Blackwater, suite et fin d’une dynastie

Si le clan Caskey accuse le poids des ans, il est loin de s’être assagi : révélations écrasantes, unions insolites et réceptions fastueuses rythment leur vie dans une insouciance bienheureuse. Mais quelque chose surplombe Perdido, ses habitants et ses rivières. Le temps des prophéties est enfin venu.
~ Blackwater, tome 6 : Pluie, de Michael McDowell – Monsieur Toussaint Louverture
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Je vous parlais juste ici de ma lecture des premiers tomes, qui marquaient le début d’une courte saga-feuilleton que j’ai adoré suivre tout au long de sa parution. J’ai maintenant terminé le sixième et dernier tome, il est donc grand temps de faire le point…

En tant qu’expérience de lecture, j’ai adoré suivre chacun des tomes. L’ensemble fait un bel écho au genre du roman-feuilleton, dont on suivait autrefois assidûment les épisodes publiés dans les journaux : chaque tome de Blackwater est court, chaque chapitre relate une nouvelle péripétie, le style est fluide et direct, et l’ensemble est follement addictif ! Sans compter que la petite touche d’imaginaire frissonnant rajoutée par l’auteur rend l’ensemble d’autant plus intrigant…

Pourtant, cet élément fantastique n’est pas du tout central à l’histoire. Au contraire, j’ai eu le sentiment qu’il servait de toile de fond aux querelles et inimitiés, que cette part de mystère alimente. Blackwater, c’est avant tout une histoire de famille, une histoire de ces rôles tacites que chacun s’attribue, de ces relations conflictuelles et problématiques qui se développent sous le prétexte des liens de sang. Le récit s’étale sur de très nombreuses années, et j’ai observé avec fascination l’évolution de la famille Caskey, son enrichissement extérieur, son effondrement intérieur…

Si j’ai adoré chacun des tomes, le final me laisse cependant sur un sentiment un peu plus mitigé. J’ai beaucoup aimé la manière dont l’auteur fait très lentement monter le mystère et la tension au fil des tomes, l’effroi allant grandissant autour du personnage d’Elinor. Alors que les Caskey connaissent une croissance toujours plus rapide, je m’attendais à une chute particulièrement brutale… ce qui n’a pas vraiment été le cas. Cette fin est pourtant très marquante, et conclut en beauté (et avec émotion) ces quelques décennies ; je m’étais probablement trop attachée au côté fantastique de l’histoire, et m’attendais peut-être trop à une fin typique du genre…

Quoi qu’il en soit, je garderai un fort souvenir de cette lecture : des personnages envoûtants, une intrigue toute en retournements de situation, une expérience de lecture mémorable… Je pense que l’engouement partagé par tant de lecteurs aura participé à en faire pour moi une lecture toute particulière. Même si vous n’attrapez le coche que maintenant, je vous conseille chaudement de partir à la rencontre de la famille Caskey !

Retrouver d’autres tomes chroniqués :
Tome 1 : La crue & Tome 2 : La digue

Druide : sombres secrets au cœur de la forêt…

1123 après le Pacte.
Au nord vivent les hommes du froid et de l’acier, au sud errent les tribus nomades et au centre du monde règnent les druides. Leur immense forêt millénaire est un royaume d’ombres, d’arbres et de mystères. Nul ne le pénètre et tous le respectent au nom du Pacte Ancien. Les druides, seigneurs de la forêt, aident et conseillent les hommes avec sagesse mais un crime impensable bouleverse la loi de toutes les couronnes : dans la plus imprenable citadelle du Nord, quarante-neuf soldats ont été sauvagement assassinés sans que personne ne les entende seulement crier.
Certains voient là l’œuvre monstrueuse d’un mal ancien, d’autres usent du drame comme d’un prétexte pour relancer le conflit qui oppose les deux principales familles régnantes. Un druide, Obrigan, et ses deux apprentis ont pour mission de retrouver les assassins avant qu’une nouvelle guerre n’éclate. Mais pour la première fois, Obrigan, l’un des plus réputés maître loup de la forêt, se sent impuissant face à l’énigme sanglante qu’il doit élucider… Chaque nouvel indice soulève des questions auxquelles même les druides n’ont pas de réponses.
Une seule chose lui apparaît certaine : la mort de ces quarante-neuf innocents est liée aux secrets les plus noirs de la forêt.
~ Druide, d’Olivier Peru – Éditions Éclipse
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Ce livre est resté longtemps dans ma pàl : ce petit pavé plutôt sombre de réputation m’impressionnait, avec un petit côté horrifique peu rassurant… Finalement je me suis lancée, et tout va bien. Enfin…

