Grandiose voyage dans l’imaginaire : par-delà les confins avec L’âme du chien

Croire les prophéties.
Celui qui étreint l’âme du désert, qui chevauche et détruit les mondes, n’a que peu de pitié pour ses ennemis et son peuple.
Du haut de Salabanka, la ville dorée, il s’enorgueillit du Destin que l’oracle lui a confié. Alors, quand la sibylle lui ordonne de trouver un bras droit, il s’exécute. Il lui faut un guerrier à l’âme de chien prêt à tout pour accomplir l’avenir glorieux de son maître.
~ L’âme du chien, d’Antoine Ducharme – Mnémos (Mu)
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Un premier roman qui « bouleverse les codes de la fantasy », publié dans un label qui explore les « ruptures dans le réel » ? Je dis oui, cent fois oui. Et je remercie chaleureusement les éditions Mnémos qui m’ont permis de découvrir ce court mais sublime roman.

L’âme du Chien, c’est deux personnages. Humains, ou plus vraiment. Colère et bestialité, violence, soif de combat et de sang. Leur histoire est liée par un destin commun, qui se réalisera aux frontières de ce monde que l’on distingue, trouble, éthéré, au travers de leur insaisissable relation. Épiques, ancestraux, les éléments se dévoilent un à un, mais toujours flotte cette part de mystère et d’inconnu ; et au centre, une certitude : le cavalier aux poings de colère et le guerrier à l’âme de chien.

L’âme du Chien, c’est des mots. Un style grandiose, sublime, vaporeux, où chaque mot est choisi avec soin, chaque phrase est ciselée avec art ; pour que chaque mot, chaque phrase ne contienne plus seulement un banal morceau de narration, mais une part de l’infini même de cet univers, de l’immensité de ces destinées, et peut-être d’encore autre chose. Si ce style peut être déconcertant, c’est en réalité un tableau magnifique que peint l’auteur : deux personnages pris dans la tempête des mots, des oracles et des prophéties, et la question qui les tourmente sans cesse : combattre ou abandonner ?

L’âme du Chien, c’est une expérience, une œuvre unique parmi les littératures de l’imaginaire, que chacun vivra à sa manière. Un voyage entre l’épique et l’intime, au plus près de la légende et de la prophétie, au cœur de l’humain et de ses incertitudes. La couverture rend parfaitement ces sensations particulières que je retiens de ma lecture : une bourrasque de mots, un personnage pris dans la tourmente, un récit sans cesse mouvant qui balaie tout sur son passage, et ne laisse au lecteur que des certitudes vacillantes, et de vastes questionnements. L’inéluctable l’est-il vraiment ? Un destin vaut-il vraiment le coup ? Une fois le prix payé, que retiendra-t-on ?

Je ne sais pas si j’ai réussi à rendre justice à cette pépite, mais j’espère vraiment avoir attisé votre curiosité : ce court roman ne plaira sans doute pas à tout le monde, mais si vous êtes à la recherche d’une lecture hors du commun sur les sentiers de l’imaginaire, n’hésitez pas une seconde de plus, foncez.

Voyage unique dans le Désert des couleurs

Dans le désert des couleurs, chaque grain de sable est un souvenir perdu et oublié. Marcher dans les dunes, c’est voir sa mémoire s’effacer. Alors pour se protéger, l’humanité s’est réfugiée dans le cratère d’un volcan. Mais depuis quelques temps, le sable monte chaque jour le long de ses pentes. Malgré les risques, une fille qui perd ses souvenirs, un garçon porteur de mémoire et un oiseau télépathe partent explorer le désert multicolore afin de trouver une solution pour lutter contre la crue. En chemin, ils se perdront. À la fin, ils se retrouveront.
~ Le Désert des couleurs, d’Aurélie Wellenstein – Scrineo
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J’avais envie de découvrir l’autrice depuis un moment, mais j’avais toujours un peu peur de la réputation très sombre de ses écrits. Quand j’ai découvert celui-ci en librairie, il m’a immédiatement interpelée, avec un résumé annonçant quelque chose de beaucoup plus lumineux…

J’attendais donc beaucoup de ce roman, et je n’ai pas du tout été déçue. L’écriture est belle, et crée avec un mélange de simplicité et de poésie un univers tangible, aux contours assez flous mais qui se dévoilent au fil du récit. Loin d’être frustrée par la concision de la mise en contexte, j’ai au contraire adoré la place que ces étendues de sable infinies laissent aux personnages pour se développer, et les innombrables passés que l’on peut imaginer derrière chaque grain de sable.

