Druide : sombres secrets au cœur de la forêt…

1123 après le Pacte.
Au nord vivent les hommes du froid et de l’acier, au sud errent les tribus nomades et au centre du monde règnent les druides. Leur immense forêt millénaire est un royaume d’ombres, d’arbres et de mystères. Nul ne le pénètre et tous le respectent au nom du Pacte Ancien. Les druides, seigneurs de la forêt, aident et conseillent les hommes avec sagesse mais un crime impensable bouleverse la loi de toutes les couronnes : dans la plus imprenable citadelle du Nord, quarante-neuf soldats ont été sauvagement assassinés sans que personne ne les entende seulement crier.
Certains voient là l’œuvre monstrueuse d’un mal ancien, d’autres usent du drame comme d’un prétexte pour relancer le conflit qui oppose les deux principales familles régnantes. Un druide, Obrigan, et ses deux apprentis ont pour mission de retrouver les assassins avant qu’une nouvelle guerre n’éclate. Mais pour la première fois, Obrigan, l’un des plus réputés maître loup de la forêt, se sent impuissant face à l’énigme sanglante qu’il doit élucider… Chaque nouvel indice soulève des questions auxquelles même les druides n’ont pas de réponses.
Une seule chose lui apparaît certaine : la mort de ces quarante-neuf innocents est liée aux secrets les plus noirs de la forêt.
~ Druide, d’Olivier Peru – Éditions Éclipse
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Ce livre est resté longtemps dans ma pàl : ce petit pavé plutôt sombre de réputation m’impressionnait, avec un petit côté horrifique peu rassurant… Finalement je me suis lancée, et tout va bien. Enfin…

J’avoue avoir refermé ce livre avec un sentiment assez mitigé. Sur certains points, c’était vraiment une excellente lecture : j’ai par exemple adoré l’atmosphère assez angoissante, qui donne presque une sensation de « huis-clos à ciel ouvert » lorsque la menace est dans les parages ! J’ai aussi beaucoup aimé l’univers en lui-même, avec ces ordres de druides qui entretiennent un lien particulier avec la forêt et mettent en place une relation touchante entre un maître et ses apprentis. La magie n’est pas réellement un pouvoir à part entière, c’est davantage quelque chose de l’ordre de l’instinct et de l’ouverture à la forêt et aux animaux ; en quelle sorte, elle m’a rappelé le Vif de l’Assassin Royal, avec une dimension plus sombre qui m’a particulièrement marquée. Quant à l’intrigue, elle apporte un côté « policier » plutôt plaisant à la trame classique de fantasy.

Pourtant, autant le début m’a happée, autant dès la moitié je décrochais déjà un peu… J’ai eu le sentiment que l’intrigue traînait en longueur, que les choses n’avançaient pas vraiment, et surtout que l’enquête initiale était complètement laissée de côté. Alors que le début tisse des liens entre la forêt et le monde extérieur, ces liens sont rapidement oubliés pour ne laisser que les druides renfermés sur eux-mêmes… Puis la grande révélation est arrivée, subitement, sous forme de récits dans le passé imbriqués les uns dans les autres et assez flous. Pouf, le mystère est levé, le problème est réglé, l’affaire est résolue. Finalement, il n’y aura pas vraiment eu d’enquête…

Je n’ai donc malheureusement pas été convaincue par le rythme de l’intrigue, défaut qui a pas mal pesé sur ma lecture. Pourtant, je n’ai pas passé un mauvais moment, puisque l’ambiance était prenante, et l’univers proposait des éléments intéressants. Je ne vous conseillerai donc que de vous faire votre propre avis si le livre vous intrigue, et je suis curieuse de savoir ce que vous en aurez pensé !

Bouleversante épopée dans les Mémoires de la Forêt

Dans la forêt de Bellécorce, au creux du chêne où Archibald Renard tient sa librairie, chaque animal qui le souhaite peut déposer le livre qu’il a écrit et espérer qu’il soit un jour acheté. Depuis que ses souvenirs le fuient, Ferdinand Taupe cherche désespérément à retrouver l’ouvrage qu’il a écrit pour compiler ses mémoires, afin de se rappeler les choses qu’il a faites et les gens qu’il a aimés. Il en existe un seul exemplaire, déposé à la librairie il y a des années. Mais justement, un mystérieux client vient de partir avec… À l’aide de vieilles photographies, Archibald et Ferdinand se lancent sur ses traces en forêt, dans un périple à la frontière du rêve, des souvenirs et de la réalité.
~ Mémoires de la forêt : Les souvenirs de Ferdinand Taupe, de Mickaël Brun-Arnaud, illustré par Sanoe – L’École des Loisirs
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Ce livre a été reçu et est chroniqué dans le cadre d’une masse critique Babelio : merci à la maison d’édition pour sa confiance !