J’avoue avoir refermé ce livre avec un sentiment assez mitigé. Sur certains points, c’était vraiment une excellente lecture : j’ai par exemple adoré l’atmosphère assez angoissante, qui donne presque une sensation de « huis-clos à ciel ouvert » lorsque la menace est dans les parages ! J’ai aussi beaucoup aimé l’univers en lui-même, avec ces ordres de druides qui entretiennent un lien particulier avec la forêt et mettent en place une relation touchante entre un maître et ses apprentis. La magie n’est pas réellement un pouvoir à part entière, c’est davantage quelque chose de l’ordre de l’instinct et de l’ouverture à la forêt et aux animaux ; en quelle sorte, elle m’a rappelé le Vif de l’Assassin Royal, avec une dimension plus sombre qui m’a particulièrement marquée. Quant à l’intrigue, elle apporte un côté « policier » plutôt plaisant à la trame classique de fantasy.

Pourtant, autant le début m’a happée, autant dès la moitié je décrochais déjà un peu… J’ai eu le sentiment que l’intrigue traînait en longueur, que les choses n’avançaient pas vraiment, et surtout que l’enquête initiale était complètement laissée de côté. Alors que le début tisse des liens entre la forêt et le monde extérieur, ces liens sont rapidement oubliés pour ne laisser que les druides renfermés sur eux-mêmes… Puis la grande révélation est arrivée, subitement, sous forme de récits dans le passé imbriqués les uns dans les autres et assez flous. Pouf, le mystère est levé, le problème est réglé, l’affaire est résolue. Finalement, il n’y aura pas vraiment eu d’enquête…

Je n’ai donc malheureusement pas été convaincue par le rythme de l’intrigue, défaut qui a pas mal pesé sur ma lecture. Pourtant, je n’ai pas passé un mauvais moment, puisque l’ambiance était prenante, et l’univers proposait des éléments intéressants. Je ne vous conseillerai donc que de vous faire votre propre avis si le livre vous intrigue, et je suis curieuse de savoir ce que vous en aurez pensé !

Le Livre (addictif mais pas si fou) des Baltimore

Jusqu’au jour du Drame, il y avait deux familles Goldman. Les Goldman-de-Baltimore et les Goldman-de-Montclair. Les Goldman-de-Montclair, dont est issu Marcus Goldman, l’auteur de La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert, sont une famille de la classe moyenne, habitant une petite maison à Montclair, dans le New Jersey. Les Goldman-de-Baltimore sont une famille prospère à qui tout sourit, vivant dans une luxueuse maison d’une banlieue riche de Baltimore, à qui Marcus vouait une admiration sans borne. Huit ans après le Drame, c’est l’histoire de sa famille que Marcus Goldman décide cette fois de raconter, lorsqu’en février 2012, il quitte l’hiver new-yorkais pour la chaleur tropicale de Boca Raton, en Floride, où il vient s’atteler à son prochain roman. Au gré des souvenirs de sa jeunesse, Marcus revient sur la vie et le destin des Goldman-de-Baltimore et la fascination qu’il éprouva jadis pour cette famille de l’Amérique huppée, entre les vacances à Miami, la maison de vacances dans les Hamptons et les frasques dans les écoles privées. Mais les années passent et le vernis des Baltimore s’effrite à mesure que le Drame se profile. Jusqu’au jour où tout bascule. Et cette question qui hante Marcus depuis : qu’est-il vraiment arrivé aux Goldman-de-Baltimore ?
~ Le Livre des Baltimore, de Joël Dicker – Éditions de Fallois (poche)
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Des fois, il arrive que je sorte de cette douce bulle qu’est la SFFF. Cette fois-ci, il me fallait quelque chose de léger, addictif, quelque chose d’assez peu complexe qui ne serait pas pénalisé par un rythme de lecture fractionné et peu régulier : il me fallait une lecture de vacances.