J’ai été conquise également par les personnages qu’elle a construits : ce duo d’explorateurs dont la mission pourra peut-être sauver le peuple entier, cet humaine et ce « demi-dieu » à la nature si particulière, ce frère et cette sœur à la relation complexe… Ils ont l’infini du désert pour eux seuls, mais ce roman est presque un huis clos au cœur de leur relation, sans cesse en évolution. Au fil des souvenirs, on assiste aux conflits et aux réconciliations, aux révélations, et quelque part presque en arrière plan, à l’avancement de leur quête.

L’autrice aborde dans ce roman un certain nombre de thématiques assez fortes, du traumatisme à la mémoire, des erreurs de l’humanité à la cause animale. Pourtant, j’ai trouvé qu’elle tentait de leur apporter une forme d’apaisement. Malgré certaines scènes très fortes, particulièrement poignantes, j’ai aimé la manière dont elle est parvenue à faire apparaître cet éclat de lumière coloré au milieu de l’obscurité…

Ce fut donc une première expérience particulièrement réussie avec Aurélie Wellenstein, une expérience unique, toute en nuance et en poésie, et j’essaierai de me procurer ses autres romans. D’ailleurs, lequel me conseillez-vous ? Est-ce que vous avez aimé celui-ci ?

Mois de l’imaginaire : le TAG des littératures SFFF !

Octobre vient tout juste de débuter, le mois de l’automne, des soupes et des citrouilles… Mais chez les éditeurs, c’est surtout le Mois de l’Imaginaire ! Pour l’occasion, de nombreux événements sont organisés, et les maisons d’édition remettent en lumière leurs anciennes et nouvelles parutions d’imaginaire. J’en profite donc moi aussi pour vous concocter un petit TAG spécial littératures SFFF, autour de notre rapport à ces univers et des titres qui nous ont marqués !

SF, fantasy ou fantastique ? 

Fantasy, sans une hésitation ! Je m’aventure parfois vers le fantastique, et me mets à explorer davantage la science-fiction, mais ce sont malgré tout les univers de fantasy qui me font le plus rêver et voyager…

Le livre qui représente ce que tu préfères en imaginaire

Pour son côté « conte » et « aventure initiatique », pour son univers incroyable devenu emblématique, pour son personnage si attachant et la part d’émerveillement qui transparaît tout au long du récit : Le Hobbit, de J.R.R. Tolkien !

Le sous-genre que tu aimes le moins ou que tu as le moins exploré

J’ai beaucoup de mal avec la romantasy (romance-fantasy), où j’ai trop souvent l’impression que l’univers imaginaire n’est qu’un prétexte pour raconter toujours la même romance… Sinon, je ne me suis toujours pas approchée de l’urban fantasy ou de la bit-lit ; un jour, qui sait ?

L’auteur.rice en qui tu as aveuglément confiance 

J’aurais pu dire Pratchett, dont les romans du Disque-Monde me font toujours passer un moment extraordinaire, mais il m’a malheureusement déçue lorsque j’ai voulu le découvrir dans un autre univers… Par contre, Brandon Sanderson est pour l’instant un sans faute, aussi bien en fantasy qu’en science-fiction !

