There Goes the Bride: voici venir l’ennui…

C’est en traînant des pieds qu’Agatha Raisin se rend au mariage de son ex, James Lacey. Elle en pince encore pour celui qui l’éclabousse avec son nouveau bonheur. Le jour des noces, coiffée de son plus beau chapeau, Agatha jubile de voir que l’autel est vide : la mariée n’est pas là ! Et pour cause, elle a été retrouvée avec une balle dans le corps avant même de pouvoir dire « oui ». Il n’en faut pas plus pour redonner à Agatha de l’espoir…avant que celui-ci ne retombe comme un pudding pas assez cuit lorsque la police décrète que la suspecte numéro un, c’est… elle !
~ Agatha Raisin, book 20: There Goes the Bride, de M.C. Beaton – Constable
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Je ne m’étais pas replongée dans les aventures de ma chère Agatha Raisin depuis des mois, il était donc plus que temps de retourner à Carsely et de poursuivre la découverte de cette série !

Malheureusement, ce tome-ci ne fait clairement pas partie des meilleurs. Je l’ai même trouvé plutôt bancal : pour moi, ni l’enquête ni les déboires d’Agatha ne tenaient debout dans ce tome-ci, et j’ai survolé ma lecture…

Côté intrigue, je l’ai trouvée décevante. Les enquêteurs ne savent pas où donner de la tête, certaines pistes sont lancées puis abandonnées, le coupable ne m’a pas surprise mais j’ai trouvé le dénouement sorti de nulle part et un peu tiré par les cheveux.

Quant à Agatha, elle ne sait toujours pas quoi faire d’elle-même et de ses relation sentimentales, et j’ai eu la sensation que l’autrice elle-même peinait à trouver de quoi renouveler son personnage… Je n’ai pas non plus ressenti le soutien chaleureux de son entourage, et le village de Carsely lui-même m’a un peu manqué…

Ce tome-ci fut donc un raté pour moi. Il me reste quand même un certain nombre de tomes à découvrir, j’espère que la suite repartira au moins un peu mieux !

Retrouver d’autres tomes chroniqués :
Tome 17 : Cache-cache à l’hôtel
Tome 18 : Un Noël presque parfait

Astrevise : vers les étoiles et au-delà !

Spensa est devenue pilote et s’est engagée dans la guerre sans fin qui oppose les derniers survivants de l’espèce humaine, menacée d’extinction, aux Krell, un mystérieux peuple extraterrestre. Ayant réussi à faire réhabiliter la mémoire de son père, accusé injustement de trahison, Spensa est maintenant membre à part entière de la Force de Défense Rebelle.
Alors qu’elle vient tout juste de commencer à prendre la mesure de ses nouveaux pouvoirs cytoniques, Spensa reçoit d’une extraterrestre mourante, Alanik, les coordonnées de la station spatiale Astrevise, où se trouve la clé de la survie de l’humanité. Elle décide d’infiltrer le lieu et se trouve malgré elle piégée dans des intrigues politiques qui la dépassent.
~ Skyward, tome 2 : Astrevise, de Brandon Sanderson – Le Livre de Poche
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Merci à l’éditeur pour sa confiance lors de l’envoi de ce titre !

Est-ce que le premier tome avait été un coup de cœur sidéral ? Oui. Est-ce que ce tome deux est à la hauteur ? Re-oui. Enfin, presque. Enfin, oui.

Je dois avouer que j’ai un tout petit peu moins accroché à ce deuxième tome en termes d’ambiance. Le premier se démarquait avec cette atmosphère unique d’école de pilotage spatial, qui m’avait ultra-emballée ; ici on sort de ce contexte pour découvrir un univers plus large, fascinant certes, mais qui perd ce côté « Top Gun ». D’autre part, cette ouverture vers d’autres cultures et des enjeux plus larges implique naturellement le développement d’intrigues plus politiques, et de machinations à plus grande échelle : ces éléments narratifs ne m’emportent pas autant que d’autres, et je reconnais n’avoir pas été aussi happée par ce tome-ci que par le précédent…

Pour autant, j’ai adoré. La narration de Brandon Sanderson est toujours aussi addictive et toujours aussi fluide, et il maîtrise toujours autant les retournements de situation. Il m’a bien chamboulé le cerveau une ou deux fois ici, avec des révélations qui donnent à chaque fois une toute nouvelle dimension au récit ! Quant aux combats aériens que j’aimais tant dans le premier tome, l’auteur est parvenu à en intégrer une belle dose ici aussi, pour ma plus grande satisfaction.