Comme j’avais beaucoup aimé le best-seller de Joël Dicker, La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert, j’ai pensé que le suivant pourrait convenir à mon envie du moment. Effectivement, il s’est très bien lu, à l’occasion d’une dizaine de jours aux emplois du temps bien chargés : le style est fluide, les pages se dévorent et l’histoire avance à un rythme suffisamment soutenu pour que chaque mini-session de lecture soit intéressante.

Et pourtant, je n’ai pas été aussi emballée que par le précédent. Alors que ce récit est beaucoup plus personnel pour le narrateur, j’ai beaucoup moins accroché avec ce personnage, assez peu charismatique et moyennement sympathique. Quant à l’histoire, je l’ai trouvée peu palpitante… Si l’objectif était de montrer les secrets d’une famille ordinaire, peut-être était-elle trop ordinaire ? Certes, les tensions sont là, mais elles ont un air d’exagération qui rend le dénouement final forcé, sorti de nulle part et peu réaliste. Avec un léger arrière-goût de « Tout ça pour ça ? ».

J’ai beau pointer du doigt les aspects qui m’ont moins plu, je l’ai quand même dévoré, et j’y retournais bien volontiers à chaque session de lecture : au final, ce livre m’a quand même fourni ce que je lui demandais !

Et vous, vous avez déjà fait l’expérience d’une lecture pas si folle mais qui correspondait parfaitement à ce qu’il vous fallait sur le moment ? Qu’est-ce que vous préférez emporter avec vous pour vos lectures de vacances ?

Bouleversante épopée dans les Mémoires de la Forêt

Dans la forêt de Bellécorce, au creux du chêne où Archibald Renard tient sa librairie, chaque animal qui le souhaite peut déposer le livre qu’il a écrit et espérer qu’il soit un jour acheté. Depuis que ses souvenirs le fuient, Ferdinand Taupe cherche désespérément à retrouver l’ouvrage qu’il a écrit pour compiler ses mémoires, afin de se rappeler les choses qu’il a faites et les gens qu’il a aimés. Il en existe un seul exemplaire, déposé à la librairie il y a des années. Mais justement, un mystérieux client vient de partir avec… À l’aide de vieilles photographies, Archibald et Ferdinand se lancent sur ses traces en forêt, dans un périple à la frontière du rêve, des souvenirs et de la réalité.
~ Mémoires de la forêt : Les souvenirs de Ferdinand Taupe, de Mickaël Brun-Arnaud, illustré par Sanoe – L’École des Loisirs
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Ce livre a été reçu et est chroniqué dans le cadre d’une masse critique Babelio : merci à la maison d’édition pour sa confiance !

La couverture et ses couleurs, le titre et le résumé, les retours plus que positifs… Tout dans cet ouvrage inspire une douceur et une tendresse que j’avais profondément envie de découvrir !

À lecture des premières pages, le ton très jeunesse a un tout petit peu refroidi mes attentes : même si je m’attendais à un texte jeunesse, je n’allais peut-être finalement pas être autant emportée que je le pensais par cet aspect très marqué. Et puis…

Et puis l’ambiance était au rendez-vous. Je n’étais pas lectrice, j’étais visiteuse de Bellécorce, minuscule souris qui suivait discrètement les personnages dans leurs péripéties. J’ai vu la lumière au travers des branches, j’ai senti les feuilles sous mes pieds, j’ai senti et goûté chacune des pâtisseries… Et, surtout, je me suis profondément attachée à ce duo de personnages que lie une très belle et émouvante amitié.

Finalement, le ton est juste comme il faut : il fallait simplement le temps que je passe d’un monde à l’autre… Le sujet de la maladie est amené avec subtilité, et l’auteur est parvenu à l’aborder d’une manière particulièrement lumineuse. Loin de plonger dans le deuil et la nostalgie, magnifiquement illustré, le récit est une ode à la beauté des souvenirs et à la valeur de l’amitié ; il va au-delà de la maladie, aborde de nombreuses autres thématiques, et crée une bulle de bienveillance et de belles valeurs. J’ai été profondément touchée, j’ai fini le roman avec la larme à l’oeil, et je suis persuadée que son écho résonnera encore longtemps en moi…

Si ce n’est pas encore fait, je vous conseille chaleureusement d’aller découvrir cette pépite ! Elle vous touchera peut-être moins (peut-être plus ?) que moi, mais je suis certaine qu’elle vous fera passer un moment tout doux au cœur de la forêt…