Un livre que tu conseilles pour commencer la SFFF

Sans hésiter, l’univers de l’Assassin Royal, de Robin Hobb ! Il peut sembler impressionnant vu le nombre de tomes, mais l’univers est particulièrement fluide à appréhender, et l’autrice a un don pour créer des personnages qui nous poussent jusqu’aux plus sombres retranchements de nos émotions de lecteurs…

Une pépite trop peu connue 

Entre troll et ogre, de Marie-Catherine Daniel : un roman one-shot assez court, à l’univers d’une originalité déroutante et à la narration plutôt particulière, qui emmène ses lecteurs bien plus loin que le « simple » récit de fantasy…

L’univers imaginaire où tu aimerais passer des vacances

Même si le danger n’y est jamais vraiment loin, je serais très curieuse de passer une semaine à l’Institut St Mary’s, dans cet univers de Jodi Taylor où les historiens vont faire leurs recherches directement sur le terrain… Même pas peur, j’ai très envie de les suivre quelque temps ! Puis d’en revenir, bien entendu.

L’élément scénaristique qui te plaît à tous les coups 

Sans grande originalité, j’adore les récits qui emmènent un groupe de personnages à l’aventure ! Les voyages et les paysages, l’action et les rebondissements, les personnages différents qui se complètent dans une même quête… J’adore !

Ton dernier coup de cœur en SFFF 

Je ne sais pas encore s’il s’agira d’un coup de cœur, mais j’ai beaucoup aimé Le Désert des Couleurs, ma première découverte d’Aurélie Wellenstein. Ce roman m’a happée, touchée, bouleversée par moments, et j’en garde un très, très bon souvenir.

Ta lecture en cours ou ta prochaine lecture SFFF 

Je me suis récemment replongée dans la saga de science-fiction de Brandon Sanderson, avec son second tome Astrevise ; et pour l’instant c’est comme le premier : c’est génial et ça se dévore !

J’espère que ce petit TAG sur les littératures SFFF vous aura plu ; peut-être même avez-vous découvert de nouveaux titres ? Quoi qu’il en soit, n’hésitez pas à le reprendre de votre côté : répandons notre amour pour ce genre littéraire si divers, si vaste et si extraordinaire !

Un long, très long voyage : un voyage manqué…

Issu d’une famille de pêcheurs, Liesse doit quitter son village natal à la mort de son père. Fruste mais malin, il parvient à faire son chemin dans le comptoir commercial où il a été placé. Au point d’être pris comme secrétaire par Malvine Zélina de Félarasie, ambassadrice impériale dans l’Archipel, aristocrate promise aux plus grandes destinées politiques. Dans le sillage de la jeune femme, Liesse va s’embarquer pour un grand voyage loin de ses îles et devenir, au fil des ans, le témoin privilégié de la fin d’un Empire.
~ Un long voyage, de Claire Duvivier – Aux Forges de Vulcain (Audiolib pour la version audio)
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Ce livre a été reçu et est chroniqué dans le cadre d’un service presse : merci à NetGalley et à la maison d’édition pour leur confiance !

Le nom de Claire Duvivier commence à se faire une place sur les étagères de l’imaginaire francophone, et lorsque j’ai eu l’occasion de découvrir son premier roman, au format audio qui plus est, j’en ai bien volontiers profité !

Malheureusement, ce ne fut pas un franc succès pour moi… Il m’a fallu quelques tentatives pour réussir à entrer dans l’histoire auprès du personnage principal, narrateur au « je » qui d’ordinaire me happe très facilement. Une fois lancée, j’ai conservé jusqu’à la fin une représentation assez floue de la politique et de la hiérarchie en place, des éléments pourtant centraux à l’intrigue. Peut-être est-ce là une des raisons de ma petite déception : en fantasy, les contextes et personnages politiques sont de ceux qui me passionnent le moins… Dommage, n’est-ce pas ?

Concernant le narrateur, j’ai eu du mal à m’intéresser à lui. Tout au long de mon écoute, je suis restée assez détachée de ses troubles et questionnements personnels, ne comprenant que peu cette nécessité (dont il se justifie pourtant) de devoir parler de lui pour replacer « la Grande Histoire » dans un quelconque contexte. Je ne l’ai pas trouvé attachant, ni touchant, ni charismatique… complètement inintéressant, en somme. Le vrai personnage principal, Malvine Zélina de Félarasie, n’en était alors que plus lointain, femme forte éclipsée par la vie insipide d’un homme sans grande personnalité. Encore une fois : dommage.

