Astrevise : vers les étoiles et au-delà !

Spensa est devenue pilote et s’est engagée dans la guerre sans fin qui oppose les derniers survivants de l’espèce humaine, menacée d’extinction, aux Krell, un mystérieux peuple extraterrestre. Ayant réussi à faire réhabiliter la mémoire de son père, accusé injustement de trahison, Spensa est maintenant membre à part entière de la Force de Défense Rebelle.
Alors qu’elle vient tout juste de commencer à prendre la mesure de ses nouveaux pouvoirs cytoniques, Spensa reçoit d’une extraterrestre mourante, Alanik, les coordonnées de la station spatiale Astrevise, où se trouve la clé de la survie de l’humanité. Elle décide d’infiltrer le lieu et se trouve malgré elle piégée dans des intrigues politiques qui la dépassent.
~ Skyward, tome 2 : Astrevise, de Brandon Sanderson – Le Livre de Poche
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Merci à l’éditeur pour sa confiance lors de l’envoi de ce titre !

Est-ce que le premier tome avait été un coup de cœur sidéral ? Oui. Est-ce que ce tome deux est à la hauteur ? Re-oui. Enfin, presque. Enfin, oui.

Je dois avouer que j’ai un tout petit peu moins accroché à ce deuxième tome en termes d’ambiance. Le premier se démarquait avec cette atmosphère unique d’école de pilotage spatial, qui m’avait ultra-emballée ; ici on sort de ce contexte pour découvrir un univers plus large, fascinant certes, mais qui perd ce côté « Top Gun ». D’autre part, cette ouverture vers d’autres cultures et des enjeux plus larges implique naturellement le développement d’intrigues plus politiques, et de machinations à plus grande échelle : ces éléments narratifs ne m’emportent pas autant que d’autres, et je reconnais n’avoir pas été aussi happée par ce tome-ci que par le précédent…

Pour autant, j’ai adoré. La narration de Brandon Sanderson est toujours aussi addictive et toujours aussi fluide, et il maîtrise toujours autant les retournements de situation. Il m’a bien chamboulé le cerveau une ou deux fois ici, avec des révélations qui donnent à chaque fois une toute nouvelle dimension au récit ! Quant aux combats aériens que j’aimais tant dans le premier tome, l’auteur est parvenu à en intégrer une belle dose ici aussi, pour ma plus grande satisfaction.

Astrevise nous emmène à la rencontre de nouvelles cultures et de nouveaux personnages, dont j’ai apprécié la diversité, aussi bien sur le plan des caractéristiques physiques (qui viennent d’ailleurs questionner et moderniser la conception classique des identités de genre chez les peuples non-terriens) que d’un point de vue moral. Ces nouveaux personnages sont aussi intrigants qu’attachants, mais ce sont bien Spensa et M-Bot qui continuent d’avoir toute mon affection…

Bien entendu, ce second tome finit lui aussi sur un cliffhanger qui ferait trépigner d’impatience le plus imperturbable des cailloux, et je n’ai qu’une hâte : découvrir le tome 3.

Retrouver d’autres tomes chroniqués :
Tome 1 : Vers les étoiles

The Walking Souris : Scurry

Un groupe de souris domestiques lutte pour survivre à un long et étrange hiver. Les humains ont disparu, le soleil se pointe rarement et une pluie froide et sombre empoisonne tout ce qu’elle touche. Les souris, qui dépendaient des humains pour se nourrir, s’accrochent obstinément à leurs vieilles habitudes, pillant les maisons abandonnées à la recherche des restes qu’elles peuvent trouver…
~ Scurry, tome 1 : La colonie condamnée, de Mac Smith – Delcourt
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Voici ma lecture d’Halloween ! Un crâne sur la couverture, des couleurs sombres et automnales, une lecture graphique rapide : que demander de plus pour une telle journée ?

D’ordinaire avec les graphiques, j’ai la sensation de survoler l’histoire et ses personnages plus que d’y plonger tête la première. Ça ne m’empêche pas forcément d’apprécier, mais me laisse souvent un arrière-goût de « j’en aurais voulu davantage ». Dans Scurry, j’ai été happée dès le début. L’efficacité de la narration et la présentation des personnages m’ont immédiatement convaincue, et j’ai vécu cette lecture avec beaucoup d’intensité et d’émotions.