Retrouver ce livre dans une sélection thématique :
Inspirations vagabondes

Elantris : conquise par cette cité qui divise…

Il y a dix ans, la sublime cité d’Elantris, capitale de l’Arélon, a été frappée de malédiction. Ses portes sont désormais closes et nul ne sait ce qui se passe derrière ses murailles. Kae est devenue la première ville de l’Arélon. Quand la princesse Sarène y arrive pour épouser Raoden, l’héritier de la couronne, on lui apprend qu’il vient de mourir. Veuve d’un homme qu’elle n’a jamais vu, Sarène choisit pourtant de rester à la cour, et tente de percer le mystère d’Elantris…
~ Elantris, de Brandon Sanderson – Le Livre de Poche
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Petit à petit, je continue mon exploration de l’œuvre de Brandon Sanderson. Et si je m’étais promis de ne pas me lancer dans une autre de ses séries fantasy pour ne pas perdre le fil des Archives de Roshar, rien ne m’empêchait de dévorer ce petit pavé pour le Mois de la Fantasy

Sans surprise, j’ai adoré ! Une fois encore, j’ai été impressionnée par le talent de Sanderson, qui écrit une fantasy qui pourrait sembler très classique mais qui dépoussière le genre d’une manière cruellement efficace. Est-ce dû à l’écriture ? À des univers où tous les repères du genre sont là mais sont étoffés par de nombreux et minimes détails d’une profonde originalité ? Aux personnages, variés, travaillés, et eux aussi bien éloignés des schémas-types ? Quoi qu’il en soit, le mélange a brillamment fonctionné sur moi, et j’ai été happée du début à la fin.

J’ai adoré le postulat de départ : cette civilisation au sommet de sa gloire, qui chute brutalement de son piédestal, et un récit qui débute seulement dix ans plus tard, où se mêlent une incompréhension toujours présente et les tentatives de reconstruction d’une société pour ceux qui restent… Le récit se partage donc, au travers trois personnages, entre une transition politique qui peine à asseoir sa légitimité et l’étude des mystères de la chute d’Elantris, qui m’a passionnée et qui m’a transportée de révélations en révélations !

Presque autant que par l’intrigue, j’ai été profondément séduite par les personnages proposés. Si le premier personnage principal m’a plu dès le début puisqu’il correspond parfaitement aux archétypes qui me plaisent le plus, les deux autres ont aussi su me surprendre. J’ai d’habitude beaucoup de mal avec la « femme forte parce qu’elle fait de la politique », mais Sarène m’a énormément plu et j’ai aimé suivre ses efforts de conciliation. Le « représentant religieux » ne me plaît pas non plus d’habitude, mais Sanderson a réussi avec Hrathen à apporter de la nuance et de la nouveauté à ce type de personnage, qui m’a lui aussi plu davantage que je ne l’aurais cru !

Parmi l’œuvre de Sanderson, j’ai l’impression qu’Elantris divise : soit on adore, soit on s’ennuie profondément… De toute évidence, je fais partie des conquis ! Et vous, si vous l’avez lu, vous avez aimé ou détesté ?

Nous partîmes 500 pour un voyage époustouflant

10 personnages, une quête, des dangers. Dans ce livre au suspense haletant, Clément Vuillier nous entraîne de paysage en paysage, au gré d’un voyage graphique muet qui fait passer le lecteur d’une jungle luxuriante à des glaciers venteux en passant par des steppes immenses, des forêts à loups, des cavernes obscures, des fougères à tiques, des déserts assoiffant, des volcans éruptant… Les héros et le lecteur s’y verront confrontés à leur destin, et devront l’affronter sans sourciller.
L’auteur s’amuse ici à malmener avec tendresse ses personnages du bout de sa plume, n’hésitant pas à éliminer les plus faibles au nom des lois de l’évolution. Peu s’en sortiront.
~ Nous partîmes 500, de Clément Vuillier – 3 fois par jour

Véritable O.V.N.I. (Objet Visuel Non Identifié), cet ouvrage a été repéré au détour d’une étagère de librairie et ramené à la maison où il a continué de m’intriguer, jusqu’à ce que je me décide à y plonger…

Sans un mot, tout en images, l’auteur nous embarque ici dans un voyage périlleux : au travers de nombreux paysages aussi grandioses que dangereux, au côté d’étranges personnages dont on ignore tout sauf l’incroyable détermination… J’ai beaucoup aimé cette ambiance graphique très particulière, qui semble peser sur les personnages sans pour autant être étouffante à la lecture.