Quant à l’intrigue… Quelque temps après la fin de mon écoute, je ne garde pas la sensation d’un enjeu important, et je serais même bien incapable de vous résumer le propos général du roman. En soi, ça n’est pas un élément qui me dérange, mais dans ce cas-ci il a certainement participé à ma perte d’intérêt. Ce qui m’a vraiment déçue, par contre, ce sont le retournement de situation final, sorti de nulle part, et la dernière partie faisant office d’épilogue, bien trop longue…

Peut-être qu’en découvrant ce texte au format écrit, j’aurais davantage apprécié la plume de l’autrice, et j’aurais peut-être mieux saisi l’intérêt de ce rythme lent. Je comprends la volonté de l’autrice de sortir des clichés de combats épiques, de complots machiavéliques et de secrets mystiques, et je suis moi-même plutôt adepte des récits qui sortent de cette manière des sentiers battus. Mais cette fois-ci, je suis passée à côté… Je suis d’ailleurs rassurée de voir que l’Ours Inculte semble partager mon ressenti ! Et vous, si vous l’avez lu, qu’en avez-vous pensé ? Me conseillez-vous de donner une chance aux autres romans de l’autrice ?

Doux retour à Avonlea, Anne Shirley, et une pincée de magie

À la mort de son père adoptif, Anne renonce à ses études pour se consacrer à l’enseignement. Institutrice à l’école d’Avonlea, elle exerce son métier avec fougue et passion. Mais l’arrivée de deux jumeaux, orphelins eux aussi, va troubler sa sérénité car ils vont lui en faire voir de toutes les couleurs.
~ Anne d’Avonlea, de Lucy Maud Montgomery – Monsieur Toussaint Louverture
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J’avais adoré le premier tome, qui m’avait plongée dans une exceptionnelle bulle de douceur. Mais cette lecture remonte un peu, et mes souvenirs s’en sont légèrement estompés… Pourtant, dès les premières phrases de ce second tome, j’ai été instantanément propulsée de nouveau à Avonlea !

Dès le début, j’étais de retour dans cet univers si bienveillant, sans une seconde d’hésitation pour retrouver mes marques : retourner dans un tome d’Anne, c’est retourner à la maison. J’ai retrouvé avec délice chacun des lieux rêvés par la jeune fille, ses voisins et camarades, et sa si chère Marilla ! Dans ce second tome, de nouveaux personnages viennent enrichir le tableau, dont un qui m’a particulièrement touchée… et un autre qui, à défaut d’avoir su m’attendrir, apporte des éléments intéressants à l’intrigue et au développement d’Anne.

Mais ce que je retiens avant tout de ce tome, et qui est peut-être encore plus présent ici que dans le premier, c’est l’ode magnifique que l’autrice dédie à l’imagination. Alors qu’Anne grandit et acquiert des responsabilités, elle continue de regarder le monde qui l’entoure avec ce brin de rêve et de magie qui lui est si particulier. Elle met un point d’honneur à saupoudrer de poésie et de romantisme chacune de ses journées, et tente de toutes ses forces de transmettre cette passion à ceux qui l’entourent ; et sur moi, ç’a magnifiquement fonctionné… La narration regorge de phrases plus belles les unes que les autres que je n’ai pas pu m’empêcher de noter ; à chaque fois que je retomberai dessus, je retournerai pour quelques instants au moins dans cet univers si doux d’Anne d’Avonlea…

Ce second tome le confirme : lire un tome d’Anne, c’est ouvrir une fenêtre sur un univers chaleureux, que l’on parcourt auprès d’une jeune femme aux tresses rousses et à l’imagination débordante, et dont on ressort le cœur rempli de bienveillance, de poésie, et de l’irrésistible envie de répandre l’une et l’autre aussi loin qu’on le pourra !