Et quelles émotions… Plus que dans un univers effrayant, on est ici face à une situation complexe, où la survie d’un peuple de souris est en péril. Un peu à la « The Walking Dead », le danger réside autant dans la menace au-dehors que parmi les individus du groupe… Ce fut donc une agréable surprise, d’autant plus que la narration traite son sujet de souris et de chats avec une maturité à laquelle je ne m’attendais pas.

Et vous, quelle a été votre lecture d’Halloween ? Ou la lecture qui, selon vous, correspond le mieux à la saison ?

Mystère au coeur des brumes : Mexican Gothic

Après avoir reçu un mystérieux appel à l’aide de sa cousine récemment mariée, Noemí Taboada se rend à High Place, un manoir isolé dans la campagne mexicaine. Elle ignore ce qu’elle va y trouver, ne connaissant ni la région ni le compagnon de sa cousine, un séduisant Anglais.
Avec ses robes chic et son rouge à lèvres, Noemí semble plus à sa place aux soirées mondaines de Mexico que dans une enquête de détective amateur. Elle n’a pourtant peur ni de l’époux de sa cousine, un homme à la fois troublant et hostile, ni du patriarche de la famille, fasciné par son invitée… ni du manoir lui-même, qui projette dans les rêves de Noemí des visions de meurtre et de sang.
Car High Place cache bien des secrets entre ses murs. Autrefois, la fortune colossale de la famille la préservait des regards indiscrets. Aujourd’hui, Noemí découvre peu à peu d’effrayantes histoires de violence et de folie.
~ Mexican Gothic, de Silvia Moreno-Garcia – Bragelonne
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Ce livre a longtemps attendu dans ma pile à lire pour le moment le plus opportun. Entre une fin octobre halloweenesque et un début novembre brumeux et pluvieux, ce moment est enfin arrivé, et j’ai bien fait d’attendre puisque je me suis régalée !

J’ai été conquise dès la première page. L’ambiance est brumeuse à souhait, mystérieuse bien comme il faut, le huis-clos de High Place est aussi étouffant que fascinant ! J’adore ces ambiances, et je me suis prise au jeu de tenter de déceler, aux côtés de Noemí, les personnages de confiance et les éléments dont se méfier…

J’ai particulièrement apprécié l’hommage fait au genre du fantastique, où le doute plane toujours un peu et où la frontière entre le réel et le cauchemar semble fragile. J’ai aussi aimé repérer quelques clins d’œil à Lovecraft, non pas dans le propos en lui-même, mais dans la narration, avec une manière toute particulière d’apporter certains éléments (pas facile d’en dire plus, il faut que vous gardiez la surprise !), sans pour autant oublier un petit pied de nez aux tendances racistes de l’auteur…

Côté personnages, j’ai apprécié la galerie qui nous est présentée, certes parfois un peu caricaturale, mais qui à mon avis contribue à faire de High Place un endroit particulier, comme s’il était impossible là-bas de ne pas sombrer dans les extrêmes… Noemí est une jeune femme pleine de nuances, qui oscille entre force pragmatique et doute grandissant. Quant au dénouement, même si je m’attendais forcément à une apogée de noirceur et d’horreur, je dois avouer qu’elle a très bien fonctionné sur moi, et que les révélations finales ont su faire leur petit effet, tandis que je lisais, le soir, à la nuit noire…

Je reconnais que l’ensemble reste assez linéaire, mais justement : sans chercher à révolutionner les genres, ce roman reprend beaucoup de codes, les place dans un récit convaincant et ajoute une pointe de modernité, pour un résultat diablement efficace. On m’a promis un récit gothique fantastique, et j’ai eu exactement ce que je voulais : cette lecture fut donc une grande réussite pour moi !

Une histoire de magie : tromperie & déception au Pays des Contes

Brystal est une fée. Le seul ennui, c’est qu’au Pays des contes la magie est… illégale !
Pire, les rares enfants qui démontrent des capacités hors du commun sont envoyés au bagne à perpétuité. Heureusement pour l’adolescente, la pétulante Madame Mûredutemps vole à son secours avec une idée folle : ouvrir une académie de magie où ses étudiants apprendraient à utiliser leurs dons pour le bien de tous.
Mais à peine la jeune fée commence-t-elle à maîtriser ses capricieux pouvoirs que la directrice disparaît. Brystal et ses amis seront-ils capables de déjouer le sinistre complot qui menace l’avenir du Pays des contes… et de la magie elle-même ?
~ Une histoire de magie, tome 1, de Chris Colfer – Michel Lafon
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Alors que j’avais beaucoup aimé le premier tome du Pays des Contes, autre série du même auteur, je m’attendais à passer avec Une histoire de magie à passer un moment tout aussi agréable. Malheureusement, ce ne fut pas le cas…

