Une histoire de magie : tromperie & déception au Pays des Contes

Brystal est une fée. Le seul ennui, c’est qu’au Pays des contes la magie est… illégale !
Pire, les rares enfants qui démontrent des capacités hors du commun sont envoyés au bagne à perpétuité. Heureusement pour l’adolescente, la pétulante Madame Mûredutemps vole à son secours avec une idée folle : ouvrir une académie de magie où ses étudiants apprendraient à utiliser leurs dons pour le bien de tous.
Mais à peine la jeune fée commence-t-elle à maîtriser ses capricieux pouvoirs que la directrice disparaît. Brystal et ses amis seront-ils capables de déjouer le sinistre complot qui menace l’avenir du Pays des contes… et de la magie elle-même ?
~ Une histoire de magie, tome 1, de Chris Colfer – Michel Lafon
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Alors que j’avais beaucoup aimé le premier tome du Pays des Contes, autre série du même auteur, je m’attendais à passer avec Une histoire de magie à passer un moment tout aussi agréable. Malheureusement, ce ne fut pas le cas…

Au vu du résumé, j’étais déjà préparée à une approche plus « jeunesse », avec une ligne narrative plus simple et des valeurs marquées de manière plus directe. Et justement, je pense que c’est au niveau du résumé que la déception s’est faite… Puisqu’il ne correspond pas à ce que l’on trouve dans le récit ! Alors que la quatrième de couverture vend l’arrivée de notre jeune héroïne dans une école de magie suivie d’une quête haletante et pleine de rebondissements, il s’agit en réalité d’une longue, très longue mise en place du personnage de Brystal et de ses camarades. L’arrivée à l’école de magie ne se fait que très tardivement, quant au basculement de l’intrigue évoqué en dernière ligne du résumé, il représente en fait la toute fin du roman, expédiée entre une bataille finale et une résolution hâtive. Je me suis donc plutôt ennuyée, attendant avec impatience des éléments qui ne sont pas venus.

Pour autant, toute la première partie aurait pu être intéressante : on y suit la jeune Brystal qui tente de se défaire des barrières que lui pose sa condition de femme, et rêve de laisser libre cours aussi bien à ses pouvoirs qu’à sa soif d’apprendre. Malheureusement là aussi, j’ai trouvé que le propos manquait de finesse. Cela se comprend parfaitement au vu de l’orientation « jeunesse » du texte, mais d’autres font passer leurs messages d’ouverture d’esprit, de bienveillance et de tolérance avec davantage de subtilité…

Dernier point que je déplore : cette série est présentée comme un préquel à celle du Pays des Contes, et… aucune mention n’y est faite. Pas un seul personnage issu de ce pays des contes, les royaumes n’ont pas du tout les mêmes noms, et on est même dans une société très proche ancrée dans la religion et la justice, notions qui, me semble-t-il, sont complètement absentes au Pays des Contes.

Malgré cette déception, je ne peux pas nier que l’auteur a su instiller une belle dose de magie dans ce roman, qui saura certainement émerveiller ses plus jeunes lecteurs. Malheureusement, du fait des promesses non tenues du résumé, l’enchantement n’a pas pris sur moi… Je me contenterai donc de garder l’excellent souvenir que j’ai du Pays des Contes !

Grandiose voyage dans l’imaginaire : par-delà les confins avec L’âme du chien

Croire les prophéties.
Celui qui étreint l’âme du désert, qui chevauche et détruit les mondes, n’a que peu de pitié pour ses ennemis et son peuple.
Du haut de Salabanka, la ville dorée, il s’enorgueillit du Destin que l’oracle lui a confié. Alors, quand la sibylle lui ordonne de trouver un bras droit, il s’exécute. Il lui faut un guerrier à l’âme de chien prêt à tout pour accomplir l’avenir glorieux de son maître.
~ L’âme du chien, d’Antoine Ducharme – Mnémos (Mu)
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Un premier roman qui « bouleverse les codes de la fantasy », publié dans un label qui explore les « ruptures dans le réel » ? Je dis oui, cent fois oui. Et je remercie chaleureusement les éditions Mnémos qui m’ont permis de découvrir ce court mais sublime roman.