Curieusement (ou peut-être était-ce intentionnel ?) j’ai trouvé cette lecture très ludique. Au début de leur aventure, les personnages sont au nombre de dix ; au fil des embûches, on les voit disparaître un par un… Il devient presque alors un jeu de les recompter à chaque planche pour trouver le disparu qui sera laissé en arrière dans ce nouveau paysage. J’ai aussi trouvé une certaine dose d’humour par moments, dans certaines actions des personnages…

Ma seule frustration est celle que j’ai dans la plupart des lectures graphiques : grosse lectrice de romans, j’ai parfois du mal à prendre le temps de profiter des illustrations lorsqu’il n’y a pas de mots. Ici, j’ai eu la sensation que ma lecture est passée un peu vite… Mais je m’y replongerai volontiers à l’occasion !

Il s’agit malheureusement d’un ouvrage qui n’est plus édité, donc si jamais vous le trouvez je vous encourage fortement au moins à le feuilleter, vous découvrirez que c’est une aventure qui vaut largement le détour… Et vous, quel O.V.N.I. avez-vous découvert récemment ?

Des baleines dans les étoiles et des paillettes dans les yeux…

Alors que le navire spatial du Capitaine Alexandra Levisky frôle les frontières de l’univers, personne ne s’attend à ce que la maladresse d’un membre de l’équipage libère une des légendaires baleines célestes. Seulement, la gigantesque fuyarde se dirige droit vers le cœur historique de la galaxie, au risque de détruire plusieurs mondes sur son passage…
~ Les baleines célestes, d’Élodie Serrano – Plume Blanche
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Du space opera à la couverture particulièrement violette : instinctivement, je ne me serais pas vraiment tournée vers ce roman ! Et pourtant, on me l’a mis dans les main, j’ai fait confiance, et j’ai adoré. Comme quoi des fois, c’est aussi simple que ça.

Je retiens de cette lecture un paisible sentiment de douceur et de légèreté. Certes, les événements ont des conséquences assez tragiques et pourraient le devenir bien plus encore, pourtant ce roman m’a plongée dans une telle bulle de sérénité ! Je me suis sentie lentement portée avec ce vaisseau, flottant dans l’espace au côté de ces êtres gigantesques et placides…

La plume est fluide et les pointes d’humour ont parfaitement fonctionné avec moi ! D’ailleurs, plus qu’un récit de jeunesse à proprement parler, j’ai plutôt trouvé que c’était un récit léger, frais, qui se lit et s’apprécie à tout âge. La panoplie de personnages rencontrés est haute en couleurs, et j’ai aimé la manière dont l’autrice a réussi dans un roman aussi court à instiller autant de cohésion entre ces personnages si hétéroclites !

En somme, j’ai vraiment passé un excellent moment avec cette lecture. Elle est légère, drôle et pleine de douceur : je vous la conseille chaleureusement !

Vangual, le gros plouf…

« Dwilom, vieux nain et maître brasseur, n’est vraiment pas en veine. Alors qu’il effectuait un acheminement important de tonneaux de bière jusqu’à Tamatur, la cité souveraine, le voilà maintenant encombré d’un compagnon de voyage indésirable dont la bêtise est aussi profonde que le gouffre qui lui sert d’estomac. Et comme si cela ne suffisait pas, Dwilom va se retrouver mêlé à un sombre complot aux répercussions inimaginables.
Loin de là, à Borthalion, un frère et une sœur reviennent au pays après de longues années d’absence. Mais de mystérieux meurtres sévissent dans la région et semblent être les prémices d’une plus grande tragédie.
Des destins différents… »
— C’est un peu classique, nan ? Passez-moi votre crayon !
— Quoi ? Non ! Arrêtez !
— Il manque un côté épique ! Imaginez des tambours (boum, boum, boum) : « Un monde fantastique au passé sanglant. » (bruits de basses) « Un vieux brasseur encombre son estomac de bière pendant que son frère qui est sa sœur joue des percussions inimaginables dans un gouffre. » (explosion puis le titre apparait) « Bienvenue sur Vangual ! Terre d’aventures et de mystères… »
— Non, non, non et non, cela n’a aucun sens ! Cette histoire est parfaitement absurde ! Et d’abord, qui êtes-vous et que faites-vous ici ?
— Un chevalier solitaire dans un monde dangereux. Un héros des temps modernes. Dernier recours des innocents, des sans-espoirs, victimes d’un monde cruel et impitoyable. Je suis Stra…
— Vous m’insupportez ! Sortez tout de suite d’ici !
— Mais, je…
— J’ai dit ouste ! Et plus vite que ça ! Vous n’êtes même pas dans cette histoire.
— Ah, ah bon ?
— Ni dans la suivante d’ailleurs. Du vent ! Bon sang, il m’a fait rater mon résumé cet imbécile…