Au vu du résumé, j’étais déjà préparée à une approche plus « jeunesse », avec une ligne narrative plus simple et des valeurs marquées de manière plus directe. Et justement, je pense que c’est au niveau du résumé que la déception s’est faite… Puisqu’il ne correspond pas à ce que l’on trouve dans le récit ! Alors que la quatrième de couverture vend l’arrivée de notre jeune héroïne dans une école de magie suivie d’une quête haletante et pleine de rebondissements, il s’agit en réalité d’une longue, très longue mise en place du personnage de Brystal et de ses camarades. L’arrivée à l’école de magie ne se fait que très tardivement, quant au basculement de l’intrigue évoqué en dernière ligne du résumé, il représente en fait la toute fin du roman, expédiée entre une bataille finale et une résolution hâtive. Je me suis donc plutôt ennuyée, attendant avec impatience des éléments qui ne sont pas venus.

Pour autant, toute la première partie aurait pu être intéressante : on y suit la jeune Brystal qui tente de se défaire des barrières que lui pose sa condition de femme, et rêve de laisser libre cours aussi bien à ses pouvoirs qu’à sa soif d’apprendre. Malheureusement là aussi, j’ai trouvé que le propos manquait de finesse. Cela se comprend parfaitement au vu de l’orientation « jeunesse » du texte, mais d’autres font passer leurs messages d’ouverture d’esprit, de bienveillance et de tolérance avec davantage de subtilité…

Dernier point que je déplore : cette série est présentée comme un préquel à celle du Pays des Contes, et… aucune mention n’y est faite. Pas un seul personnage issu de ce pays des contes, les royaumes n’ont pas du tout les mêmes noms, et on est même dans une société très proche ancrée dans la religion et la justice, notions qui, me semble-t-il, sont complètement absentes au Pays des Contes.

Malgré cette déception, je ne peux pas nier que l’auteur a su instiller une belle dose de magie dans ce roman, qui saura certainement émerveiller ses plus jeunes lecteurs. Malheureusement, du fait des promesses non tenues du résumé, l’enchantement n’a pas pris sur moi… Je me contenterai donc de garder l’excellent souvenir que j’ai du Pays des Contes !

Grandiose voyage dans l’imaginaire : par-delà les confins avec L’âme du chien

Croire les prophéties.
Celui qui étreint l’âme du désert, qui chevauche et détruit les mondes, n’a que peu de pitié pour ses ennemis et son peuple.
Du haut de Salabanka, la ville dorée, il s’enorgueillit du Destin que l’oracle lui a confié. Alors, quand la sibylle lui ordonne de trouver un bras droit, il s’exécute. Il lui faut un guerrier à l’âme de chien prêt à tout pour accomplir l’avenir glorieux de son maître.
~ L’âme du chien, d’Antoine Ducharme – Mnémos (Mu)
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Un premier roman qui « bouleverse les codes de la fantasy », publié dans un label qui explore les « ruptures dans le réel » ? Je dis oui, cent fois oui. Et je remercie chaleureusement les éditions Mnémos qui m’ont permis de découvrir ce court mais sublime roman.

L’âme du Chien, c’est deux personnages. Humains, ou plus vraiment. Colère et bestialité, violence, soif de combat et de sang. Leur histoire est liée par un destin commun, qui se réalisera aux frontières de ce monde que l’on distingue, trouble, éthéré, au travers de leur insaisissable relation. Épiques, ancestraux, les éléments se dévoilent un à un, mais toujours flotte cette part de mystère et d’inconnu ; et au centre, une certitude : le cavalier aux poings de colère et le guerrier à l’âme de chien.

L’âme du Chien, c’est des mots. Un style grandiose, sublime, vaporeux, où chaque mot est choisi avec soin, chaque phrase est ciselée avec art ; pour que chaque mot, chaque phrase ne contienne plus seulement un banal morceau de narration, mais une part de l’infini même de cet univers, de l’immensité de ces destinées, et peut-être d’encore autre chose. Si ce style peut être déconcertant, c’est en réalité un tableau magnifique que peint l’auteur : deux personnages pris dans la tempête des mots, des oracles et des prophéties, et la question qui les tourmente sans cesse : combattre ou abandonner ?