Retrouver d’autres tomes chroniqués :
Tome 1 : Anne de Green Gables

PÀL automnale : le Pumpkin Autumn Challenge est arrivé !

Le soleil éblouissant, la chaleur écrasante, les moustiques voraces… Ça y est, il est temps de passer à autre chose : place à l’automne ! Je prends un peu d’avance pour me lancer d’ores et déjà dans les chocolats chauds et plaids tout doux grâce à cette nouvelle édition du si chaleureux Pumpkin Autumn Challenge, proposé par Guimause Terrier.

Cette année s’oriente autour de la thématique de L’Étrange Cueillette, et j’avoue que c’est une ambiance qui ne me parle pas tant que ça… Cela dit, ça ne m’empêche pas d’être une fois de plus ultra-enthousiaste à l’idée de remplir une pile à lire thématique et de plonger tête la première dans des lectures 100% automne ! Voici donc ce que je prévois de lire ces prochains mois :

Automne Frissonnant

Ghost Hunt
Mexican Gothic, de Silvia Moreno-Garcia

Le Portrait du Mal
Tout au milieu du monde, de M. Rivero, J. Bétan et M. Ascaride

Des Sakuma Drops au milieu des lucioles
Le Désert des Couleurs, d’Aurélie Wellenstein

Automne de l’Étrange


Les mystérieux habitants de Pottsfield
Le vent dans les saules, de Kenneth Grahame


La cueillette des champignons
Rendez-vous avec le poison, de Julia Chapman


In the dark I hear a call
Roverandom, de J.R.R. Tolkien


Sois vent, rêve, cendre et néant
Sois nuit, noir, âme et souhait

Une histoire de magie, de Chris Colfer

Automne Douceur de Vivre


Deux citrouilles en valent mieux qu’une
Calame, de Paul Beorn


La maison Slangsters
La huitième fille, de Terry Pratchett


Il n’y a jamais trop d’épices dans ma pumpkin pie !
Agatha Raisin: There Goes the Bride, de M.C. Beaton


Chante-moi une chanson Sassenach
L’ombre du vent, de Carlos Ruiz Zafón

Automne Rayonnant


We’re all born naked and the rest is drag
O, de Miki Liukkonen


You cannot eat the money
Astrevise, de Brandon Sanderson


Le don des Merriwick
La Passeuse d’histoires, de Sejal Badani

J’ai essayé d’intégrer des lectures de SFFF francophone pour également participer au Cocorico Challenge de Camelote Magicadou, et d’équilibrer entre les romans courts et les gros pavés. J’espère parvenir à tout lire dans le temps imparti… Rendez-vous en décembre pour savoir si j’ai finalement surestimé mes capacités !

Et vous, vous participez au Pumpkin Autumn Challenge ? Quelles lectures vous prévoyez-vous pour la saison à venir ?

Les Voies d’Anubis : magie mystique et toison drue

Vraiment, pourquoi Brendan Doyle, jeune professeur californien, aurait-il refusé de faire à Londres cette conférence payée à prix d’or? Comment deviner que l’attend la plus folle et la plus périlleuse des aventures ?
Voyez plutôt : à peine arrivé, le voici précipité, par une mystérieuse brèche temporelle, dans les bas-fonds de Londres. De Londres en 1810 ! Sorciers, sectes et rumeurs de loup-garou … Et, nul doute, quelqu’un cherche à l’enlever sinon à le tuer ! Au hasard de sa fuite, Doyle régressera jusqu’en 1685 puis sera projeté dans l’Égypte de 1811 où des magiciens vénèrent encore le dieu Anubis.
Traqué, maintes fois capturé et toujours s’échappant, il cherche à corps perdu la « brèche » du retour.
~ Les Voies d’Anubis, de Tim Powers – Bragelonne
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Vous connaissez forcément ces films d’aventure du dimanche après-midi, qui entraînent leurs personnages en quête d’un trésor ancien, au travers d’un chemin parsemé d’embûches et saupoudré d’une pointe de mythologie surnaturelle… C’est exactement l’effet que m’a fait cette lecture !