~ Vangual, tome 1 : Le verrou du temps, de Forman – Auto-édité
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Ce livre a été reçu et est chroniqué dans le cadre d’un service presse : merci à l’auteur pour sa confiance !

Ô rage, ô désespoir, aurais-je donc raté quelque chose ? Lorsque l’auteur m’a gentiment proposé de découvrir son roman, j’étais emballée : une fantasy drôle et légère, avec pourtant ce qu’il faut d’intrigue et des personnages attachants, c’est un mélange efficace dont je raffole ! D’autant que tous les avis sont particulièrement élogieux, j’y suis donc allée les yeux fermés.

Quelle ne fut pas ma déception, donc, quand j’ai décroché dès les premières pages… Je n’ai malheureusement pas su trouver, même de loin, ni ce que promet le résumé ni ce que semblent y avoir vu les autres lecteurs. Point d’humour, même d’un genre qui ne me ferait pas spécialement rire, point de personnages approfondis ni d’histoire haletante… Plus qu’un mauvais livre en soi, il m’a plutôt fait l’effet d’un livre trop peu retravaillé après le premier jet. Les idées sont là, et pourraient être très efficaces si elles n’étaient pas entravées par une écriture peu claire, des formulations qui n’apportent que trop peu de profondeur, et une narration rendue confuse par un rythme inégal et des anecdotes souvent superflues.

Pourtant, certaines scènes sont visuellement très efficaces et ont assez bien fonctionné avec moi. L’écriture très factuelle (trop de « dire », pas assez de « montrer » pour que j’aie cette sensation de véracité des événements) pourrait parfois presque être celle d’un scénario de film, qui serait alors une aventure que j’irais voir avec plaisir.

Je regrette donc d’être passée complètement à côté de cette lecture, qui pourtant semble faire l’unanimité auprès du lectorat. Je ne saurais donc que vous encourager à vous faire votre propre avis : mon avis n’est que le mien, et ce roman a certainement toutes ses chances pour vous plaire !

Skyward : Vers les étoiles, ou de l’importance des champignons en territoire caverneux

Installés sur la planète Détritus depuis des décennies, les derniers survivants de l’espèce humaine tentent de résister aux attaques répétées des Krell, un mystérieux peuple extraterrestre. Dans ce monde rythmé par les batailles spatiales, les pilotes sont vénérés comme des héros et font frissonner les nouvelles générations prêtes à en découdre. Parmi eux, Spensa rêve depuis l’enfance de piloter son propre vaisseau et de prouver son courage. Car elle est la fille d’un lâche. Son père, l’un des meilleurs pilotes de la Force de Défense Rebelle, a été exécuté lors de la bataille d’Alta après avoir déserté le combat, et cet héritage pourrait bien coûter à Spensa sa place au sein de l’école de pilotage.
Plus que jamais déterminée à voler, elle redouble d’effort pour trouver sa place au sein d’une escouade de pilotes et convaincre sa hiérarchie que la lâcheté n’est pas héréditaire. Sa découverte accidentelle d’un vaisseau depuis longtemps oublié pourrait bien changer la donne…
~ Skyward – tome 1 : Vers les étoiles, de Brandon Sanderson – Le Livre de Poche
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Peu adepte du genre space opera mais curieuse de l’explorer, et faisant entièrement confiance à Brandon Sanderson qui m’a plus que conquise en fantasy, j’avais décidé que Skyward serait pour moi une lecture à ne pas manquer. Lorsque j’ai eu la chance de gagner un concours organisé par Amandine de @plume.et.chimere, plus d’hésitation possible : il me fallait découvrir cette nouvelle série…

Et quelle sublime lecture ce fut ! J’ai été happée dès les premières pages : Sanderson a ce don inouï de créer des univers à la fois profonds et novateurs tout en demeurant d’une limpidité absolue. Ici, j’ai retrouvé un mélange improbable de Star Wars et de Top Gun, avec tous les codes du space opera et bien d’autres choses autour : autant dire que j’ai été plus que séduite !