Astrevise nous emmène à la rencontre de nouvelles cultures et de nouveaux personnages, dont j’ai apprécié la diversité, aussi bien sur le plan des caractéristiques physiques (qui viennent d’ailleurs questionner et moderniser la conception classique des identités de genre chez les peuples non-terriens) que d’un point de vue moral. Ces nouveaux personnages sont aussi intrigants qu’attachants, mais ce sont bien Spensa et M-Bot qui continuent d’avoir toute mon affection…

Bien entendu, ce second tome finit lui aussi sur un cliffhanger qui ferait trépigner d’impatience le plus imperturbable des cailloux, et je n’ai qu’une hâte : découvrir le tome 3.

Retrouver d’autres tomes chroniqués :
Tome 1 : Vers les étoiles

The Walking Souris : Scurry

Un groupe de souris domestiques lutte pour survivre à un long et étrange hiver. Les humains ont disparu, le soleil se pointe rarement et une pluie froide et sombre empoisonne tout ce qu’elle touche. Les souris, qui dépendaient des humains pour se nourrir, s’accrochent obstinément à leurs vieilles habitudes, pillant les maisons abandonnées à la recherche des restes qu’elles peuvent trouver…
~ Scurry, tome 1 : La colonie condamnée, de Mac Smith – Delcourt
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Voici ma lecture d’Halloween ! Un crâne sur la couverture, des couleurs sombres et automnales, une lecture graphique rapide : que demander de plus pour une telle journée ?

D’ordinaire avec les graphiques, j’ai la sensation de survoler l’histoire et ses personnages plus que d’y plonger tête la première. Ça ne m’empêche pas forcément d’apprécier, mais me laisse souvent un arrière-goût de « j’en aurais voulu davantage ». Dans Scurry, j’ai été happée dès le début. L’efficacité de la narration et la présentation des personnages m’ont immédiatement convaincue, et j’ai vécu cette lecture avec beaucoup d’intensité et d’émotions.

Et quelles émotions… Plus que dans un univers effrayant, on est ici face à une situation complexe, où la survie d’un peuple de souris est en péril. Un peu à la « The Walking Dead », le danger réside autant dans la menace au-dehors que parmi les individus du groupe… Ce fut donc une agréable surprise, d’autant plus que la narration traite son sujet de souris et de chats avec une maturité à laquelle je ne m’attendais pas.

Et vous, quelle a été votre lecture d’Halloween ? Ou la lecture qui, selon vous, correspond le mieux à la saison ?

Mystère au coeur des brumes : Mexican Gothic

Après avoir reçu un mystérieux appel à l’aide de sa cousine récemment mariée, Noemí Taboada se rend à High Place, un manoir isolé dans la campagne mexicaine. Elle ignore ce qu’elle va y trouver, ne connaissant ni la région ni le compagnon de sa cousine, un séduisant Anglais.
Avec ses robes chic et son rouge à lèvres, Noemí semble plus à sa place aux soirées mondaines de Mexico que dans une enquête de détective amateur. Elle n’a pourtant peur ni de l’époux de sa cousine, un homme à la fois troublant et hostile, ni du patriarche de la famille, fasciné par son invitée… ni du manoir lui-même, qui projette dans les rêves de Noemí des visions de meurtre et de sang.
Car High Place cache bien des secrets entre ses murs. Autrefois, la fortune colossale de la famille la préservait des regards indiscrets. Aujourd’hui, Noemí découvre peu à peu d’effrayantes histoires de violence et de folie.
~ Mexican Gothic, de Silvia Moreno-Garcia – Bragelonne
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Ce livre a longtemps attendu dans ma pile à lire pour le moment le plus opportun. Entre une fin octobre halloweenesque et un début novembre brumeux et pluvieux, ce moment est enfin arrivé, et j’ai bien fait d’attendre puisque je me suis régalée !