Tous les éléments sont là : le personnage principal tiré de son train-train quotidien pour une expérience extraordinaire, le vieil homme et sa fortune dépensée pour un projet fou, le plan qui dérape dès le début, et les nombreuses péripéties qui s’en suivent ! J’ai adoré cette ambiance très particulière de pure aventure de divertissement : je l’ai lu en n’attendant rien de plus qu’un bon moment, et j’ai eu exactement ce que je voulais. L’intrigue apporte des éléments de voyage temporel, réécrit le mythe du loup-garou, emprunte à la mythologie égyptienne et va même jusqu’à tremper un orteil dans les eaux des manipulés génétiques et de la poésie… Un ensemble de grands écarts par lesquels l’auteur s’assure de ne pas ennuyer son lecteur !

Pourtant, vers la fin, je commençais un peu à m’impatienter d’en voir le bout… Je suis arrivée au dernier tiers sur une période où, ayant beaucoup moins de temps disponible, j’ai dû avancer dans cette lecture de manière beaucoup plus fractionnée. Je ne sais pas jusqu’à quelle proportion ç’a joué, en tout cas j’ai trouvé que la fin manquait de cohésion et traînait un peu en longueur. Tous ces éléments disparates n’ont pas vraiment été réunis dans un grand final éclatant, et j’ai finalement trouvé la présence des fameuses « Voies d’Anubis » presque trop ténue, éclipsée par le reste.

Finalement, je maintiens que j’ai passé un bon moment avec cette lecture. Elle ne m’aura pas surprise en proposant davantage de profondeur que prévu, mais elle aura malgré tout rempli ses fonctions de divertissement : si vous entrez dedans, vous saurez à quoi vous attendre !

Journal d’un Assasynth, chroniques d’un androïde introverti

« J’aurais pu faire un carnage dès l’instant où j’ai piraté mon module superviseur ; en tout cas, si je n’avais pas découvert un accès au bouquet de chaînes de divertissement relayées par les satellites de la compagnie. 35 000 heures plus tard, aucun meurtre à signaler, mais, à vue de nez, un peu moins de 35 000 heures de films, de séries, de lectures, de jeux et de musique consommés. Comme impitoyable machine à tuer, on peut difficilement faire pire. »
Et quand notre androïde de sécurité met au jour un complot visant à éliminer les clients qu’il est censé protéger, il ne recule ni devant le sabotage ni devant l’assassinat ; il s’interpose même face au danger, quitte à y laisser des morceaux.
~ Journal d’un Assasynth : tomes 1 à 3, de Martha Wells – L’Atalante
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Quand sont passés dans mes mains les trois premiers tomes de cette série, que j’ai vu leur taille d’à peine 130 pages et le nombre de prix qu’ils ont reçus, je me suis dit que quitte à les avoir à disposition, autant prendre le temps de les découvrir. Et ce fut une excellente décision !

Au travers de ces trois tomes très courts (qui ne forment que le début de la saga semble-t-il), l’autrice met en place un univers de science-fiction très accessible et un personnage profondément attachant. Les codes du space opera réutilisés ici permettent de prendre rapidement ses marques, et c’est au travers du personnage et des intrigues que l’on découvre peu à peu les spécificités de cet univers-ci. Peu habituée à ce genre, justement, j’ai réussi à m’attacher dès le début au personnage, androïde à la personnalité très particulière : croise-t-on souvent un androïde dont la seule envie est de rester dans son coin à dévorer des séries TV ? En mettant en place un personnage décalé et un univers plutôt simplifié, l’autrice propose ici quelque chose d’assez original je trouve, et qui a très bien fonctionné avec moi !