La couverture et ses couleurs, le titre et le résumé, les retours plus que positifs… Tout dans cet ouvrage inspire une douceur et une tendresse que j’avais profondément envie de découvrir !

À lecture des premières pages, le ton très jeunesse a un tout petit peu refroidi mes attentes : même si je m’attendais à un texte jeunesse, je n’allais peut-être finalement pas être autant emportée que je le pensais par cet aspect très marqué. Et puis…

Et puis l’ambiance était au rendez-vous. Je n’étais pas lectrice, j’étais visiteuse de Bellécorce, minuscule souris qui suivait discrètement les personnages dans leurs péripéties. J’ai vu la lumière au travers des branches, j’ai senti les feuilles sous mes pieds, j’ai senti et goûté chacune des pâtisseries… Et, surtout, je me suis profondément attachée à ce duo de personnages que lie une très belle et émouvante amitié.

Finalement, le ton est juste comme il faut : il fallait simplement le temps que je passe d’un monde à l’autre… Le sujet de la maladie est amené avec subtilité, et l’auteur est parvenu à l’aborder d’une manière particulièrement lumineuse. Loin de plonger dans le deuil et la nostalgie, magnifiquement illustré, le récit est une ode à la beauté des souvenirs et à la valeur de l’amitié ; il va au-delà de la maladie, aborde de nombreuses autres thématiques, et crée une bulle de bienveillance et de belles valeurs. J’ai été profondément touchée, j’ai fini le roman avec la larme à l’oeil, et je suis persuadée que son écho résonnera encore longtemps en moi…

Si ce n’est pas encore fait, je vous conseille chaleureusement d’aller découvrir cette pépite ! Elle vous touchera peut-être moins (peut-être plus ?) que moi, mais je suis certaine qu’elle vous fera passer un moment tout doux au cœur de la forêt…

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Inspirations vagabondes

Elantris : conquise par cette cité qui divise…

Il y a dix ans, la sublime cité d’Elantris, capitale de l’Arélon, a été frappée de malédiction. Ses portes sont désormais closes et nul ne sait ce qui se passe derrière ses murailles. Kae est devenue la première ville de l’Arélon. Quand la princesse Sarène y arrive pour épouser Raoden, l’héritier de la couronne, on lui apprend qu’il vient de mourir. Veuve d’un homme qu’elle n’a jamais vu, Sarène choisit pourtant de rester à la cour, et tente de percer le mystère d’Elantris…
~ Elantris, de Brandon Sanderson – Le Livre de Poche
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Petit à petit, je continue mon exploration de l’œuvre de Brandon Sanderson. Et si je m’étais promis de ne pas me lancer dans une autre de ses séries fantasy pour ne pas perdre le fil des Archives de Roshar, rien ne m’empêchait de dévorer ce petit pavé pour le Mois de la Fantasy

Sans surprise, j’ai adoré ! Une fois encore, j’ai été impressionnée par le talent de Sanderson, qui écrit une fantasy qui pourrait sembler très classique mais qui dépoussière le genre d’une manière cruellement efficace. Est-ce dû à l’écriture ? À des univers où tous les repères du genre sont là mais sont étoffés par de nombreux et minimes détails d’une profonde originalité ? Aux personnages, variés, travaillés, et eux aussi bien éloignés des schémas-types ? Quoi qu’il en soit, le mélange a brillamment fonctionné sur moi, et j’ai été happée du début à la fin.

J’ai adoré le postulat de départ : cette civilisation au sommet de sa gloire, qui chute brutalement de son piédestal, et un récit qui débute seulement dix ans plus tard, où se mêlent une incompréhension toujours présente et les tentatives de reconstruction d’une société pour ceux qui restent… Le récit se partage donc, au travers trois personnages, entre une transition politique qui peine à asseoir sa légitimité et l’étude des mystères de la chute d’Elantris, qui m’a passionnée et qui m’a transportée de révélations en révélations !