L’âme du Chien, c’est une expérience, une œuvre unique parmi les littératures de l’imaginaire, que chacun vivra à sa manière. Un voyage entre l’épique et l’intime, au plus près de la légende et de la prophétie, au cœur de l’humain et de ses incertitudes. La couverture rend parfaitement ces sensations particulières que je retiens de ma lecture : une bourrasque de mots, un personnage pris dans la tourmente, un récit sans cesse mouvant qui balaie tout sur son passage, et ne laisse au lecteur que des certitudes vacillantes, et de vastes questionnements. L’inéluctable l’est-il vraiment ? Un destin vaut-il vraiment le coup ? Une fois le prix payé, que retiendra-t-on ?

Je ne sais pas si j’ai réussi à rendre justice à cette pépite, mais j’espère vraiment avoir attisé votre curiosité : ce court roman ne plaira sans doute pas à tout le monde, mais si vous êtes à la recherche d’une lecture hors du commun sur les sentiers de l’imaginaire, n’hésitez pas une seconde de plus, foncez.

Voyage unique dans le Désert des couleurs

Dans le désert des couleurs, chaque grain de sable est un souvenir perdu et oublié. Marcher dans les dunes, c’est voir sa mémoire s’effacer. Alors pour se protéger, l’humanité s’est réfugiée dans le cratère d’un volcan. Mais depuis quelques temps, le sable monte chaque jour le long de ses pentes. Malgré les risques, une fille qui perd ses souvenirs, un garçon porteur de mémoire et un oiseau télépathe partent explorer le désert multicolore afin de trouver une solution pour lutter contre la crue. En chemin, ils se perdront. À la fin, ils se retrouveront.
~ Le Désert des couleurs, d’Aurélie Wellenstein – Scrineo
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J’avais envie de découvrir l’autrice depuis un moment, mais j’avais toujours un peu peur de la réputation très sombre de ses écrits. Quand j’ai découvert celui-ci en librairie, il m’a immédiatement interpelée, avec un résumé annonçant quelque chose de beaucoup plus lumineux…

J’attendais donc beaucoup de ce roman, et je n’ai pas du tout été déçue. L’écriture est belle, et crée avec un mélange de simplicité et de poésie un univers tangible, aux contours assez flous mais qui se dévoilent au fil du récit. Loin d’être frustrée par la concision de la mise en contexte, j’ai au contraire adoré la place que ces étendues de sable infinies laissent aux personnages pour se développer, et les innombrables passés que l’on peut imaginer derrière chaque grain de sable.

J’ai été conquise également par les personnages qu’elle a construits : ce duo d’explorateurs dont la mission pourra peut-être sauver le peuple entier, cet humaine et ce « demi-dieu » à la nature si particulière, ce frère et cette sœur à la relation complexe… Ils ont l’infini du désert pour eux seuls, mais ce roman est presque un huis clos au cœur de leur relation, sans cesse en évolution. Au fil des souvenirs, on assiste aux conflits et aux réconciliations, aux révélations, et quelque part presque en arrière plan, à l’avancement de leur quête.

L’autrice aborde dans ce roman un certain nombre de thématiques assez fortes, du traumatisme à la mémoire, des erreurs de l’humanité à la cause animale. Pourtant, j’ai trouvé qu’elle tentait de leur apporter une forme d’apaisement. Malgré certaines scènes très fortes, particulièrement poignantes, j’ai aimé la manière dont elle est parvenue à faire apparaître cet éclat de lumière coloré au milieu de l’obscurité…

Ce fut donc une première expérience particulièrement réussie avec Aurélie Wellenstein, une expérience unique, toute en nuance et en poésie, et j’essaierai de me procurer ses autres romans. D’ailleurs, lequel me conseillez-vous ? Est-ce que vous avez aimé celui-ci ?

Mois de l’imaginaire : le TAG des littératures SFFF !

Octobre vient tout juste de débuter, le mois de l’automne, des soupes et des citrouilles… Mais chez les éditeurs, c’est surtout le Mois de l’Imaginaire ! Pour l’occasion, de nombreux événements sont organisés, et les maisons d’édition remettent en lumière leurs anciennes et nouvelles parutions d’imaginaire. J’en profite donc moi aussi pour vous concocter un petit TAG spécial littératures SFFF, autour de notre rapport à ces univers et des titres qui nous ont marqués !

SF, fantasy ou fantastique ? 