Côté histoire, j’ai aussi énormément aimé ce que l’autrice propose : elle met en place dès le début une intrigue qu’elle poursuit comme un fil rouge sur chaque tome. Chacun présente un épisode à part entière, avec ses éléments de départ, son aventure et ses péripéties propres, mais s’inscrivant toujours dans la quête générale du personnage. En soi, les tomes se suffisent donc à eux-mêmes, et j’ai apprécié cet équilibre maîtrisé, qui donne davantage la sensation de se lancer dans une série aux épisodes courts et divertissants (est-ce d’ailleurs à mettre en parallèle avec l’amour du personnage principal pour une certaine série spatiale ?) que dans une (énième) grande saga épique où va se jouer le destin du monde.

Petit bémol à noter : j’ai eu davantage de mal avec le troisième tome. Contrairement aux deux autres, j’ai dû lire celui-ci en courtes et nombreuses sessions de lecture, et je crains que ce rythme morcelé, non aidé par un vocabulaire « spatial » très spécifique, ne m’ait empêchée de l’apprécier autant que je l’aurais voulu… J’essaierai néanmoins de mettre la main sur la suite, et je vous conseille chaleureusement cette série ! Si vous êtes particulièrement amateur.rice de science-fiction, je serais curieuse d’avoir votre avis sur ce que propose ici Martha Wells, et qui me semble mine de rien assez novateur.

La fin d’une époque : L’Assassin Royal et sa Reine Solitaire

Voici donc la fin de la route pour Fitz Chevalerie, et tous les chemins de sa vie semblent aboutir au même endroit : dans cette région désolée au-delà du Royaume des montagnes où vivaient les Anciens, dont le retour devrait sauver les Six Duchés. Mais si Vérité, le roi légitime, fils de Subtil Loinvoyant, espère le soutien des anciens pour sauver son royaume de la terrible vengeance outrilienne, son frère, Royal, l’usurpateur qui règne d’une main de fer sur les duchés de l’intérieur abandonnant les duchés côtiers aux exactions des pirates rouges, a d’autres plans pour la réalisation desquels il a formé de nombreux clans d’Artiseurs. L’art imparfait de Fitz suffira-t-il à sauver la situation et pourra-t-il sauver son Roi et sa Reine de l’implacable soif de pouvoir de Royal.
~ L’Assassin Royal – tome 6 : La reine solitaire, de Robin Hobb – J’ai Lu
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Quel tome ! Voilà qui conclut magistralement la première époque de l’Assassin Royal, et je ne sais pas ce dont j’ai le plus hâte : découvrir (enfin !) les Aventuriers de la Mer, ou revenir auprès de ces personnages dont on pressent un destin encore plus chargé que prévu !

Ce tome correspond vraiment à un moment charnière, dans l’intrigue certes, mais peut-être avant tout pour les personnages. L’arc narratif parvient à une conclusion, et la tension se fait particulièrement présente pour Fitz et les siens, mais j’ai presque eu le sentiment que ce n’était pas le propos dans ce tome-ci, et que l’autrice souhaitait avant tout résoudre les intrigues ouvertes au cours des tomes précédents.

Pour moi, le cœur de ce tome-ci se trouve auprès des personnages. Éprouvés par les épreuves et les tensions, on sent qu’ils arrivent au bout de ce qu’ils peuvent donner, au maximum de ce qu’ils peuvent être. Fitz a passé les derniers tomes à se chercher, il est maintenant prêt pour le changement. Les autres aussi, passés les questionnements, finissent par se dévoiler et se métamorphoser – parfois même littéralement… Et alors que tous ces personnages que l’on a intimement suivis au cours de nombreux tomes sont enfin prêts à devenir autre chose, la suite d’eux-mêmes, la scène finale nous emmène à l’apogée de cette première époque avec des événements grandioses, et la promesse d’autres plus grandioses encore !

J’ai beaucoup aimé la manière dont l’autrice conclut cette première partie, avec un tome qui offre une magnifique transition entre la fin d’une époque et tous les possibles qu’elle ouvre pour la suivante. Vivement la suite, donc…

Retrouver d’autres tomes chroniqués :
Tome 4 : Le poison de la vengeance
Tome 5 : La voie magique

Rentrée littéraire : les nouveautés de l’imaginaire 2022

J’ai peu l’habitude de garder un œil sur les nouveautés, mais comme la rentrée littéraire arrive, ça me semble l’occasion idéale pour en faire ressortir le travail des éditions de l’imaginaire, encore trop peu mis en avant à mon goût. Voici donc une petite sélection des prochaines nouveautés d’août et septembre qui me font envie !

