Entre violence des hommes et union contre l’adversité, entre nature brute et spiritualité émerveillée, c’est sans conteste un voyage à ne pas manquer.

Une odyssée du Grand Nord, de Jack London

Le Grand Nord et ses promesses, ses richesses et ses désillusions… Ces deux courtes nouvelles confrontent les hommes aux rêves que provoquent et détruisent ces terres encore inexplorées. Le ton est peu optimiste mais le Nord est bien là, indomptable, grandiose, majestueux !

Chroniques pour un regard nouveau

Un an dans la vie d’une forêt, de David G. Haskell

Et si, plutôt que d’explorer le monde entier, on se penchait sur l’immensité que contient un seul mètre carré ? L’auteur nous emmène au cœur des forêts nord-américaines pour nous inviter à simplement observer ce qu’il se passe tout autour de nous, et pour petit à petit découvrir une nature sublimée au fil des saisons.

La Grande Épopée de Picsou, tome 1 : La jeunesse de Picsou, de Don Rosa

Personnage célèbre et caricatural, Picsou est en réalité bien plus profond et touchant qu’il n’y paraît. Cette édition intégrale reprend les épisodes de son passé de chercheur d’or dans les contrées enneigées du Klondike, que vous n’avez peut-être jamais lus mais qui vous mettront sans doute la larme à l’œil…

Et vous, quels voyages littéraires vous ont transporté.e au plus profond de l’hiver et au-delà du Grand Nord ?

L’heure du bilan : retour sur mes lectures marquantes de l’année !

Comme il est d’usage à la fin d’une année, je prends le temps de revenir sur les lectures qui m’ont marquée au cours de ces douze derniers mois ! Peu adepte de statistiques, je me contenterai d’observer que j’ai lu à peine plus de 70 livres en 2022 (mais décembre n’est pas terminé), en lirai-je davantage l’an prochain ? En tout cas, voici un petit aperçu des lectures qui ressortent pour chaque mois de lecture, et que je vous conseille encore une fois chaleureusement.

Janvier

Les Archives de Roshar, tome 2 : Le Livre des Radieux (partie 1), de Brandon Sanderson
Une plongée décoiffante dans cet univers toujours aussi épique, avec des révélations qui retournent le cerveau !

Février

Les chroniques de St Mary’s, tome 01 : Un monde après l’autre, de Jodi Taylor
Un univers foisonnant, un récit haletant et des personnages attachants, pour un résultat des plus divertissants.

Mars

Kra : Dar Duchesne dans les ruines de l’Ymr, de John Crowley
Est-ce qu’avouer que je pense encore à Dar Duchesne dès que je vois une corneille donne une idée d’à quel point ce récit m’a marquée ?

Avril

Skyward, tome 1 : Vers les étoiles, de Brandon Sanderson
Découverte de l’auteur en-dehors de la fantasy, et je suis plus que conquise par l’atmosphère unique de ce premier tome.

Mai

Les baleines célestes, d’Élodie Serrano
Un moment tout en douceur, légèreté et onirisme, pour un roman qui ne délaisse pourtant pas une intrigue et des personnages passionnants à suivre.

Juin

Mémoires de la forêt : Les souvenirs de Ferdinand Taupe, de Mickaël Brun-Arnaud
Une aventure profondément touchante, qui met la larme à l’œil et du baume au cœur !

Juillet

Blackwater, tome 6 : Pluie, de Michael McDowell
Le feuilleton-événement de cet été, j’ai adoré l’expérience de suivre ce destin familial sur des publications de tomes rapprochées.

Août

L’Assassin Royal, tome 6 : La reine solitaire, de Robin Hobb
Enfin (ou déjà ?) la fin de ce premier cycle, ce n’est que le début d’une formidable aventure dans cet immense univers !

Septembre

Le Désert des couleurs, d’Aurélie Wellenstein
Découverte de l’autrice avec ce roman marquant, tout en nuance et en profondeur, qui me donne très envie d’aller lire ses autres écrits.

Octobre

L’âme du chien, d’Antoine Ducharme
Un roman court mais unique et une narration hors du commun, pour une expérience aussi belle que déroutante.

Novembre

Mexican Gothic, de Silvia Moreno-Garcia
Ambiance sombre et brumeuse pour un récit qui touche à l’horreur et fait son petit effet si on le lit à la nuit tombée !