L’âme du Chien, c’est deux personnages. Humains, ou plus vraiment. Colère et bestialité, violence, soif de combat et de sang. Leur histoire est liée par un destin commun, qui se réalisera aux frontières de ce monde que l’on distingue, trouble, éthéré, au travers de leur insaisissable relation. Épiques, ancestraux, les éléments se dévoilent un à un, mais toujours flotte cette part de mystère et d’inconnu ; et au centre, une certitude : le cavalier aux poings de colère et le guerrier à l’âme de chien.

L’âme du Chien, c’est des mots. Un style grandiose, sublime, vaporeux, où chaque mot est choisi avec soin, chaque phrase est ciselée avec art ; pour que chaque mot, chaque phrase ne contienne plus seulement un banal morceau de narration, mais une part de l’infini même de cet univers, de l’immensité de ces destinées, et peut-être d’encore autre chose. Si ce style peut être déconcertant, c’est en réalité un tableau magnifique que peint l’auteur : deux personnages pris dans la tempête des mots, des oracles et des prophéties, et la question qui les tourmente sans cesse : combattre ou abandonner ?

L’âme du Chien, c’est une expérience, une œuvre unique parmi les littératures de l’imaginaire, que chacun vivra à sa manière. Un voyage entre l’épique et l’intime, au plus près de la légende et de la prophétie, au cœur de l’humain et de ses incertitudes. La couverture rend parfaitement ces sensations particulières que je retiens de ma lecture : une bourrasque de mots, un personnage pris dans la tourmente, un récit sans cesse mouvant qui balaie tout sur son passage, et ne laisse au lecteur que des certitudes vacillantes, et de vastes questionnements. L’inéluctable l’est-il vraiment ? Un destin vaut-il vraiment le coup ? Une fois le prix payé, que retiendra-t-on ?

Je ne sais pas si j’ai réussi à rendre justice à cette pépite, mais j’espère vraiment avoir attisé votre curiosité : ce court roman ne plaira sans doute pas à tout le monde, mais si vous êtes à la recherche d’une lecture hors du commun sur les sentiers de l’imaginaire, n’hésitez pas une seconde de plus, foncez.

Voyage unique dans le Désert des couleurs

Dans le désert des couleurs, chaque grain de sable est un souvenir perdu et oublié. Marcher dans les dunes, c’est voir sa mémoire s’effacer. Alors pour se protéger, l’humanité s’est réfugiée dans le cratère d’un volcan. Mais depuis quelques temps, le sable monte chaque jour le long de ses pentes. Malgré les risques, une fille qui perd ses souvenirs, un garçon porteur de mémoire et un oiseau télépathe partent explorer le désert multicolore afin de trouver une solution pour lutter contre la crue. En chemin, ils se perdront. À la fin, ils se retrouveront.
~ Le Désert des couleurs, d’Aurélie Wellenstein – Scrineo
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J’avais envie de découvrir l’autrice depuis un moment, mais j’avais toujours un peu peur de la réputation très sombre de ses écrits. Quand j’ai découvert celui-ci en librairie, il m’a immédiatement interpelée, avec un résumé annonçant quelque chose de beaucoup plus lumineux…

J’attendais donc beaucoup de ce roman, et je n’ai pas du tout été déçue. L’écriture est belle, et crée avec un mélange de simplicité et de poésie un univers tangible, aux contours assez flous mais qui se dévoilent au fil du récit. Loin d’être frustrée par la concision de la mise en contexte, j’ai au contraire adoré la place que ces étendues de sable infinies laissent aux personnages pour se développer, et les innombrables passés que l’on peut imaginer derrière chaque grain de sable.

J’ai été conquise également par les personnages qu’elle a construits : ce duo d’explorateurs dont la mission pourra peut-être sauver le peuple entier, cet humaine et ce « demi-dieu » à la nature si particulière, ce frère et cette sœur à la relation complexe… Ils ont l’infini du désert pour eux seuls, mais ce roman est presque un huis clos au cœur de leur relation, sans cesse en évolution. Au fil des souvenirs, on assiste aux conflits et aux réconciliations, aux révélations, et quelque part presque en arrière plan, à l’avancement de leur quête.