Presque autant que par l’intrigue, j’ai été profondément séduite par les personnages proposés. Si le premier personnage principal m’a plu dès le début puisqu’il correspond parfaitement aux archétypes qui me plaisent le plus, les deux autres ont aussi su me surprendre. J’ai d’habitude beaucoup de mal avec la « femme forte parce qu’elle fait de la politique », mais Sarène m’a énormément plu et j’ai aimé suivre ses efforts de conciliation. Le « représentant religieux » ne me plaît pas non plus d’habitude, mais Sanderson a réussi avec Hrathen à apporter de la nuance et de la nouveauté à ce type de personnage, qui m’a lui aussi plu davantage que je ne l’aurais cru !

Parmi l’œuvre de Sanderson, j’ai l’impression qu’Elantris divise : soit on adore, soit on s’ennuie profondément… De toute évidence, je fais partie des conquis ! Et vous, si vous l’avez lu, vous avez aimé ou détesté ?

Bilan des éléments : retour sur le Mois de la Fantasy !

Ça y est, le Mois de la Fantasy 2022 est terminé ! Comme d’habitude, ç’a été un vrai plaisir de farfouiller dans ma pile à lire pour trouver des lectures qui correspondent à cette édition du challenge de Steff de Pikiti Bouquine, et j’avais réussi à trouver de quoi remplir chaque catégorie !

Bien entendu, je suis loin d’avoir tout lu, mais voici un petit récapitulatif des lectures que j’ai pu faire pour valider ce Mois de la Fantasy :

Mine de rien, ça représente donc pas mal de lecture pour moi (notamment grâce au pavé de Sanderson), et ce ne furent que de très belles découvertes ! Et vous, votre Mois de la Fantasy s’est bien passé ? Quelle a été votre meilleure lecture en mai ?

Vangual, le gros plouf…

« Dwilom, vieux nain et maître brasseur, n’est vraiment pas en veine. Alors qu’il effectuait un acheminement important de tonneaux de bière jusqu’à Tamatur, la cité souveraine, le voilà maintenant encombré d’un compagnon de voyage indésirable dont la bêtise est aussi profonde que le gouffre qui lui sert d’estomac. Et comme si cela ne suffisait pas, Dwilom va se retrouver mêlé à un sombre complot aux répercussions inimaginables.
Loin de là, à Borthalion, un frère et une sœur reviennent au pays après de longues années d’absence. Mais de mystérieux meurtres sévissent dans la région et semblent être les prémices d’une plus grande tragédie.
Des destins différents… »
— C’est un peu classique, nan ? Passez-moi votre crayon !
— Quoi ? Non ! Arrêtez !
— Il manque un côté épique ! Imaginez des tambours (boum, boum, boum) : « Un monde fantastique au passé sanglant. » (bruits de basses) « Un vieux brasseur encombre son estomac de bière pendant que son frère qui est sa sœur joue des percussions inimaginables dans un gouffre. » (explosion puis le titre apparait) « Bienvenue sur Vangual ! Terre d’aventures et de mystères… »
— Non, non, non et non, cela n’a aucun sens ! Cette histoire est parfaitement absurde ! Et d’abord, qui êtes-vous et que faites-vous ici ?
— Un chevalier solitaire dans un monde dangereux. Un héros des temps modernes. Dernier recours des innocents, des sans-espoirs, victimes d’un monde cruel et impitoyable. Je suis Stra…
— Vous m’insupportez ! Sortez tout de suite d’ici !
— Mais, je…
— J’ai dit ouste ! Et plus vite que ça ! Vous n’êtes même pas dans cette histoire.
— Ah, ah bon ?
— Ni dans la suivante d’ailleurs. Du vent ! Bon sang, il m’a fait rater mon résumé cet imbécile…

~ Vangual, tome 1 : Le verrou du temps, de Forman – Auto-édité
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Ce livre a été reçu et est chroniqué dans le cadre d’un service presse : merci à l’auteur pour sa confiance !

Ô rage, ô désespoir, aurais-je donc raté quelque chose ? Lorsque l’auteur m’a gentiment proposé de découvrir son roman, j’étais emballée : une fantasy drôle et légère, avec pourtant ce qu’il faut d’intrigue et des personnages attachants, c’est un mélange efficace dont je raffole ! D’autant que tous les avis sont particulièrement élogieux, j’y suis donc allée les yeux fermés.

