Des baleines dans les étoiles et des paillettes dans les yeux…

Alors que le navire spatial du Capitaine Alexandra Levisky frôle les frontières de l’univers, personne ne s’attend à ce que la maladresse d’un membre de l’équipage libère une des légendaires baleines célestes. Seulement, la gigantesque fuyarde se dirige droit vers le cœur historique de la galaxie, au risque de détruire plusieurs mondes sur son passage…
~ Les baleines célestes, d’Élodie Serrano – Plume Blanche
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Du space opera à la couverture particulièrement violette : instinctivement, je ne me serais pas vraiment tournée vers ce roman ! Et pourtant, on me l’a mis dans les main, j’ai fait confiance, et j’ai adoré. Comme quoi des fois, c’est aussi simple que ça.

Je retiens de cette lecture un paisible sentiment de douceur et de légèreté. Certes, les événements ont des conséquences assez tragiques et pourraient le devenir bien plus encore, pourtant ce roman m’a plongée dans une telle bulle de sérénité ! Je me suis sentie lentement portée avec ce vaisseau, flottant dans l’espace au côté de ces êtres gigantesques et placides…

La plume est fluide et les pointes d’humour ont parfaitement fonctionné avec moi ! D’ailleurs, plus qu’un récit de jeunesse à proprement parler, j’ai plutôt trouvé que c’était un récit léger, frais, qui se lit et s’apprécie à tout âge. La panoplie de personnages rencontrés est haute en couleurs, et j’ai aimé la manière dont l’autrice a réussi dans un roman aussi court à instiller autant de cohésion entre ces personnages si hétéroclites !

En somme, j’ai vraiment passé un excellent moment avec cette lecture. Elle est légère, drôle et pleine de douceur : je vous la conseille chaleureusement !

Kra : curieux voyage au pays de l’Ymr

Une corneille seule n’est pas une corneille.
Une corneille ne tue jamais une autre corneille.
Dans un futur proche ravagé par la pollution, un vieil homme nous raconte qu’une Corneille nommée Dar Duchesne – la première de tous les temps à avoir porté un nom – lui a raconté ses nombreuses vies et morts au pays de Kra…
~ Kra : Dar Duchesne dans les ruines de l’Ymr, de John Crowley – L’Atalante
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Est-ce que j’aurai réellement les mots pour décrire l’expérience que fut cette lecture ? Je n’en suis pas certaine. J’espère avoir au moins les mots pour vous convaincre de lui donner une chance, vous aussi…

Le résumé en dit peu, et c’est effectivement, concrètement, tout ce qu’il y a à en dire : un corbeau raconte ses nombreuses vies, alors que l’humanité se déroule devant ses yeux… Non pas des yeux de personnage, de narrateur, mais bien des yeux de corbeau : la plupart du temps, il ne comprend pas vraiment les humains et leurs sociétés, leurs croyances, leurs concepts. Il n’est qu’un corbeau, pragmatique, curieux, et très, très âgé.

Par cette approche profondément déconcertante, tel une bourrasque de plumes et de cris, le récit aborde tant de choses ! On y parle de la vie, de la mort, de la religion et de la spiritualité, de l’évolution, du monde réel et de l’au-delà, d’un monde peut-être entre les deux. On y parle de voyage, d’identité, de famille, d’amitié et d’amour, de relations jamais vraiment définies. On y parle des humains, des corbeaux, d’autres animaux, des sociétés, des communautés. On y parle du temps, aussi, un peu, et de bien d’autres choses encore…

C’est un récit dont on suit le fil sans jamais vraiment savoir où il nous mène, mais sans pour autant pouvoir le lâcher. Par des mondes réels et imaginaires, présents et passés, il m’a emportée, fascinée, presque hypnotisée. Au travers des yeux de Dar Duchesne, le monde paraît si vaste et si étrange, et pourtant d’une simplicité singulière ! Pour finir, le roman se termine presque comme un soupir : celui qui relâche la lente tornade des nombreuses vies de Dar Duchesne, le poids de tant de choses vécues, celui qui ramène, tout doucement et un peu à contrecœur, à la vie réelle…

Si ce roman vous interpelle, n’hésitez pas, donnez-lui une chance. Lisez-le, laissez-le vous emporter et vous bouleverser. Et qui sait, peut-être vous mettrez-vous, vous aussi, à chercher le long des routes et dans les champs ce vieux corbeau à la joue blanche…