J’ai été conquise dès la première page. L’ambiance est brumeuse à souhait, mystérieuse bien comme il faut, le huis-clos de High Place est aussi étouffant que fascinant ! J’adore ces ambiances, et je me suis prise au jeu de tenter de déceler, aux côtés de Noemí, les personnages de confiance et les éléments dont se méfier…

J’ai particulièrement apprécié l’hommage fait au genre du fantastique, où le doute plane toujours un peu et où la frontière entre le réel et le cauchemar semble fragile. J’ai aussi aimé repérer quelques clins d’œil à Lovecraft, non pas dans le propos en lui-même, mais dans la narration, avec une manière toute particulière d’apporter certains éléments (pas facile d’en dire plus, il faut que vous gardiez la surprise !), sans pour autant oublier un petit pied de nez aux tendances racistes de l’auteur…

Côté personnages, j’ai apprécié la galerie qui nous est présentée, certes parfois un peu caricaturale, mais qui à mon avis contribue à faire de High Place un endroit particulier, comme s’il était impossible là-bas de ne pas sombrer dans les extrêmes… Noemí est une jeune femme pleine de nuances, qui oscille entre force pragmatique et doute grandissant. Quant au dénouement, même si je m’attendais forcément à une apogée de noirceur et d’horreur, je dois avouer qu’elle a très bien fonctionné sur moi, et que les révélations finales ont su faire leur petit effet, tandis que je lisais, le soir, à la nuit noire…

Je reconnais que l’ensemble reste assez linéaire, mais justement : sans chercher à révolutionner les genres, ce roman reprend beaucoup de codes, les place dans un récit convaincant et ajoute une pointe de modernité, pour un résultat diablement efficace. On m’a promis un récit gothique fantastique, et j’ai eu exactement ce que je voulais : cette lecture fut donc une grande réussite pour moi !

La Passeuse d’histoires, entre voyage et déception

Jaya, une journaliste new-yorkaise, bouleversée par une troisième fausse couche et le délitement de son mariage, embarque dans un inoubliable voyage en Inde à la recherche de son histoire familiale troublée. Émerveillée par ce qu’elle y découvre, Jaya apprend tout ce qu’elle peut sur la culture du pays. C’est en rencontrant Ravi, ancien servant et confident de sa grand-mère Amisha, qu’elle va en apprendre plus sur son histoire familiale. Le vieil homme lui racontera la vie d’Amisha sous l’occupation britannique, de son mariage arrangé à son histoire d’amour impossible avec un lieutenant britannique. Il lui parlera également de l’école anglaise où, malgré les interdits de l’époque, elle enseignait l’écriture, elle qui adorait raconter et écrire des histoires pour ses enfants… À travers l’histoire déchirante de sa grand-mère, modèle de résilience, Jaya se découvre une force que, jusque-là, elle n’avait jamais soupçonnée.
~ La Passeuse d’histoires, de Sejal Badani – Éditions Charleston
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Ce livre avait rejoint ma wish-list après le coup de cœur qu’il avait été pour Stéphanie de Pikiti Bouquine, et il a rejoint ma liseuse dès que j’ai vu une offre sur le format numérique ! J’en attendais une puissante et touchante histoire de destin de femme, un dépaysement vers l’Inde… Et j’ai malheureusement été un peu déçue.

Je n’ai rien à redire sur tout le début du roman, qui m’a plutôt convaincue. Je suis toujours adepte des narrations en multiple temporalité, et ici je me suis autant attachée à Jaya qu’à Amisha, les deux femmes faisant face à des problématiques fortes et que j’ai trouvées bien amenées.