L’autrice aborde dans ce roman un certain nombre de thématiques assez fortes, du traumatisme à la mémoire, des erreurs de l’humanité à la cause animale. Pourtant, j’ai trouvé qu’elle tentait de leur apporter une forme d’apaisement. Malgré certaines scènes très fortes, particulièrement poignantes, j’ai aimé la manière dont elle est parvenue à faire apparaître cet éclat de lumière coloré au milieu de l’obscurité…

Ce fut donc une première expérience particulièrement réussie avec Aurélie Wellenstein, une expérience unique, toute en nuance et en poésie, et j’essaierai de me procurer ses autres romans. D’ailleurs, lequel me conseillez-vous ? Est-ce que vous avez aimé celui-ci ?

Mois de l’imaginaire : le TAG des littératures SFFF !

Octobre vient tout juste de débuter, le mois de l’automne, des soupes et des citrouilles… Mais chez les éditeurs, c’est surtout le Mois de l’Imaginaire ! Pour l’occasion, de nombreux événements sont organisés, et les maisons d’édition remettent en lumière leurs anciennes et nouvelles parutions d’imaginaire. J’en profite donc moi aussi pour vous concocter un petit TAG spécial littératures SFFF, autour de notre rapport à ces univers et des titres qui nous ont marqués !

SF, fantasy ou fantastique ? 

Fantasy, sans une hésitation ! Je m’aventure parfois vers le fantastique, et me mets à explorer davantage la science-fiction, mais ce sont malgré tout les univers de fantasy qui me font le plus rêver et voyager…

Le livre qui représente ce que tu préfères en imaginaire

Pour son côté « conte » et « aventure initiatique », pour son univers incroyable devenu emblématique, pour son personnage si attachant et la part d’émerveillement qui transparaît tout au long du récit : Le Hobbit, de J.R.R. Tolkien !

Le sous-genre que tu aimes le moins ou que tu as le moins exploré

J’ai beaucoup de mal avec la romantasy (romance-fantasy), où j’ai trop souvent l’impression que l’univers imaginaire n’est qu’un prétexte pour raconter toujours la même romance… Sinon, je ne me suis toujours pas approchée de l’urban fantasy ou de la bit-lit ; un jour, qui sait ?

L’auteur.rice en qui tu as aveuglément confiance 

J’aurais pu dire Pratchett, dont les romans du Disque-Monde me font toujours passer un moment extraordinaire, mais il m’a malheureusement déçue lorsque j’ai voulu le découvrir dans un autre univers… Par contre, Brandon Sanderson est pour l’instant un sans faute, aussi bien en fantasy qu’en science-fiction !

Un livre que tu conseilles pour commencer la SFFF

Sans hésiter, l’univers de l’Assassin Royal, de Robin Hobb ! Il peut sembler impressionnant vu le nombre de tomes, mais l’univers est particulièrement fluide à appréhender, et l’autrice a un don pour créer des personnages qui nous poussent jusqu’aux plus sombres retranchements de nos émotions de lecteurs…

Une pépite trop peu connue 

Entre troll et ogre, de Marie-Catherine Daniel : un roman one-shot assez court, à l’univers d’une originalité déroutante et à la narration plutôt particulière, qui emmène ses lecteurs bien plus loin que le « simple » récit de fantasy…

L’univers imaginaire où tu aimerais passer des vacances

Même si le danger n’y est jamais vraiment loin, je serais très curieuse de passer une semaine à l’Institut St Mary’s, dans cet univers de Jodi Taylor où les historiens vont faire leurs recherches directement sur le terrain… Même pas peur, j’ai très envie de les suivre quelque temps ! Puis d’en revenir, bien entendu.

L’élément scénaristique qui te plaît à tous les coups 

Sans grande originalité, j’adore les récits qui emmènent un groupe de personnages à l’aventure ! Les voyages et les paysages, l’action et les rebondissements, les personnages différents qui se complètent dans une même quête… J’adore !

Ton dernier coup de cœur en SFFF 

Je ne sais pas encore s’il s’agira d’un coup de cœur, mais j’ai beaucoup aimé Le Désert des Couleurs, ma première découverte d’Aurélie Wellenstein. Ce roman m’a happée, touchée, bouleversée par moments, et j’en garde un très, très bon souvenir.