Un bon univers ne fait certes pas tout, mais ce roman me semble tout simplement dépourvu de défauts. J’ai adoré les personnages, notamment Spensa, ce personnage rarement aussi bien réussi de l’adolescente impulsive et perdue dans ses convictions. J’ai adoré l’histoire, mélange savant d’intrigue, de développement des personnages et de machinations politiques. J’ai adoré le style, fluide et bourré d’action. J’ai adoré les combats spatiaux, les vaisseaux intelligents, les jeunes personnages qui côtoient l’héroïne, le mystère, les rebondissements et révélations…

Pour une incursion hésitante dans le space opera, on peut dire que ce premier tome dévoré en quelques heures à peine est un franc succès ! Vivement la suite donc, et je ne saurais assez vous recommander de découvrir cet univers à votre tour si ce n’est pas encore fait !

Blackwater 1 & 2 : mystère en eaux troubles

Alors que les flots sombres et menaçants de la rivière submergent Perdido, une petite ville du sud de l’Alabama, les Caskey, une riche famille de propriétaires, doivent faire face aux innombrables dégâts provoqués par la crue. Mené par Mary-Love, la puissante matriarcale, et par Oscar, son fils dévoué, le clan s’apprête à se relever. Maus c’est compter sans l’apparition, aussi soudaine que mystérieuse, d’Elinor Dammert, jeune femme séduisante au passé trouble, dont le seul dessein semble être de s’immiscer au cœur de la famille Caskey.

Tandis que la ville se remet à peine d’une crue dévastatrice, le chantier d’une digue censée la protéger charrie son lot d’imprévus : main-d’oeuvre incontrôlable, courants capricieux, disparitions inquiétantes… Pendant ce temps dans le clan Caskey, Mary-Love, la matriarcale, voit ses machinations se heurter à celles d’Elinor, son étrange belle-fille, mais la lutte ne fait que commencer. Manigances, alliances contre-nature, sacrifices, tout est permis. À Perdido, les mutations seront profondes, et les conséquences, irréversibles.

~ Blackwater tome 1 : La crue & tome 2 : La digue, de Michael McDowell – Monsieur Toussaint Louverture
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Si vous avez gardé un œil sur les sorties du moment ou fait un tour sur les réseaux sociaux, vous avez certainement vu passer ces petits livres qui font tant parler d’eux : la série Blackwater ! Publiée tome par tome toutes les deux semaines comme le feuilleton qu’elle était à l’origine, j’ai l’impression que c’est LA parution du moment, et pour une fois je n’ai pas raté le coche de cette lecture commune à grande échelle !

Ce qui surprend dès le début, c’est le mélange incongru qu’elle propose : une saga familiale au rythme lent et à l’ambiance presque somnolente, tout juste perturbée par les remous des inimités allant et venant entre les personnages… où apparaît soudain un fantastique presque horrifique, aussi ténu qu’omniprésent. Ces éléments sont en effet toujours là, quelque part en arrière-plan, et j’ai beaucoup aimé la manière dont l’intrigue tourne autour en permanence, tout en ne l’approchant jamais vraiment. Au fur et à mesure de la lecture, l’envie de réponse grandit, tout comme la certitude frustrante que l’auteur ne nous dévoilera rien avant le dernier moment…

Chaque roman est court et se dévore. L’écriture est fluide ; peut-être un peu distanciée, objective, mais elle correspond vraiment à l’idée que je me fais du style de narration d’un vieux roman-feuilleton américain, et j’ai trouvé qu’il participait même à me plonger dans l’atmosphère ! Les petites intrigues s’emmêlent et se démêlent au fil des pages, et on les engloutit avidement pour découvrir si, oui ou non, l’auteur va enfin daigner nous donner un infime indice sur le mystère qui plane au-dessus de Perdido !

Comme beaucoup, je me suis laissée prendre au jeu des histoires familiales, et les secrets des uns et des autres m’intriguent maintenant tout autant que celui, bien plus étrange, d’Elinor… Autant dire que je vais dévorer la suite comme j’ai dévoré ces deux premiers tomes !

Et vous, vous suivez la parution des Blackwater ? La série vous intrigue-t-elle ?