J’ai par contre été déçue de la manière dont l’histoire d’Amisha évolue. D’abord mue par sa passion pour les mots et sa volonté de liberté, elle ne devient plus qu’éprise d’un autre homme que son mari. Assez rapidement, tout ce dont elle rêvait pour elle-même, en tant qu’individuelle et en tant que femme, disparaît au profit de cette histoire d’amour interdit. Je comprends que l’autrice n’ait pas voulu en faire un personnage foncièrement militant et révolté, mais j’ai trouvé cet effacement très dommage, et l’histoire a perdu pour moi tout son impact…

J’ai cependant apprécié le voyage en Inde que m’a permis ce roman : l’immersion était réussie, et j’ai appris nombre de choses sur la culture, l’histoire et les mœurs indiens !

Ce ne fut donc pas une complète déception, mais j’en attendais davantage et je n’ai pas trouvé ce que je cherchais… J’en suis d’autant plus désolée que j’y suis plongée après un avis coup de cœur ! Et vous, avez-vous déjà suivi une recommandation coup-de-coeur qui vous a finalement déçu.e ?

Une histoire de magie : tromperie & déception au Pays des Contes

Brystal est une fée. Le seul ennui, c’est qu’au Pays des contes la magie est… illégale !
Pire, les rares enfants qui démontrent des capacités hors du commun sont envoyés au bagne à perpétuité. Heureusement pour l’adolescente, la pétulante Madame Mûredutemps vole à son secours avec une idée folle : ouvrir une académie de magie où ses étudiants apprendraient à utiliser leurs dons pour le bien de tous.
Mais à peine la jeune fée commence-t-elle à maîtriser ses capricieux pouvoirs que la directrice disparaît. Brystal et ses amis seront-ils capables de déjouer le sinistre complot qui menace l’avenir du Pays des contes… et de la magie elle-même ?
~ Une histoire de magie, tome 1, de Chris Colfer – Michel Lafon
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Alors que j’avais beaucoup aimé le premier tome du Pays des Contes, autre série du même auteur, je m’attendais à passer avec Une histoire de magie à passer un moment tout aussi agréable. Malheureusement, ce ne fut pas le cas…

Au vu du résumé, j’étais déjà préparée à une approche plus « jeunesse », avec une ligne narrative plus simple et des valeurs marquées de manière plus directe. Et justement, je pense que c’est au niveau du résumé que la déception s’est faite… Puisqu’il ne correspond pas à ce que l’on trouve dans le récit ! Alors que la quatrième de couverture vend l’arrivée de notre jeune héroïne dans une école de magie suivie d’une quête haletante et pleine de rebondissements, il s’agit en réalité d’une longue, très longue mise en place du personnage de Brystal et de ses camarades. L’arrivée à l’école de magie ne se fait que très tardivement, quant au basculement de l’intrigue évoqué en dernière ligne du résumé, il représente en fait la toute fin du roman, expédiée entre une bataille finale et une résolution hâtive. Je me suis donc plutôt ennuyée, attendant avec impatience des éléments qui ne sont pas venus.

Pour autant, toute la première partie aurait pu être intéressante : on y suit la jeune Brystal qui tente de se défaire des barrières que lui pose sa condition de femme, et rêve de laisser libre cours aussi bien à ses pouvoirs qu’à sa soif d’apprendre. Malheureusement là aussi, j’ai trouvé que le propos manquait de finesse. Cela se comprend parfaitement au vu de l’orientation « jeunesse » du texte, mais d’autres font passer leurs messages d’ouverture d’esprit, de bienveillance et de tolérance avec davantage de subtilité…

Dernier point que je déplore : cette série est présentée comme un préquel à celle du Pays des Contes, et… aucune mention n’y est faite. Pas un seul personnage issu de ce pays des contes, les royaumes n’ont pas du tout les mêmes noms, et on est même dans une société très proche ancrée dans la religion et la justice, notions qui, me semble-t-il, sont complètement absentes au Pays des Contes.