Ta lecture en cours ou ta prochaine lecture SFFF 

Je me suis récemment replongée dans la saga de science-fiction de Brandon Sanderson, avec son second tome Astrevise ; et pour l’instant c’est comme le premier : c’est génial et ça se dévore !

J’espère que ce petit TAG sur les littératures SFFF vous aura plu ; peut-être même avez-vous découvert de nouveaux titres ? Quoi qu’il en soit, n’hésitez pas à le reprendre de votre côté : répandons notre amour pour ce genre littéraire si divers, si vaste et si extraordinaire !

Un long, très long voyage : un voyage manqué…

Issu d’une famille de pêcheurs, Liesse doit quitter son village natal à la mort de son père. Fruste mais malin, il parvient à faire son chemin dans le comptoir commercial où il a été placé. Au point d’être pris comme secrétaire par Malvine Zélina de Félarasie, ambassadrice impériale dans l’Archipel, aristocrate promise aux plus grandes destinées politiques. Dans le sillage de la jeune femme, Liesse va s’embarquer pour un grand voyage loin de ses îles et devenir, au fil des ans, le témoin privilégié de la fin d’un Empire.
~ Un long voyage, de Claire Duvivier – Aux Forges de Vulcain (Audiolib pour la version audio)
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Ce livre a été reçu et est chroniqué dans le cadre d’un service presse : merci à NetGalley et à la maison d’édition pour leur confiance !

Le nom de Claire Duvivier commence à se faire une place sur les étagères de l’imaginaire francophone, et lorsque j’ai eu l’occasion de découvrir son premier roman, au format audio qui plus est, j’en ai bien volontiers profité !

Malheureusement, ce ne fut pas un franc succès pour moi… Il m’a fallu quelques tentatives pour réussir à entrer dans l’histoire auprès du personnage principal, narrateur au « je » qui d’ordinaire me happe très facilement. Une fois lancée, j’ai conservé jusqu’à la fin une représentation assez floue de la politique et de la hiérarchie en place, des éléments pourtant centraux à l’intrigue. Peut-être est-ce là une des raisons de ma petite déception : en fantasy, les contextes et personnages politiques sont de ceux qui me passionnent le moins… Dommage, n’est-ce pas ?

Concernant le narrateur, j’ai eu du mal à m’intéresser à lui. Tout au long de mon écoute, je suis restée assez détachée de ses troubles et questionnements personnels, ne comprenant que peu cette nécessité (dont il se justifie pourtant) de devoir parler de lui pour replacer « la Grande Histoire » dans un quelconque contexte. Je ne l’ai pas trouvé attachant, ni touchant, ni charismatique… complètement inintéressant, en somme. Le vrai personnage principal, Malvine Zélina de Félarasie, n’en était alors que plus lointain, femme forte éclipsée par la vie insipide d’un homme sans grande personnalité. Encore une fois : dommage.

Quant à l’intrigue… Quelque temps après la fin de mon écoute, je ne garde pas la sensation d’un enjeu important, et je serais même bien incapable de vous résumer le propos général du roman. En soi, ça n’est pas un élément qui me dérange, mais dans ce cas-ci il a certainement participé à ma perte d’intérêt. Ce qui m’a vraiment déçue, par contre, ce sont le retournement de situation final, sorti de nulle part, et la dernière partie faisant office d’épilogue, bien trop longue…

Peut-être qu’en découvrant ce texte au format écrit, j’aurais davantage apprécié la plume de l’autrice, et j’aurais peut-être mieux saisi l’intérêt de ce rythme lent. Je comprends la volonté de l’autrice de sortir des clichés de combats épiques, de complots machiavéliques et de secrets mystiques, et je suis moi-même plutôt adepte des récits qui sortent de cette manière des sentiers battus. Mais cette fois-ci, je suis passée à côté… Je suis d’ailleurs rassurée de voir que l’Ours Inculte semble partager mon ressenti ! Et vous, si vous l’avez lu, qu’en avez-vous pensé ? Me conseillez-vous de donner une chance aux autres romans de l’autrice ?