Décembre

La maison des feuilles, de Mark Z. Danielewski
En cours de lecture mais tout près de la fin, c’est sans conteste une expérience de lecture extraordinaire.

Et vous, quelles lectures vous ont marqué.e.s cette année ? Avez-vous atteint un objectif que vous vous étiez fixé ? Que prévoyez-vous pour 2023 ?

La huitième fille : magicellerie dans le Bélier

Sentant venir sa mort prochaine, le mage Tambour Billette organise la transmission de ses pouvoirs, de son bourdon, de son fonds de commerce. Nous sommes sur le Disque-Monde (vous y êtes ? Nous y sommes). La succession s’y effectue de huitième fils en huitième fils. Logique. Ainsi opère le mage. Puis il meurt. Or, il apparaît que le huitième fils est cette fois… une fille. Stupeur, désarroi, confusion : jamais on n’a vu pareille incongruité. Trop tard, la transmission s’est accomplie au profit de la petite Eskarina. Elle entame son apprentissage sous la houlette rétive de la sorcière Mémé Ciredutemps…
~ La huitième fille, de Terry Pratchett – L’Atalante
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Je continue mon exploration du Disque-Monde avec une relecture de ce troisième tome, le premier du cycle des sorcières que j’aime tant !

Des trois sorcières qui formeront plus tard le coven le plus célèbre du Disque-Monde, on ne rencontre ici que Mémé Ciredutemps, attachante acariâtre, qui pose sur le monde une vision très personnelle. Dans cet univers, elle représente la sorcellerie, ce pouvoir qui repose avant tout sur une bonne dose d’un sens pratique à toute épreuve, y compris parfois celle de la logique elle-même. À cette sorcellerie s’oppose la magie, science occulte et complexe qui s’étudie avec une longue barbe, un chapeau pointu et un certain attachement pour les rituels impressionnants et la tradition administrative. Sur le Disque-Monde, les sorcières sont des femmes, et les mages sont des hommes. Et c’est bien sûr l’occasion ici de questionner le rapport à l’égalité femmes-hommes, et aux conceptions genrées de certaines professions.

J’ai beaucoup aimé la manière dont Pratchett aborde cette thématique : lorsque la jeune Eskarina hérite d’un pouvoir de mage, ce sont non seulement ces mages qui tentent de la remettre dans une « place de femme », mais aussi Mémé Ciredutemps elle-même, qui dans un premier temps considère elle aussi qu’il s’agit là d’une frontière à ne pas franchir. À cela, Pratchett pose un point final : les choses sont comme elles sont, il ne reste plus qu’à s’y adapter au mieux.

Au-delà de cette thématique forte, j’ai une fois de plus apprécié de simplement replonger dans cet univers ! On explore le Disque-Monde au travers d’une autre perspective que lors des deux premiers tomes : on accompagne ici une jeune fille qui ne connaît que les montagnes du Bélier, et une sorcière qui sait très bien pourquoi elle préfère ne pas en sortir. Entre narration burlesque et péripéties toujours plus loufoques, j’y passe à chaque fois un excellent moment, et cette relecture a été un véritable bonheur !

Si jamais vous souhaitez découvrir les Annales du Disque-Monde, vous pouvez commencer par celui-ci : un peu meilleur que les deux premiers tomes, il fait une excellente entrée en matière aussi bien pour le cycle des sorcières que pour l’univers entier. Si vous connaissez déjà le Disque-Monde, je suis curieuse : quel est votre cycle préféré ?

Si vous ne savez pas par où commencer pour découvrir cet univers, découvrez le petit guide d’exploration du Disque-Monde à l’usage de l’aventurier intimidé que je vous ai concocté.
Pour retrouver mes autres chroniques des Annales du Disque-Monde, c’est par ici !

Bilan automnal : retour sur un Pumpkin Autumn Challenge réussi !

Ça y est, un nouvel automne est passé, et le Pumpkin Autumn Challenge a touché à sa fin pour cette année. Pour la première fois depuis un longtemps, j’ai presque validé toute la pile à lire que je m’étais prévue, et avec très peu de changements !

Voici donc le récapitulatif des 10 lectures que je valide dans le cadre de ce challenge. Sur 14 prévues, c’est un score plutôt positif ! Pour chacun des livres dont j’ai déjà parlé sur le blog, j’ai ajouté le lien de la chronique, si vous voulez savoir ce que j’en ai pensé.