Malgré cette déception, je ne peux pas nier que l’auteur a su instiller une belle dose de magie dans ce roman, qui saura certainement émerveiller ses plus jeunes lecteurs. Malheureusement, du fait des promesses non tenues du résumé, l’enchantement n’a pas pris sur moi… Je me contenterai donc de garder l’excellent souvenir que j’ai du Pays des Contes !

Poison & tasse de thé : rendez-vous avec les détectives du Yorkshire

Il y a comme un vent de printemps qui souffle sur Bruncliffe. Mais la belle saison est loin de profiter à tout le monde… Impliqué dans une affaire de meurtre, Samson O’Brien doit faire face aux questions pressantes de la police, et Delilah Metcalfe aux critiques virulentes de sa famille et de ses amis – qui lui reprochent sa loyauté envers le détective privé. Et quand la vérité sur le passé de Samson éclate au grand jour, tout Bruncliffe se ligue contre lui.
Seul le vétérinaire du coin s’inquiète d’une série de morts inhabituelle au sein de sa clientèle canine. Soupçonnant un acte criminel, il sollicite les services de Samson et Delilah. Bravant les foudres des habitants, ces deux derniers vont devoir découvrir l’origine de ce poison qui menace la communauté bruncliffienne…
~ Les détectives du Yorkshire, tome 4 : Rendez-vous avec le poison, de Julia Chapman – Robert Laffont
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Si les premiers tomes m’ont fait passer un agréable moment dont je ne garde cependant pas un souvenir si mémorable que ça, ce tome-ci m’a happée et maintenue en haleine jusqu’à la dernière page !

Dans les tomes précédents, les enquêtes suivent des événements plus ou moins proches des personnages principaux et ancrés dans cette petite communauté qu’est Bruncliffe : une enquête pour chaque tome, un fil rouge en arrière-plan pour lier le tout, et on a une série bien agréable à suivre. Dans ce tome-ci, le fil rouge explose au devant de la scène, et les deux protagonistes sont personnellement exposés, et impliqués jusqu’au cou dans les événements. De fait, j’ai eu le sentiment que la série faisait un véritable bond en avant : ces personnages que l’on suit depuis déjà 3 tomes sont plus en danger que jamais, les révélations sont proches, les intrigues prennent de l’épaisseur… Et c’est passionnant !

Quant à « l’enquête du tome », elle met un moment à se décanter, mais l’autrice a su l’utiliser à bon escient : elle comble les moments de creux tout au long du roman, et permet parfois de relancer certains éléments qui débloqueront la fin de ce tome-ci. Sans compter qu’elle m’a serré le cœur plus d’une fois, faisant des ravages parmi les innocentes bêtes à poils du village…

Ce tome-ci a donc été une lecture particulièrement bonne pour moi : très bien rythmé et très bien équilibré, il relance mon envie de découvrir la suite sans plus tarder !

Grandiose voyage dans l’imaginaire : par-delà les confins avec L’âme du chien

Croire les prophéties.
Celui qui étreint l’âme du désert, qui chevauche et détruit les mondes, n’a que peu de pitié pour ses ennemis et son peuple.
Du haut de Salabanka, la ville dorée, il s’enorgueillit du Destin que l’oracle lui a confié. Alors, quand la sibylle lui ordonne de trouver un bras droit, il s’exécute. Il lui faut un guerrier à l’âme de chien prêt à tout pour accomplir l’avenir glorieux de son maître.
~ L’âme du chien, d’Antoine Ducharme – Mnémos (Mu)
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Un premier roman qui « bouleverse les codes de la fantasy », publié dans un label qui explore les « ruptures dans le réel » ? Je dis oui, cent fois oui. Et je remercie chaleureusement les éditions Mnémos qui m’ont permis de découvrir ce court mais sublime roman.

L’âme du Chien, c’est deux personnages. Humains, ou plus vraiment. Colère et bestialité, violence, soif de combat et de sang. Leur histoire est liée par un destin commun, qui se réalisera aux frontières de ce monde que l’on distingue, trouble, éthéré, au travers de leur insaisissable relation. Épiques, ancestraux, les éléments se dévoilent un à un, mais toujours flotte cette part de mystère et d’inconnu ; et au centre, une certitude : le cavalier aux poings de colère et le guerrier à l’âme de chien.