La fin d’une époque : L’Assassin Royal et sa Reine Solitaire

Voici donc la fin de la route pour Fitz Chevalerie, et tous les chemins de sa vie semblent aboutir au même endroit : dans cette région désolée au-delà du Royaume des montagnes où vivaient les Anciens, dont le retour devrait sauver les Six Duchés. Mais si Vérité, le roi légitime, fils de Subtil Loinvoyant, espère le soutien des anciens pour sauver son royaume de la terrible vengeance outrilienne, son frère, Royal, l’usurpateur qui règne d’une main de fer sur les duchés de l’intérieur abandonnant les duchés côtiers aux exactions des pirates rouges, a d’autres plans pour la réalisation desquels il a formé de nombreux clans d’Artiseurs. L’art imparfait de Fitz suffira-t-il à sauver la situation et pourra-t-il sauver son Roi et sa Reine de l’implacable soif de pouvoir de Royal.
~ L’Assassin Royal – tome 6 : La reine solitaire, de Robin Hobb – J’ai Lu
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Quel tome ! Voilà qui conclut magistralement la première époque de l’Assassin Royal, et je ne sais pas ce dont j’ai le plus hâte : découvrir (enfin !) les Aventuriers de la Mer, ou revenir auprès de ces personnages dont on pressent un destin encore plus chargé que prévu !

Ce tome correspond vraiment à un moment charnière, dans l’intrigue certes, mais peut-être avant tout pour les personnages. L’arc narratif parvient à une conclusion, et la tension se fait particulièrement présente pour Fitz et les siens, mais j’ai presque eu le sentiment que ce n’était pas le propos dans ce tome-ci, et que l’autrice souhaitait avant tout résoudre les intrigues ouvertes au cours des tomes précédents.

Pour moi, le cœur de ce tome-ci se trouve auprès des personnages. Éprouvés par les épreuves et les tensions, on sent qu’ils arrivent au bout de ce qu’ils peuvent donner, au maximum de ce qu’ils peuvent être. Fitz a passé les derniers tomes à se chercher, il est maintenant prêt pour le changement. Les autres aussi, passés les questionnements, finissent par se dévoiler et se métamorphoser – parfois même littéralement… Et alors que tous ces personnages que l’on a intimement suivis au cours de nombreux tomes sont enfin prêts à devenir autre chose, la suite d’eux-mêmes, la scène finale nous emmène à l’apogée de cette première époque avec des événements grandioses, et la promesse d’autres plus grandioses encore !

J’ai beaucoup aimé la manière dont l’autrice conclut cette première partie, avec un tome qui offre une magnifique transition entre la fin d’une époque et tous les possibles qu’elle ouvre pour la suivante. Vivement la suite, donc…

Retrouver d’autres tomes chroniqués :
Tome 4 : Le poison de la vengeance
Tome 5 : La voie magique

Rentrée littéraire : les nouveautés de l’imaginaire 2022

J’ai peu l’habitude de garder un œil sur les nouveautés, mais comme la rentrée littéraire arrive, ça me semble l’occasion idéale pour en faire ressortir le travail des éditions de l’imaginaire, encore trop peu mis en avant à mon goût. Voici donc une petite sélection des prochaines nouveautés d’août et septembre qui me font envie !

25 août : Un pays de fantômes, de Margaret Killjoy – Argyll
> plus d’infos chez l’éditeur
Peu adepte des intrigues très politiques, j’ai quand même été plutôt intriguée par celui-ci… Peut-être à cause du personnage principal, journaliste en reportage, qui pourrait apporter une narration et un point de vue assez novateurs ? En tout cas, j’avais beaucoup aimé Le Chien du Forgeron de Camille Leboulanger, que proposait déjà l’éditeur, et j’aimerais continuer à découvrir son catalogue !