Automne Frissonnant

  • Ghost Hunt : Mexican Gothic, de Silvia Moreno-Garcia
  • Le Portrait du Mal : Tout au milieu du monde, de M. Rivero, J. Bétan et M. Ascaride
  • Des Sakuma Drops au milieu des lucioles : Le Désert des couleurs, d’Aurélie Wellenstein

Automne de l’Étrange

Automne Douceur de vivre

Automne Rayonnant

Malgré quelques déconvenues, ce furent principalement d’excellentes lectures, qui m’ont permis de me plonger à fond dans l’ambiance de la saison. Et vous, avez-vous passé un bon Pumpkin Autumn Challenge ? Enchaînez-vous avec le Cold Winter Challenge ?

Roche-Nuée embrumée et lectrice déconcertée

Sur Roche-Nuée, atoll de corail blanc qui, depuis que la mer s’est retirée, se dresse comme un énorme champignon au milieu d’un désert de sel, les êtres comme moi n’ont pas droit à l’existence. Je suis un nain de sexe indéterminé, un indésiré, et ce n’est que par un caprice de mon frère aîné que je n’ai pas été jeté à ma naissance du haut de la falaise. Pour moi, vivre, c’est me faire oublier; c’est demeurer une Ombre. Que j’attire l’attention d’autrui par une parole ou un regard, et c’est la chute mortelle dans le vide. Mais je comprends le langage de l’eau, du vent, du feu et de la roche. Et lorsque la transgression des tabous qui nous gouvernent déclenchera la colère des éléments, c’est de l’Ombre méprisée à quoi me réduit ma nature que surgira peut-être la lumière.
~ Roche-Nuée, de Garry Kilworth – Éditions Scylla
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Ce livre a été reçu et est chroniqué dans le cadre d’une masse critique Babelio : merci à la maison d’édition pour sa confiance !

Je suis souvent adepte de ces récits aux frontières des genres, qui jouent avec les certitudes pour nous emmener plus loin, au-delà des codes de l’imaginaire, dans des récits encore inexplorés. Roche-Nuée fait complètement partie de ces romans « OLNIs », mais si je l’ai trouvé extraordinaire en soi, il n’aura malheureusement pas su m’emporter émotionnellement…

C’est un texte qui nous envoie dans un univers complètement déroutant, dont les contours sont tracés petit à petit, au fil du récit. On découvre alors une société tribale aux règles déroutantes, un personnage qui n’existe pas, un monde étriqué qui pourrait tout autant être primitif et post-apocalyptique : tout est fait pour déconcerter, secouer, et mettre en place un récit qui questionnera de nombreuses thématiques.

L’auteur aborde effectivement énormément de sujets au travers du témoignage d’Ombre, ce personnage à la fois observateur externe et central aux événements. Alors qu’il avance lentement, inexorablement le long de son existence, il évoque d’abord le handicap et la différence, puis la moralité et la tradition, les frontières et l’inconnu, l’écologie… Il pose ces questionnements sous des angles que j’ai trouvés plutôt novateurs, et qui m’ont sans cesse poussée à prendre le temps d’y réfléchir moi-même. Tout au long du récit, le fil rouge semble être enroulé autour du changement, cette lente évolution que personne ne voit vraiment mais qui entraînent soudain les choses dans une direction complètement inattendue ; j’ai d’ailleurs aimé observer l’auteur transformer peu à peu chacun des aspects de son univers pour y confronter ses personnages.

Je regrette néanmoins un manque d’attachement à ma lecture. Côté narration, j’ai eu le sentiment de suivre un récit qui ne suggère pas vraiment de finalité, sans pour autant présenter cet aspect contemplatif que j’aime beaucoup. Les événements passent, simplement, l’un après l’autre. Je n’ai pas non plus été emportée par les personnages, dont j’ai suivi l’évolution de manière assez détachée. J’ai pourtant apprécié la fin : je ne l’ai pas vraiment vue venir, et pourtant, au vu de la lente évolution qui traverse tout le roman, il n’aurait pas pu en être autrement.

Ce fut donc une expérience de lecture mitigée pour moi : je suis restée assez en-dehors des événements, je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages… Néanmoins, je reconnais qu’il s’agit réellement d’un récit passionnant et assez poétique, que je vous conseille chaleureusement si vous êtes à la recherche de quelque chose qui vous emmènera ailleurs. Et si jamais vous tentez l’expérience, je suis curieuse de savoir ce que vous en pensez !