L’âme du Chien, c’est des mots. Un style grandiose, sublime, vaporeux, où chaque mot est choisi avec soin, chaque phrase est ciselée avec art ; pour que chaque mot, chaque phrase ne contienne plus seulement un banal morceau de narration, mais une part de l’infini même de cet univers, de l’immensité de ces destinées, et peut-être d’encore autre chose. Si ce style peut être déconcertant, c’est en réalité un tableau magnifique que peint l’auteur : deux personnages pris dans la tempête des mots, des oracles et des prophéties, et la question qui les tourmente sans cesse : combattre ou abandonner ?

L’âme du Chien, c’est une expérience, une œuvre unique parmi les littératures de l’imaginaire, que chacun vivra à sa manière. Un voyage entre l’épique et l’intime, au plus près de la légende et de la prophétie, au cœur de l’humain et de ses incertitudes. La couverture rend parfaitement ces sensations particulières que je retiens de ma lecture : une bourrasque de mots, un personnage pris dans la tourmente, un récit sans cesse mouvant qui balaie tout sur son passage, et ne laisse au lecteur que des certitudes vacillantes, et de vastes questionnements. L’inéluctable l’est-il vraiment ? Un destin vaut-il vraiment le coup ? Une fois le prix payé, que retiendra-t-on ?

Je ne sais pas si j’ai réussi à rendre justice à cette pépite, mais j’espère vraiment avoir attisé votre curiosité : ce court roman ne plaira sans doute pas à tout le monde, mais si vous êtes à la recherche d’une lecture hors du commun sur les sentiers de l’imaginaire, n’hésitez pas une seconde de plus, foncez.

Voyage unique dans le Désert des couleurs

Dans le désert des couleurs, chaque grain de sable est un souvenir perdu et oublié. Marcher dans les dunes, c’est voir sa mémoire s’effacer. Alors pour se protéger, l’humanité s’est réfugiée dans le cratère d’un volcan. Mais depuis quelques temps, le sable monte chaque jour le long de ses pentes. Malgré les risques, une fille qui perd ses souvenirs, un garçon porteur de mémoire et un oiseau télépathe partent explorer le désert multicolore afin de trouver une solution pour lutter contre la crue. En chemin, ils se perdront. À la fin, ils se retrouveront.
~ Le Désert des couleurs, d’Aurélie Wellenstein – Scrineo
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J’avais envie de découvrir l’autrice depuis un moment, mais j’avais toujours un peu peur de la réputation très sombre de ses écrits. Quand j’ai découvert celui-ci en librairie, il m’a immédiatement interpelée, avec un résumé annonçant quelque chose de beaucoup plus lumineux…

J’attendais donc beaucoup de ce roman, et je n’ai pas du tout été déçue. L’écriture est belle, et crée avec un mélange de simplicité et de poésie un univers tangible, aux contours assez flous mais qui se dévoilent au fil du récit. Loin d’être frustrée par la concision de la mise en contexte, j’ai au contraire adoré la place que ces étendues de sable infinies laissent aux personnages pour se développer, et les innombrables passés que l’on peut imaginer derrière chaque grain de sable.

J’ai été conquise également par les personnages qu’elle a construits : ce duo d’explorateurs dont la mission pourra peut-être sauver le peuple entier, cet humaine et ce « demi-dieu » à la nature si particulière, ce frère et cette sœur à la relation complexe… Ils ont l’infini du désert pour eux seuls, mais ce roman est presque un huis clos au cœur de leur relation, sans cesse en évolution. Au fil des souvenirs, on assiste aux conflits et aux réconciliations, aux révélations, et quelque part presque en arrière plan, à l’avancement de leur quête.