Fantasy, sans une hésitation ! Je m’aventure parfois vers le fantastique, et me mets à explorer davantage la science-fiction, mais ce sont malgré tout les univers de fantasy qui me font le plus rêver et voyager…

Le livre qui représente ce que tu préfères en imaginaire

Pour son côté « conte » et « aventure initiatique », pour son univers incroyable devenu emblématique, pour son personnage si attachant et la part d’émerveillement qui transparaît tout au long du récit : Le Hobbit, de J.R.R. Tolkien !

Le sous-genre que tu aimes le moins ou que tu as le moins exploré

J’ai beaucoup de mal avec la romantasy (romance-fantasy), où j’ai trop souvent l’impression que l’univers imaginaire n’est qu’un prétexte pour raconter toujours la même romance… Sinon, je ne me suis toujours pas approchée de l’urban fantasy ou de la bit-lit ; un jour, qui sait ?

L’auteur.rice en qui tu as aveuglément confiance 

J’aurais pu dire Pratchett, dont les romans du Disque-Monde me font toujours passer un moment extraordinaire, mais il m’a malheureusement déçue lorsque j’ai voulu le découvrir dans un autre univers… Par contre, Brandon Sanderson est pour l’instant un sans faute, aussi bien en fantasy qu’en science-fiction !

Un livre que tu conseilles pour commencer la SFFF

Sans hésiter, l’univers de l’Assassin Royal, de Robin Hobb ! Il peut sembler impressionnant vu le nombre de tomes, mais l’univers est particulièrement fluide à appréhender, et l’autrice a un don pour créer des personnages qui nous poussent jusqu’aux plus sombres retranchements de nos émotions de lecteurs…

Une pépite trop peu connue 

Entre troll et ogre, de Marie-Catherine Daniel : un roman one-shot assez court, à l’univers d’une originalité déroutante et à la narration plutôt particulière, qui emmène ses lecteurs bien plus loin que le « simple » récit de fantasy…

L’univers imaginaire où tu aimerais passer des vacances

Même si le danger n’y est jamais vraiment loin, je serais très curieuse de passer une semaine à l’Institut St Mary’s, dans cet univers de Jodi Taylor où les historiens vont faire leurs recherches directement sur le terrain… Même pas peur, j’ai très envie de les suivre quelque temps ! Puis d’en revenir, bien entendu.

L’élément scénaristique qui te plaît à tous les coups 

Sans grande originalité, j’adore les récits qui emmènent un groupe de personnages à l’aventure ! Les voyages et les paysages, l’action et les rebondissements, les personnages différents qui se complètent dans une même quête… J’adore !

Ton dernier coup de cœur en SFFF 

Je ne sais pas encore s’il s’agira d’un coup de cœur, mais j’ai beaucoup aimé Le Désert des Couleurs, ma première découverte d’Aurélie Wellenstein. Ce roman m’a happée, touchée, bouleversée par moments, et j’en garde un très, très bon souvenir.

Ta lecture en cours ou ta prochaine lecture SFFF 

Je me suis récemment replongée dans la saga de science-fiction de Brandon Sanderson, avec son second tome Astrevise ; et pour l’instant c’est comme le premier : c’est génial et ça se dévore !

J’espère que ce petit TAG sur les littératures SFFF vous aura plu ; peut-être même avez-vous découvert de nouveaux titres ? Quoi qu’il en soit, n’hésitez pas à le reprendre de votre côté : répandons notre amour pour ce genre littéraire si divers, si vaste et si extraordinaire !

Un long, très long voyage : un voyage manqué…

Issu d’une famille de pêcheurs, Liesse doit quitter son village natal à la mort de son père. Fruste mais malin, il parvient à faire son chemin dans le comptoir commercial où il a été placé. Au point d’être pris comme secrétaire par Malvine Zélina de Félarasie, ambassadrice impériale dans l’Archipel, aristocrate promise aux plus grandes destinées politiques. Dans le sillage de la jeune femme, Liesse va s’embarquer pour un grand voyage loin de ses îles et devenir, au fil des ans, le témoin privilégié de la fin d’un Empire.
~ Un long voyage, de Claire Duvivier – Aux Forges de Vulcain (Audiolib pour la version audio)
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Ce livre a été reçu et est chroniqué dans le cadre d’un service presse : merci à NetGalley et à la maison d’édition pour leur confiance !