Quelle ne fut pas ma déception, donc, quand j’ai décroché dès les premières pages… Je n’ai malheureusement pas su trouver, même de loin, ni ce que promet le résumé ni ce que semblent y avoir vu les autres lecteurs. Point d’humour, même d’un genre qui ne me ferait pas spécialement rire, point de personnages approfondis ni d’histoire haletante… Plus qu’un mauvais livre en soi, il m’a plutôt fait l’effet d’un livre trop peu retravaillé après le premier jet. Les idées sont là, et pourraient être très efficaces si elles n’étaient pas entravées par une écriture peu claire, des formulations qui n’apportent que trop peu de profondeur, et une narration rendue confuse par un rythme inégal et des anecdotes souvent superflues.

Pourtant, certaines scènes sont visuellement très efficaces et ont assez bien fonctionné avec moi. L’écriture très factuelle (trop de « dire », pas assez de « montrer » pour que j’aie cette sensation de véracité des événements) pourrait parfois presque être celle d’un scénario de film, qui serait alors une aventure que j’irais voir avec plaisir.

Je regrette donc d’être passée complètement à côté de cette lecture, qui pourtant semble faire l’unanimité auprès du lectorat. Je ne saurais donc que vous encourager à vous faire votre propre avis : mon avis n’est que le mien, et ce roman a certainement toutes ses chances pour vous plaire !

L’Assassin Royal – La voie magique : en chemin vers l’inconnu…

Le roi Vérité est vivant ! Il a imposé une ultime mission à Fitz : « Rejoins-moi ! Loin sur les sentiers mystérieux de l’Art, au-delà du royaume des montagnes, le jeune homme se met en quête pour répondre à l’appel de son souverain affaibli. Mais il reste seul, pourchassé par les forces de Royal, l’usurpateur, et sans possibilité de compter sur ses propres alliés, qui le manipulent comme un simple pion. Or d’autres forces sont en marche… Dans son périple, Fitz va en effet se voir révéler son véritable statut : c’est par lui que s’accomplira, ou sera réduit à néant, le destin du royaume des Six-Duchés, et c’est là une charge bien lourde à porter quand on est traqué par ses ennemis, trahi par ses proches, et affaibli par la magie…
~ L’Assassin Royal – tome 5 : La voie magique, de Robin Hobb – J’ai Lu
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Ce cinquième tome se place dans le prolongement direct du tome précédent : toujours sur les routes, Fitz poursuit son voyage vers le Nord, luttant péniblement contre les volontés qui le voudraient anéanti.

Alors que le tome 4 est plus lent, plus introspectif puisque Fitz se retrouve seul face à lui-même, ce tome 5 reprend un rythme plus soutenu et les péripéties s’enchaînent ! Ses relations avec les personnages rencontrés au cours de son voyage évoluent, se densifient, et la sensation du but qui se rapproche est particulièrement prenante et très bien retranscrite. Le mystère reste entier sur leur destination et ce que l’équipée va y trouver, et on ne peut que spéculer au vu des visions qui tourmentent le jeune garçon.

J’ai eu le bonheur – comme Fitz – de retrouver un personnage que j’appréciais beaucoup lorsque le jeune garçon l’a côtoyé à Castelcerf. Il m’intriguait déjà à l’époque, et l’autrice lui donne dans ce tome-ci encore davantage de profondeur, et sa part de mystère ne fait que grandir ; que j’ai hâte d’en découvrir plus sur lui ! Fitz fait également la rencontre d’une vieille femme au caractère bien trempé et au passé obscur qui, elle aussi, titille ma curiosité…

Ce tome-ci est l’avant-dernier du cycle de la première époque, et on sent que l’autrice met les éléments en place pour préparer le final du tome suivant qui, j’espère, sera grandiose ! De quoi ai-je donc le plus hâte : terminer ce premier cycle, ou commencer (enfin !) les Aventuriers de la Mer ?