25 août : Un pays de fantômes, de Margaret Killjoy – Argyll
> plus d’infos chez l’éditeur
Peu adepte des intrigues très politiques, j’ai quand même été plutôt intriguée par celui-ci… Peut-être à cause du personnage principal, journaliste en reportage, qui pourrait apporter une narration et un point de vue assez novateurs ? En tout cas, j’avais beaucoup aimé Le Chien du Forgeron de Camille Leboulanger, que proposait déjà l’éditeur, et j’aimerais continuer à découvrir son catalogue !

25 août : La maison des feuilles, de Mark Z. Danielewski – Monsieur Toussaint Louverture
> plus d’infos chez l’éditeur
J’avais entendu parler de cet objet littéraire non identifié il y a un sacré paquet de temps, et il m’avait profondément intriguée. Puis je n’y ai plus repensé, puis j’ai appris que Monsieur Toussaint Louverture comptait s’en charger, puis je n’y toujours pas repensé… Jusqu’à découvrir l’annonce de cette nouvelle édition ! Je trépigne donc d’impatience à l’idée de pouvoir enfin découvrir cet ouvrage, d’autant plus qu’il s’agira à n’en pas douter d’un objet-livre absolument sublime…

31 août : Un gars et son chien à la fin du monde, de C.A. Fletcher – J’ai Lu
> plus d’infos chez l’éditeur
L’apocalypse, les humains, la civilisation… Dans ce roman, réédition en poche d’un livre que je ne connaissais pas du tout, on va parler de chiens. Je suppose que le lien humain-animal va être une thématique importante, et ça me tente beaucoup (contrairement à celle du post-apo, qui me parle peu). Je suppose aussi que cette lecture a de grandes chances de me faire verser toutes les larmes de mon corps, mais on verra bien…

15 septembre : Un psaume pour les recyclés sauvages, de Becky Chambers – L’Atalante
> plus d’infos chez l’éditeur
J’entends énormément parler de Becky Chambers, avec des avis tous plus élogieux les uns que les autres : forcément, je finis par avoir envie de la découvrir… Il paraît que celui-ci est particulièrement doux et cosy, avec beaucoup de questionnements et un peu de thé. Est-ce qu’il m’en faut plus pour avoir envie de tenter le coup ? Non.

22 septembre : Vorrh, de B. Catling – Pocket
> plus d’infos chez l’éditeur
Réédition en poche lui aussi, il s’agit là d’un roman qui traîne depuis longtemps dans un coin de ma tête. Entre ses pages, je m’imagine une forêt mystérieuse, un voyage extraordinaire aux limites du monde réel, une expérience de lecture unique… Sur le papier, tous les éléments sont là pour me plaire, et peut-être que cette sortie en poche sera l’occasion pour moi de découvrir enfin cet univers !

J’ai l’impression que cette année, la rentrée littéraire de l’imaginaire est particulièrement orientée sur les univers de science-fiction et les civilisations futuristes. Ce n’est peut-être qu’une impression, mais il semble qu’en ce moment les nouveautés tendent avant tout à questionner et ré-imaginer nos sociétés présentes et futures, au détriment des histoires de mystère et de magie que propose la fantasy. Le genre serait-il arrivé au bout de ses limites ? Ne serait-il plus capable d’apporter des univers originaux ou d’aborder les problématiques contemporaines ? Ou ne s’agit-il que d’une vague, qui finira par reculer pour laisser une autre prendre sa place ?

Quoi qu’il en soit, je suis assez impatiente de pouvoir découvrir ces quelques titres que j’ai repérés ! Et vous, quelles sont les prochaines parutions qui vous font de l’œil pour cette rentrée littéraire ?