Le nom de Claire Duvivier commence à se faire une place sur les étagères de l’imaginaire francophone, et lorsque j’ai eu l’occasion de découvrir son premier roman, au format audio qui plus est, j’en ai bien volontiers profité !

Malheureusement, ce ne fut pas un franc succès pour moi… Il m’a fallu quelques tentatives pour réussir à entrer dans l’histoire auprès du personnage principal, narrateur au « je » qui d’ordinaire me happe très facilement. Une fois lancée, j’ai conservé jusqu’à la fin une représentation assez floue de la politique et de la hiérarchie en place, des éléments pourtant centraux à l’intrigue. Peut-être est-ce là une des raisons de ma petite déception : en fantasy, les contextes et personnages politiques sont de ceux qui me passionnent le moins… Dommage, n’est-ce pas ?

Concernant le narrateur, j’ai eu du mal à m’intéresser à lui. Tout au long de mon écoute, je suis restée assez détachée de ses troubles et questionnements personnels, ne comprenant que peu cette nécessité (dont il se justifie pourtant) de devoir parler de lui pour replacer « la Grande Histoire » dans un quelconque contexte. Je ne l’ai pas trouvé attachant, ni touchant, ni charismatique… complètement inintéressant, en somme. Le vrai personnage principal, Malvine Zélina de Félarasie, n’en était alors que plus lointain, femme forte éclipsée par la vie insipide d’un homme sans grande personnalité. Encore une fois : dommage.

Quant à l’intrigue… Quelque temps après la fin de mon écoute, je ne garde pas la sensation d’un enjeu important, et je serais même bien incapable de vous résumer le propos général du roman. En soi, ça n’est pas un élément qui me dérange, mais dans ce cas-ci il a certainement participé à ma perte d’intérêt. Ce qui m’a vraiment déçue, par contre, ce sont le retournement de situation final, sorti de nulle part, et la dernière partie faisant office d’épilogue, bien trop longue…

Peut-être qu’en découvrant ce texte au format écrit, j’aurais davantage apprécié la plume de l’autrice, et j’aurais peut-être mieux saisi l’intérêt de ce rythme lent. Je comprends la volonté de l’autrice de sortir des clichés de combats épiques, de complots machiavéliques et de secrets mystiques, et je suis moi-même plutôt adepte des récits qui sortent de cette manière des sentiers battus. Mais cette fois-ci, je suis passée à côté… Je suis d’ailleurs rassurée de voir que l’Ours Inculte semble partager mon ressenti ! Et vous, si vous l’avez lu, qu’en avez-vous pensé ? Me conseillez-vous de donner une chance aux autres romans de l’autrice ?

Les Voies d’Anubis : magie mystique et toison drue

Vraiment, pourquoi Brendan Doyle, jeune professeur californien, aurait-il refusé de faire à Londres cette conférence payée à prix d’or? Comment deviner que l’attend la plus folle et la plus périlleuse des aventures ?
Voyez plutôt : à peine arrivé, le voici précipité, par une mystérieuse brèche temporelle, dans les bas-fonds de Londres. De Londres en 1810 ! Sorciers, sectes et rumeurs de loup-garou … Et, nul doute, quelqu’un cherche à l’enlever sinon à le tuer ! Au hasard de sa fuite, Doyle régressera jusqu’en 1685 puis sera projeté dans l’Égypte de 1811 où des magiciens vénèrent encore le dieu Anubis.
Traqué, maintes fois capturé et toujours s’échappant, il cherche à corps perdu la « brèche » du retour.
~ Les Voies d’Anubis, de Tim Powers – Bragelonne
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Vous connaissez forcément ces films d’aventure du dimanche après-midi, qui entraînent leurs personnages en quête d’un trésor ancien, au travers d’un chemin parsemé d’embûches et saupoudré d’une pointe de mythologie surnaturelle… C’est exactement l’effet que m’a fait cette lecture !

Tous les éléments sont là : le personnage principal tiré de son train-train quotidien pour une expérience extraordinaire, le vieil homme et sa fortune dépensée pour un projet fou, le plan qui dérape dès le début, et les nombreuses péripéties qui s’en suivent ! J’ai adoré cette ambiance très particulière de pure aventure de divertissement : je l’ai lu en n’attendant rien de plus qu’un bon moment, et j’ai eu exactement ce que je voulais. L’intrigue apporte des éléments de voyage temporel, réécrit le mythe du loup-garou, emprunte à la mythologie égyptienne et va même jusqu’à tremper un orteil dans les eaux des manipulés génétiques et de la poésie… Un ensemble de grands écarts par lesquels l’auteur s’assure de ne pas ennuyer son lecteur !