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Inspirations vagabondes

De pierre et d’os, un voyage aux confins du monde

Dans ce monde des confins, une nuit, une fracture de la banquise sépare une jeune femme inuit de sa famille. Uqsuralik se voit livrée à elle-même, plongée dans la pénombre et le froid polaire. Elle n’a d’autre solution pour survivre que d’avancer, trouver un refuge. Commence ainsi pour elle, dans des conditions extrêmes, le chemin d’une quête qui, au-delà des vastitudes de l’espace arctique, va lui révéler son monde intérieur.
~ De pierre et d’os, de Bérengère Cournut – Le Tripode
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Quand j’ai rencontré ce livre en librairie, je n’en avais jamais entendu parler. Mais le titre, la couverture, le résumé m’ont interpelée, et le livre est rentré à la maison avec moi…

C’est un roman court donc il a été lu assez rapidement, mais j’avoue que je ne saurais pas vraiment dire s’il m’a happée ou non. Si j’ai beaucoup aimé certains éléments, il a semblé manquer quelque chose pour que je sois complètement emportée par ce récit…

Tout d’abord, c’est le style qui marque : très factuel, très « froid », il énonce les choses comme elles sont et ne cherche pas à enjoliver ni à broder autour. Il plonge dans une atmosphère très particulière, bel écho des grandes étendues blanches du Grand Nord où le moindre son brise le silence, le moindre mouvement fait revenir la vie dans un paysage immobile. Paradoxalement, il permet assez facilement d’entrer dans l’intimité du personnage que l’on suit : on se prend d’affection pour cette jeune femme honnête et franche, que les événements n’épargnent pas mais qui sait toujours faire face.

Par moments, le récit se fait plus lyrique, alors que le spirituel prend le pas sur le quotidien. Les deux sont toujours intimement liés l’un et l’autre, et cette narration si particulière brouille les frontières entre le monde réel et celui des esprits. J’ai été touchée par cette vision du monde, où la nature est reine et où brille toujours une petite lueur de magie…

Au final, je ne saurais pas dire ce qui n’a pas fonctionné, mais au-delà de cette lecture objectivement agréable, je n’ai malheureusement pas été transportée… Peut-être ce récit manquait-il trop d’émotions ? Peut-être m’attendais-je à quelque chose de différent ? Je regrette d’être passée un peu à côté de cette lecture : je l’ai pourtant en partie appréciée, et je reconnais volontiers que c’est un très beau texte !

Souvenirs de Marnie, une parenthèse de douceur et d’onirisme

Envoyée sur la côte est de l’Angleterre pour profiter du climat, Anna va rencontrer la fantasque Marnie. D’une écriture délicate et pudique, construit autour d’une relation aussi intemporelle que mystérieuse, ce roman empreint de poésie et de douceur est une évocation de la jeunesse où le besoin d’être et d’être accepté semble si vital qu’il en devient douloureux. Souvenirs de Marnie est une œuvre captivante et intime, le récit d’une amitié inébranlable.
~ Souvenirs de Marnie, de Joan G. Robinson – Monsieur Toussaint Louverture
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Ce livre-là, je l’ai repéré en librairie grâce au bandeau qui le désignait comme « le livre préféré d’Hayao Miyazaki » : je ne savais pas qu’il en avait fait une adaptation, mais je savais que j’avais là une pépite de douceur, avec une touche d’onirisme et de poésie. Je l’ai ramené à la maison, ai attendu le bon moment, et l’ai lu en moins d’une journée. Quelle merveille…

Il s’agit avant tout d’un roman d’ambiance : celle d’un bord de mer sauvage, changeant au fil des marées, tandis que le crépuscule joue avec les lumières et les reflets, et qu’on ne sait alors plus vraiment où sont les frontières du monde réel… J’ai été happée par cette ambiance à la fois douce et éthérée, hors du temps. Les mystères que recèlent le récit ne sont pas tant une invitation à les découvrir que le simple plaisir de profiter de cette atmosphère irréelle, où justement le mystère fait toute la beauté de l’instant.

Le roman dégage aussi énormément de chaleur et de bienveillance. Anna vit son lot de malheurs, mais elle reste entourée de personnages aimants, tolérants, ouverts, et qui la laissent libre d’avoir des secrets et des moments de doute. Ils sont tous (à une ou deux exceptions près) tellement attachants ! Le temps de la lecture, au fur et à mesure des événements, l’autrice nous plonge, d’une plume fluide et légère, dans une petite bulle très particulière de laquelle on n’a vraiment pas envie de sortir…

Et maintenant, je suis très curieuse d’en voir l’adaptation par Miyazaki – ne serait-ce que pour avoir une excuse de retourner dans ce doux et poétique univers…

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Inspirations automnales