Retrouver d’autres tomes chroniqués :
Tome 4 : Le poison de la vengeance

Un Haut-Royaume toujours plus sombre…

Après la mort du Haut-Roi, s’ensuit une période de deuil pour le Haut-Royaume – période durant laquelle les complots se trament et les dagues s’aiguisent avant l’ouverture du testament royal. Le prince Yrdel, héritier légitime, et le prince Alan, soutenu par la reine et son frère le prince-cardinal Jall, se disputent déjà le trône en coulisses. Comme ils se disputent les faveurs de Lorn, capitaine d’une Garde d’Onyx de plus en plus puissante et influente…
De son côté, Lorn poursuit comme toujours ses propres objectifs tout en semblant servir le Haut-Royaume. Et quand la Guerre des Trois Princes éclate, il pourrait bien être celui qui apportera la victoire…
~ Haut-Royaume, tome 3 : Le Roi, de Pierre Pevel – Bragelonne
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J’ai une affection toute particulière pour cette saga, découverte il y a déjà quelques années : j’avais dévoré les deux premiers tomes, attendu la sortie du troisième en poche… et complètement oublié de continuer depuis. Il est plus que temps de rattraper mon retard !

Avant de me plonger dans ce tome 3, j’ai pris le temps de redécouvrir les deux premiers tomes en audio, et j’ai bien fait : je connaissais déjà l’histoire donc ça ne posait pas de problème de l’écouter d’une oreille distraite, et ça m’a permis de me rappeler pas mal de détails ! D’autant plus que cette version audio est plutôt bien lue et s’écoute facilement.

Quel bonheur de retrouver ces personnages et cet univers ! Comme les deux premiers, j’ai dévoré ce tome-ci en quelques heures à peine : le style est fluide et les pages se tournent à une vitesse folle… Les intrigues se complexifient, sans pour autant que l’on s’y perde, et il devient passionnant de suivre l’évolution des enjeux qui entourent les héritiers du trône.

Mais le sujet central est et demeure Lorn, ce personnage toujours aussi sombre, dont j’ai particulièrement aimé l’évolution dans ce tome-ci. Jusqu’à présent, il était celui que l’on suivait et tenait en haute estime. Petit à petit, à mesure que son humeur s’obscurcit, ses motivations deviennent moins claires, jusqu’à ce qu’on ne puisse plus savoir vraiment quels sont ses desseins et si on peut toujours, loyal lecteur, se fier à lui ou non…

Ce tome me relance donc dans cette saga chouchou, et j’y ai trouvé plus que mon compte : de l’action et des complots, des rebondissements, et un personnage de plus en plus mystérieux… Vivement le tome suivant !

Les Tambours du dieu noir : coup de génie dans le bayou

Louisiane. Années 1880. Tandis qu’une guerre de Sécession interminable démantèle les États-Unis d’Amérique, un complot menace La Nouvelle-Orléans, territoire indépendant libéré de l’esclavage, au cœur duquel les Tambours du dieu noir, une arme dévastatrice jalousement gardée, attisent les convoitises. Il faudra tout le courage et la ténacité de Jacqueline « LaVrille » – jeune pickpocket qui rêve de découvrir le monde –, ainsi que la magie ancestrale des dieux africains qui coule dans ses veines, pour se faire entendre et éviter le désastre.
[suivi de L’Étrange Affaire du djinn du Caire]
~ Les Tambours du dieu noir, de P. Djèli Clark – L’Atalante
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Peut-on être exalté, ému, emporté par un texte d’imaginaire de moins de 150 pages ? S’il faut encore prouver que oui, cet ouvrage le fait avec brio.

L’auteur propose pourtant quelque chose d’ambitieux : 144 pages pour mettre en place deux nouvelles, deux univers complètement distincts, avec leur passé, leurs personnages, leurs intrigues à part entière. Et pourtant, tout fonctionne. J’ai été happée dès le début par cette Nouvelle-Orléans aux accents steampunk, habitée par une mythologie issue de croyances africaines et vaudou que je suis maintenant d’autant plus curieuse de découvrir davantage ! Les personnages sont profondément convaincants, travaillés, tout en nuance, et je me suis particulièrement attachée au duo principal. Quant à l’intrigue, loin du scénario linéaire que l’on retrouve souvent en nouvelle, elle parvient au contraire à nous promener de rebondissement en révélation de manière haletante !

Même constat pour la seconde nouvelle, dont j’ai beaucoup aimé le côté très policier, avec une enquête particulièrement intriguante. L’univers est là encore d’une extrême richesse, exploitant cette fois-ci les légendes des djinns. Je ne suis certainement pas la seule à avoir voulu encore un peu de ces enquêtes du ministère de l’Alchimie, des Enchantements et des Entités surnaturelles, puisqu’une seconde nouvelle lui est consacrée, ainsi qu’un roman qui me tente énormément – mais suis-je la seule à également penser que ça serait le contexte rêvé pour une aventure de jeu de rôle ?