25 août : La maison des feuilles, de Mark Z. Danielewski – Monsieur Toussaint Louverture
> plus d’infos chez l’éditeur
J’avais entendu parler de cet objet littéraire non identifié il y a un sacré paquet de temps, et il m’avait profondément intriguée. Puis je n’y ai plus repensé, puis j’ai appris que Monsieur Toussaint Louverture comptait s’en charger, puis je n’y toujours pas repensé… Jusqu’à découvrir l’annonce de cette nouvelle édition ! Je trépigne donc d’impatience à l’idée de pouvoir enfin découvrir cet ouvrage, d’autant plus qu’il s’agira à n’en pas douter d’un objet-livre absolument sublime…

31 août : Un gars et son chien à la fin du monde, de C.A. Fletcher – J’ai Lu
> plus d’infos chez l’éditeur
L’apocalypse, les humains, la civilisation… Dans ce roman, réédition en poche d’un livre que je ne connaissais pas du tout, on va parler de chiens. Je suppose que le lien humain-animal va être une thématique importante, et ça me tente beaucoup (contrairement à celle du post-apo, qui me parle peu). Je suppose aussi que cette lecture a de grandes chances de me faire verser toutes les larmes de mon corps, mais on verra bien…

15 septembre : Un psaume pour les recyclés sauvages, de Becky Chambers – L’Atalante
> plus d’infos chez l’éditeur
J’entends énormément parler de Becky Chambers, avec des avis tous plus élogieux les uns que les autres : forcément, je finis par avoir envie de la découvrir… Il paraît que celui-ci est particulièrement doux et cosy, avec beaucoup de questionnements et un peu de thé. Est-ce qu’il m’en faut plus pour avoir envie de tenter le coup ? Non.

22 septembre : Vorrh, de B. Catling – Pocket
> plus d’infos chez l’éditeur
Réédition en poche lui aussi, il s’agit là d’un roman qui traîne depuis longtemps dans un coin de ma tête. Entre ses pages, je m’imagine une forêt mystérieuse, un voyage extraordinaire aux limites du monde réel, une expérience de lecture unique… Sur le papier, tous les éléments sont là pour me plaire, et peut-être que cette sortie en poche sera l’occasion pour moi de découvrir enfin cet univers !

J’ai l’impression que cette année, la rentrée littéraire de l’imaginaire est particulièrement orientée sur les univers de science-fiction et les civilisations futuristes. Ce n’est peut-être qu’une impression, mais il semble qu’en ce moment les nouveautés tendent avant tout à questionner et ré-imaginer nos sociétés présentes et futures, au détriment des histoires de mystère et de magie que propose la fantasy. Le genre serait-il arrivé au bout de ses limites ? Ne serait-il plus capable d’apporter des univers originaux ou d’aborder les problématiques contemporaines ? Ou ne s’agit-il que d’une vague, qui finira par reculer pour laisser une autre prendre sa place ?

Quoi qu’il en soit, je suis assez impatiente de pouvoir découvrir ces quelques titres que j’ai repérés ! Et vous, quelles sont les prochaines parutions qui vous font de l’œil pour cette rentrée littéraire ?

 

Steam Sailors : embarquement immédiat à bord de l’Héliotrope

Il fut un temps où les Alchimistes nourrissaient le Haut et Bas-Monde de leurs inventions merveilleuses, produits de magie et de science. Un temps de machines extraordinaires, de prodiges électriques et d’individus aux pouvoirs fantastiques. Une époque révolue depuis que les Industriels ont éradiqué les Alchimistes et leur formidable savoir. Pourtant, on raconte qu’à l’aube de leur disparition, ils auraient caché leur fabuleux trésor dans une cité secrète…
Quatre siècles après la Grande-Fracture, les habitants du Bas-Monde traversent une ère obscure et rétrograde, tandis que le Haut-Monde, figé depuis l’extinction des Alchimistes, demeure inaccessible et fait l’objet de tous les fantasmes. Originaire du Bas-Monde, Prudence vit en paria car elle voit l’avenir en rêves. Une nuit, son village est attaqué par des pirates du ciel. Enlevée et enrôlée de force à bord de l’Héliotrope, un navire volant à la sinistre réputation, la jeune orpheline découvre un nouvel univers, celui du ciel et des pirates. Prudence fait la connaissance des membres de l’équipage, qui ne tardent pas à lui révéler leur secret : ils détiennent un indice, menant à une série de « clefs » disséminées dans le monde, qui permettait de retrouver la cité des Alchimistes…
~ Steam Sailors, tome 1 : L’Héliotrope, d’Ellie S. Green – Gulf Stream
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Après en avoir énormément entendu parlé, et alors qu’il faisait partie des recommandations de cet été pour le Challenge SFFF, je me suis enfin décidée à découvrir cette trilogie jeunesse à succès, et spoiler alert : j’ai beaucoup aimé !