Pourtant, vers la fin, je commençais un peu à m’impatienter d’en voir le bout… Je suis arrivée au dernier tiers sur une période où, ayant beaucoup moins de temps disponible, j’ai dû avancer dans cette lecture de manière beaucoup plus fractionnée. Je ne sais pas jusqu’à quelle proportion ç’a joué, en tout cas j’ai trouvé que la fin manquait de cohésion et traînait un peu en longueur. Tous ces éléments disparates n’ont pas vraiment été réunis dans un grand final éclatant, et j’ai finalement trouvé la présence des fameuses « Voies d’Anubis » presque trop ténue, éclipsée par le reste.

Finalement, je maintiens que j’ai passé un bon moment avec cette lecture. Elle ne m’aura pas surprise en proposant davantage de profondeur que prévu, mais elle aura malgré tout rempli ses fonctions de divertissement : si vous entrez dedans, vous saurez à quoi vous attendre !

Journal d’un Assasynth, chroniques d’un androïde introverti

« J’aurais pu faire un carnage dès l’instant où j’ai piraté mon module superviseur ; en tout cas, si je n’avais pas découvert un accès au bouquet de chaînes de divertissement relayées par les satellites de la compagnie. 35 000 heures plus tard, aucun meurtre à signaler, mais, à vue de nez, un peu moins de 35 000 heures de films, de séries, de lectures, de jeux et de musique consommés. Comme impitoyable machine à tuer, on peut difficilement faire pire. »
Et quand notre androïde de sécurité met au jour un complot visant à éliminer les clients qu’il est censé protéger, il ne recule ni devant le sabotage ni devant l’assassinat ; il s’interpose même face au danger, quitte à y laisser des morceaux.
~ Journal d’un Assasynth : tomes 1 à 3, de Martha Wells – L’Atalante
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Quand sont passés dans mes mains les trois premiers tomes de cette série, que j’ai vu leur taille d’à peine 130 pages et le nombre de prix qu’ils ont reçus, je me suis dit que quitte à les avoir à disposition, autant prendre le temps de les découvrir. Et ce fut une excellente décision !

Au travers de ces trois tomes très courts (qui ne forment que le début de la saga semble-t-il), l’autrice met en place un univers de science-fiction très accessible et un personnage profondément attachant. Les codes du space opera réutilisés ici permettent de prendre rapidement ses marques, et c’est au travers du personnage et des intrigues que l’on découvre peu à peu les spécificités de cet univers-ci. Peu habituée à ce genre, justement, j’ai réussi à m’attacher dès le début au personnage, androïde à la personnalité très particulière : croise-t-on souvent un androïde dont la seule envie est de rester dans son coin à dévorer des séries TV ? En mettant en place un personnage décalé et un univers plutôt simplifié, l’autrice propose ici quelque chose d’assez original je trouve, et qui a très bien fonctionné avec moi !

Côté histoire, j’ai aussi énormément aimé ce que l’autrice propose : elle met en place dès le début une intrigue qu’elle poursuit comme un fil rouge sur chaque tome. Chacun présente un épisode à part entière, avec ses éléments de départ, son aventure et ses péripéties propres, mais s’inscrivant toujours dans la quête générale du personnage. En soi, les tomes se suffisent donc à eux-mêmes, et j’ai apprécié cet équilibre maîtrisé, qui donne davantage la sensation de se lancer dans une série aux épisodes courts et divertissants (est-ce d’ailleurs à mettre en parallèle avec l’amour du personnage principal pour une certaine série spatiale ?) que dans une (énième) grande saga épique où va se jouer le destin du monde.

Petit bémol à noter : j’ai eu davantage de mal avec le troisième tome. Contrairement aux deux autres, j’ai dû lire celui-ci en courtes et nombreuses sessions de lecture, et je crains que ce rythme morcelé, non aidé par un vocabulaire « spatial » très spécifique, ne m’ait empêchée de l’apprécier autant que je l’aurais voulu… J’essaierai néanmoins de mettre la main sur la suite, et je vous conseille chaleureusement cette série ! Si vous êtes particulièrement amateur.rice de science-fiction, je serais curieuse d’avoir votre avis sur ce que propose ici Martha Wells, et qui me semble mine de rien assez novateur.