Lire avec le lever du soleil : un moment lecture d’hiver

L’hiver profond, les longues nuits et le doux confort d’un intérieur chaleureux, le jour qui se lève lentement, gourd, avec cette fine pellicule de givre qui recouvre le monde, et dans l’air cette odeur de froid si particulière… L’un de ces moments magiques qui incite à se perdre dans tant d’univers imaginaires ! Aujourd’hui je vous propose une session lecture avec le lever du jour, par un doux matin d’hiver.

Peaufiner le cadre

Il m’arrive parfois de simplement tirer une chaise près d’une fenêtre entrouverte et de lire là, confortablement au chaud mais avec les couleurs, les sons et les odeurs de l’extérieur. Pour profiter du lever de cette journée d’hiver et de sa magnifique lumière, je vous invite donc à venir vous installer avec moi près de la fenêtre, un peu avant l’aube. Si vous ouvrez la fenêtre, n’oubliez pas le plaid douillet, votre pull préféré, et bien sûr votre lecture en cours !

À boire et à manger

Il s’agit du premier repas de la journée, le plus important ! C’est l’occasion de vous préparer ce petit-déjeuner que vous aimez tellement, ou que vous ne prenez que trop rarement le temps de faire : une petite assiette d’oeufs brouillés, des tartines craquantes… Côté boisson, si vous avez réussi à mettre la main sur un sirop qui vous plaît, du type Pumpkin Spice ou Winter Spices de chez Monin par exemple, vous pouvez en verser quelques gouttes dans la boisson chaude de votre choix, histoire de rajouter juste cette petite pincée supplémentaire de saveurs hivernales !

Petite touche finale

Pour compléter ce moment lecture, voici comme d’habitude une petite ambiance sonore concoctée spécialement pour la magie des matins d’hiver. Au programme : le petit vent du matin, quelques oiseaux lointains, un thé chaud et un doux compagnon à poils qui ronfle encore à nos pieds…

Pour lancer l’ambiance sonore, cliquez sur le bouton « play » sur l’image. Vous pouvez aussi ajuster chacun des sons en cliquant sur « show mixer », enlever ceux que vous n’aimez pas voire en ajouter d’autres !

Et vous, aimez-vous lire le matin ? Quels sont vos moments de lecture privilégiés ?

There Goes the Bride: voici venir l’ennui…

C’est en traînant des pieds qu’Agatha Raisin se rend au mariage de son ex, James Lacey. Elle en pince encore pour celui qui l’éclabousse avec son nouveau bonheur. Le jour des noces, coiffée de son plus beau chapeau, Agatha jubile de voir que l’autel est vide : la mariée n’est pas là ! Et pour cause, elle a été retrouvée avec une balle dans le corps avant même de pouvoir dire « oui ». Il n’en faut pas plus pour redonner à Agatha de l’espoir…avant que celui-ci ne retombe comme un pudding pas assez cuit lorsque la police décrète que la suspecte numéro un, c’est… elle !
~ Agatha Raisin, book 20: There Goes the Bride, de M.C. Beaton – Constable
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Je ne m’étais pas replongée dans les aventures de ma chère Agatha Raisin depuis des mois, il était donc plus que temps de retourner à Carsely et de poursuivre la découverte de cette série !

Malheureusement, ce tome-ci ne fait clairement pas partie des meilleurs. Je l’ai même trouvé plutôt bancal : pour moi, ni l’enquête ni les déboires d’Agatha ne tenaient debout dans ce tome-ci, et j’ai survolé ma lecture…

Côté intrigue, je l’ai trouvée décevante. Les enquêteurs ne savent pas où donner de la tête, certaines pistes sont lancées puis abandonnées, le coupable ne m’a pas surprise mais j’ai trouvé le dénouement sorti de nulle part et un peu tiré par les cheveux.

Quant à Agatha, elle ne sait toujours pas quoi faire d’elle-même et de ses relation sentimentales, et j’ai eu la sensation que l’autrice elle-même peinait à trouver de quoi renouveler son personnage… Je n’ai pas non plus ressenti le soutien chaleureux de son entourage, et le village de Carsely lui-même m’a un peu manqué…

Ce tome-ci fut donc un raté pour moi. Il me reste quand même un certain nombre de tomes à découvrir, j’espère que la suite repartira au moins un peu mieux !

Retrouver d’autres tomes chroniqués :
Tome 17 : Cache-cache à l’hôtel
Tome 18 : Un Noël presque parfait