J’ai trouvé l’univers très bien construit : en peu d’éléments, l’autrice met en place un monde crédible, avec son histoire, sa magie, ses continents… L’ensemble est parfaitement dosé pour qu’on ne se perde pas dans les détails tout en étant immédiatement happé.e par cette ambiance si singulière à base de bateaux volants et de vent dans les cheveux ! Quant à l’intrigue, elle fonctionne tout aussi bien. Tout au long du roman, on est embarqués avec la jeune Prudence dans un enchaînement de péripéties et de révélations qui ne faiblit jamais ! J’adore cette atmosphère de récit d’aventure jeunesse, de chasse au trésor et de secrets enfouis, et j’ai été joliment servie ici.

Autre tour de force de l’autrice : au-delà d’un univers authentique et d’une intrigue toujours plus prenante, elle parvient à proposer tout un éventail de personnages tous plus attachants les uns que les autres, équipage de bourrus au grand cœur. La confiance et la bienveillance qui les lie et qu’intègrera rapidement Prudence fait chaud au cœur, et ajoute au roman cette petite dose chaleureuse qui donne immanquablement envie d’y revenir… Et en ce qui concerne Prudence, je l’ai trouvée débrouillarde et dégourdie ; ses moments de doute n’en sont que plus touchants, et je suis curieuse de découvrir le secret que cache son passé…

J’ai passé un très bon moment à bord de l’Héliotrope : aventure et chasse aux trésor, secrets et magie… J’y retournerai avec grand plaisir avec les tomes suivants ; et si ce n’est pas encore fait, je vous conseille chaudement de, vous aussi, monter à bord !

Druide : sombres secrets au cœur de la forêt…

1123 après le Pacte.
Au nord vivent les hommes du froid et de l’acier, au sud errent les tribus nomades et au centre du monde règnent les druides. Leur immense forêt millénaire est un royaume d’ombres, d’arbres et de mystères. Nul ne le pénètre et tous le respectent au nom du Pacte Ancien. Les druides, seigneurs de la forêt, aident et conseillent les hommes avec sagesse mais un crime impensable bouleverse la loi de toutes les couronnes : dans la plus imprenable citadelle du Nord, quarante-neuf soldats ont été sauvagement assassinés sans que personne ne les entende seulement crier.
Certains voient là l’œuvre monstrueuse d’un mal ancien, d’autres usent du drame comme d’un prétexte pour relancer le conflit qui oppose les deux principales familles régnantes. Un druide, Obrigan, et ses deux apprentis ont pour mission de retrouver les assassins avant qu’une nouvelle guerre n’éclate. Mais pour la première fois, Obrigan, l’un des plus réputés maître loup de la forêt, se sent impuissant face à l’énigme sanglante qu’il doit élucider… Chaque nouvel indice soulève des questions auxquelles même les druides n’ont pas de réponses.
Une seule chose lui apparaît certaine : la mort de ces quarante-neuf innocents est liée aux secrets les plus noirs de la forêt.
~ Druide, d’Olivier Peru – Éditions Éclipse
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Ce livre est resté longtemps dans ma pàl : ce petit pavé plutôt sombre de réputation m’impressionnait, avec un petit côté horrifique peu rassurant… Finalement je me suis lancée, et tout va bien. Enfin…

J’avoue avoir refermé ce livre avec un sentiment assez mitigé. Sur certains points, c’était vraiment une excellente lecture : j’ai par exemple adoré l’atmosphère assez angoissante, qui donne presque une sensation de « huis-clos à ciel ouvert » lorsque la menace est dans les parages ! J’ai aussi beaucoup aimé l’univers en lui-même, avec ces ordres de druides qui entretiennent un lien particulier avec la forêt et mettent en place une relation touchante entre un maître et ses apprentis. La magie n’est pas réellement un pouvoir à part entière, c’est davantage quelque chose de l’ordre de l’instinct et de l’ouverture à la forêt et aux animaux ; en quelle sorte, elle m’a rappelé le Vif de l’Assassin Royal, avec une dimension plus sombre qui m’a particulièrement marquée. Quant à l’intrigue, elle apporte un côté « policier » plutôt plaisant à la trame classique de fantasy.