Les Tambours du dieu noir, c’est donc pour moi une double réussite ! Je fais maintenant confiance à l’auteur les yeux fermés, et je n’ai qu’une hâte : découvrir ses autres textes sans plus tarder !

PÀL des éléments : le Mois de la Fantasy est là !

S’il est un genre littéraire cher à mon cœur, c’est bien celui de la fantasy. C’est celui qui m’emporte dès les premières lignes, qui me fait voyager, rencontrer des peuples et des personnages hauts en couleurs, et passer par tant d’émotions… C’est donc avec une joie non dissimulée que, cette année encore, j’ai découvert les nouveaux défis que nous propose Stéphanie dans sa vidéo de présentation du Mois de la Fantasy 2022 !

Cette année, les forces de la nature sont à l’honneur, avec des défis de lecture répartis en quatre catégories : eau, feu, terre, et air. Voici donc les lectures parmi lesquelles je vais piocher ce mois de mai !

EAU


Voguer sur les flots
voyage, piraterie


Alchimie
magie, sorcellerie, druidisme


Tiens bon la vague
tome de saga

FEU


Se brûler les ailes
défi


C’est chaud patate
pavé, briquasse


Orangé
feu ou couleur orange sur la couverture

TERRE


Petit peuple
fées, lutins…


Découvrons le monde
école, apprentissage


Les doigts dans la boue
graphique, album

AIR


Léger comme l’air
livre de poche


Créatures ailées
dragons, fées…


Apprendre à voler
littérature jeunesse

Il est bien entendu évident que je ne lirai pas du tout ces douze livres en un mois, mais ce challenge devrait me permettre de me motiver pour dévorer toujours plus de fantasy ! Et vous, vous participez ? Vous vous prévoyez des lectures sympathiques ?

Kra : curieux voyage au pays de l’Ymr

Une corneille seule n’est pas une corneille.
Une corneille ne tue jamais une autre corneille.
Dans un futur proche ravagé par la pollution, un vieil homme nous raconte qu’une Corneille nommée Dar Duchesne – la première de tous les temps à avoir porté un nom – lui a raconté ses nombreuses vies et morts au pays de Kra…
~ Kra : Dar Duchesne dans les ruines de l’Ymr, de John Crowley – L’Atalante
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Est-ce que j’aurai réellement les mots pour décrire l’expérience que fut cette lecture ? Je n’en suis pas certaine. J’espère avoir au moins les mots pour vous convaincre de lui donner une chance, vous aussi…

Le résumé en dit peu, et c’est effectivement, concrètement, tout ce qu’il y a à en dire : un corbeau raconte ses nombreuses vies, alors que l’humanité se déroule devant ses yeux… Non pas des yeux de personnage, de narrateur, mais bien des yeux de corbeau : la plupart du temps, il ne comprend pas vraiment les humains et leurs sociétés, leurs croyances, leurs concepts. Il n’est qu’un corbeau, pragmatique, curieux, et très, très âgé.

Par cette approche profondément déconcertante, tel une bourrasque de plumes et de cris, le récit aborde tant de choses ! On y parle de la vie, de la mort, de la religion et de la spiritualité, de l’évolution, du monde réel et de l’au-delà, d’un monde peut-être entre les deux. On y parle de voyage, d’identité, de famille, d’amitié et d’amour, de relations jamais vraiment définies. On y parle des humains, des corbeaux, d’autres animaux, des sociétés, des communautés. On y parle du temps, aussi, un peu, et de bien d’autres choses encore…

C’est un récit dont on suit le fil sans jamais vraiment savoir où il nous mène, mais sans pour autant pouvoir le lâcher. Par des mondes réels et imaginaires, présents et passés, il m’a emportée, fascinée, presque hypnotisée. Au travers des yeux de Dar Duchesne, le monde paraît si vaste et si étrange, et pourtant d’une simplicité singulière ! Pour finir, le roman se termine presque comme un soupir : celui qui relâche la lente tornade des nombreuses vies de Dar Duchesne, le poids de tant de choses vécues, celui qui ramène, tout doucement et un peu à contrecœur, à la vie réelle…

Si ce roman vous interpelle, n’hésitez pas, donnez-lui une chance. Lisez-le, laissez-le vous emporter et vous bouleverser. Et qui sait, peut-être vous mettrez-vous, vous aussi, à chercher le long des routes et dans les champs ce vieux corbeau à la joue blanche…

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