L’autrice aborde dans ce roman un certain nombre de thématiques assez fortes, du traumatisme à la mémoire, des erreurs de l’humanité à la cause animale. Pourtant, j’ai trouvé qu’elle tentait de leur apporter une forme d’apaisement. Malgré certaines scènes très fortes, particulièrement poignantes, j’ai aimé la manière dont elle est parvenue à faire apparaître cet éclat de lumière coloré au milieu de l’obscurité…

Ce fut donc une première expérience particulièrement réussie avec Aurélie Wellenstein, une expérience unique, toute en nuance et en poésie, et j’essaierai de me procurer ses autres romans. D’ailleurs, lequel me conseillez-vous ? Est-ce que vous avez aimé celui-ci ?

Un long, très long voyage : un voyage manqué…

Issu d’une famille de pêcheurs, Liesse doit quitter son village natal à la mort de son père. Fruste mais malin, il parvient à faire son chemin dans le comptoir commercial où il a été placé. Au point d’être pris comme secrétaire par Malvine Zélina de Félarasie, ambassadrice impériale dans l’Archipel, aristocrate promise aux plus grandes destinées politiques. Dans le sillage de la jeune femme, Liesse va s’embarquer pour un grand voyage loin de ses îles et devenir, au fil des ans, le témoin privilégié de la fin d’un Empire.
~ Un long voyage, de Claire Duvivier – Aux Forges de Vulcain (Audiolib pour la version audio)
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Ce livre a été reçu et est chroniqué dans le cadre d’un service presse : merci à NetGalley et à la maison d’édition pour leur confiance !

Le nom de Claire Duvivier commence à se faire une place sur les étagères de l’imaginaire francophone, et lorsque j’ai eu l’occasion de découvrir son premier roman, au format audio qui plus est, j’en ai bien volontiers profité !

Malheureusement, ce ne fut pas un franc succès pour moi… Il m’a fallu quelques tentatives pour réussir à entrer dans l’histoire auprès du personnage principal, narrateur au « je » qui d’ordinaire me happe très facilement. Une fois lancée, j’ai conservé jusqu’à la fin une représentation assez floue de la politique et de la hiérarchie en place, des éléments pourtant centraux à l’intrigue. Peut-être est-ce là une des raisons de ma petite déception : en fantasy, les contextes et personnages politiques sont de ceux qui me passionnent le moins… Dommage, n’est-ce pas ?

Concernant le narrateur, j’ai eu du mal à m’intéresser à lui. Tout au long de mon écoute, je suis restée assez détachée de ses troubles et questionnements personnels, ne comprenant que peu cette nécessité (dont il se justifie pourtant) de devoir parler de lui pour replacer « la Grande Histoire » dans un quelconque contexte. Je ne l’ai pas trouvé attachant, ni touchant, ni charismatique… complètement inintéressant, en somme. Le vrai personnage principal, Malvine Zélina de Félarasie, n’en était alors que plus lointain, femme forte éclipsée par la vie insipide d’un homme sans grande personnalité. Encore une fois : dommage.

Quant à l’intrigue… Quelque temps après la fin de mon écoute, je ne garde pas la sensation d’un enjeu important, et je serais même bien incapable de vous résumer le propos général du roman. En soi, ça n’est pas un élément qui me dérange, mais dans ce cas-ci il a certainement participé à ma perte d’intérêt. Ce qui m’a vraiment déçue, par contre, ce sont le retournement de situation final, sorti de nulle part, et la dernière partie faisant office d’épilogue, bien trop longue…

Peut-être qu’en découvrant ce texte au format écrit, j’aurais davantage apprécié la plume de l’autrice, et j’aurais peut-être mieux saisi l’intérêt de ce rythme lent. Je comprends la volonté de l’autrice de sortir des clichés de combats épiques, de complots machiavéliques et de secrets mystiques, et je suis moi-même plutôt adepte des récits qui sortent de cette manière des sentiers battus. Mais cette fois-ci, je suis passée à côté… Je suis d’ailleurs rassurée de voir que l’Ours Inculte semble partager mon ressenti ! Et vous, si vous l’avez lu, qu’en avez-vous pensé ? Me conseillez-vous de donner une chance aux autres romans de l’autrice ?