Pourtant, autant le début m’a happée, autant dès la moitié je décrochais déjà un peu… J’ai eu le sentiment que l’intrigue traînait en longueur, que les choses n’avançaient pas vraiment, et surtout que l’enquête initiale était complètement laissée de côté. Alors que le début tisse des liens entre la forêt et le monde extérieur, ces liens sont rapidement oubliés pour ne laisser que les druides renfermés sur eux-mêmes… Puis la grande révélation est arrivée, subitement, sous forme de récits dans le passé imbriqués les uns dans les autres et assez flous. Pouf, le mystère est levé, le problème est réglé, l’affaire est résolue. Finalement, il n’y aura pas vraiment eu d’enquête…

Je n’ai donc malheureusement pas été convaincue par le rythme de l’intrigue, défaut qui a pas mal pesé sur ma lecture. Pourtant, je n’ai pas passé un mauvais moment, puisque l’ambiance était prenante, et l’univers proposait des éléments intéressants. Je ne vous conseillerai donc que de vous faire votre propre avis si le livre vous intrigue, et je suis curieuse de savoir ce que vous en aurez pensé !

Bouleversante épopée dans les Mémoires de la Forêt

Dans la forêt de Bellécorce, au creux du chêne où Archibald Renard tient sa librairie, chaque animal qui le souhaite peut déposer le livre qu’il a écrit et espérer qu’il soit un jour acheté. Depuis que ses souvenirs le fuient, Ferdinand Taupe cherche désespérément à retrouver l’ouvrage qu’il a écrit pour compiler ses mémoires, afin de se rappeler les choses qu’il a faites et les gens qu’il a aimés. Il en existe un seul exemplaire, déposé à la librairie il y a des années. Mais justement, un mystérieux client vient de partir avec… À l’aide de vieilles photographies, Archibald et Ferdinand se lancent sur ses traces en forêt, dans un périple à la frontière du rêve, des souvenirs et de la réalité.
~ Mémoires de la forêt : Les souvenirs de Ferdinand Taupe, de Mickaël Brun-Arnaud, illustré par Sanoe – L’École des Loisirs
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Ce livre a été reçu et est chroniqué dans le cadre d’une masse critique Babelio : merci à la maison d’édition pour sa confiance !

La couverture et ses couleurs, le titre et le résumé, les retours plus que positifs… Tout dans cet ouvrage inspire une douceur et une tendresse que j’avais profondément envie de découvrir !

À lecture des premières pages, le ton très jeunesse a un tout petit peu refroidi mes attentes : même si je m’attendais à un texte jeunesse, je n’allais peut-être finalement pas être autant emportée que je le pensais par cet aspect très marqué. Et puis…

Et puis l’ambiance était au rendez-vous. Je n’étais pas lectrice, j’étais visiteuse de Bellécorce, minuscule souris qui suivait discrètement les personnages dans leurs péripéties. J’ai vu la lumière au travers des branches, j’ai senti les feuilles sous mes pieds, j’ai senti et goûté chacune des pâtisseries… Et, surtout, je me suis profondément attachée à ce duo de personnages que lie une très belle et émouvante amitié.

Finalement, le ton est juste comme il faut : il fallait simplement le temps que je passe d’un monde à l’autre… Le sujet de la maladie est amené avec subtilité, et l’auteur est parvenu à l’aborder d’une manière particulièrement lumineuse. Loin de plonger dans le deuil et la nostalgie, magnifiquement illustré, le récit est une ode à la beauté des souvenirs et à la valeur de l’amitié ; il va au-delà de la maladie, aborde de nombreuses autres thématiques, et crée une bulle de bienveillance et de belles valeurs. J’ai été profondément touchée, j’ai fini le roman avec la larme à l’oeil, et je suis persuadée que son écho résonnera encore longtemps en moi…

Si ce n’est pas encore fait, je vous conseille chaleureusement d’aller découvrir cette pépite ! Elle vous touchera peut-être moins (peut-être plus ?) que moi, mais je suis certaine qu’elle vous fera passer un moment tout doux au cœur de la forêt…

Retrouver ce livre dans une sélection thématique :
Inspirations vagabondes