Vangual, le gros plouf…

« Dwilom, vieux nain et maître brasseur, n’est vraiment pas en veine. Alors qu’il effectuait un acheminement important de tonneaux de bière jusqu’à Tamatur, la cité souveraine, le voilà maintenant encombré d’un compagnon de voyage indésirable dont la bêtise est aussi profonde que le gouffre qui lui sert d’estomac. Et comme si cela ne suffisait pas, Dwilom va se retrouver mêlé à un sombre complot aux répercussions inimaginables.
Loin de là, à Borthalion, un frère et une sœur reviennent au pays après de longues années d’absence. Mais de mystérieux meurtres sévissent dans la région et semblent être les prémices d’une plus grande tragédie.
Des destins différents… »
— C’est un peu classique, nan ? Passez-moi votre crayon !
— Quoi ? Non ! Arrêtez !
— Il manque un côté épique ! Imaginez des tambours (boum, boum, boum) : « Un monde fantastique au passé sanglant. » (bruits de basses) « Un vieux brasseur encombre son estomac de bière pendant que son frère qui est sa sœur joue des percussions inimaginables dans un gouffre. » (explosion puis le titre apparait) « Bienvenue sur Vangual ! Terre d’aventures et de mystères… »
— Non, non, non et non, cela n’a aucun sens ! Cette histoire est parfaitement absurde ! Et d’abord, qui êtes-vous et que faites-vous ici ?
— Un chevalier solitaire dans un monde dangereux. Un héros des temps modernes. Dernier recours des innocents, des sans-espoirs, victimes d’un monde cruel et impitoyable. Je suis Stra…
— Vous m’insupportez ! Sortez tout de suite d’ici !
— Mais, je…
— J’ai dit ouste ! Et plus vite que ça ! Vous n’êtes même pas dans cette histoire.
— Ah, ah bon ?
— Ni dans la suivante d’ailleurs. Du vent ! Bon sang, il m’a fait rater mon résumé cet imbécile…

~ Vangual, tome 1 : Le verrou du temps, de Forman – Auto-édité
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Ce livre a été reçu et est chroniqué dans le cadre d’un service presse : merci à l’auteur pour sa confiance !

Ô rage, ô désespoir, aurais-je donc raté quelque chose ? Lorsque l’auteur m’a gentiment proposé de découvrir son roman, j’étais emballée : une fantasy drôle et légère, avec pourtant ce qu’il faut d’intrigue et des personnages attachants, c’est un mélange efficace dont je raffole ! D’autant que tous les avis sont particulièrement élogieux, j’y suis donc allée les yeux fermés.

Quelle ne fut pas ma déception, donc, quand j’ai décroché dès les premières pages… Je n’ai malheureusement pas su trouver, même de loin, ni ce que promet le résumé ni ce que semblent y avoir vu les autres lecteurs. Point d’humour, même d’un genre qui ne me ferait pas spécialement rire, point de personnages approfondis ni d’histoire haletante… Plus qu’un mauvais livre en soi, il m’a plutôt fait l’effet d’un livre trop peu retravaillé après le premier jet. Les idées sont là, et pourraient être très efficaces si elles n’étaient pas entravées par une écriture peu claire, des formulations qui n’apportent que trop peu de profondeur, et une narration rendue confuse par un rythme inégal et des anecdotes souvent superflues.

Pourtant, certaines scènes sont visuellement très efficaces et ont assez bien fonctionné avec moi. L’écriture très factuelle (trop de « dire », pas assez de « montrer » pour que j’aie cette sensation de véracité des événements) pourrait parfois presque être celle d’un scénario de film, qui serait alors une aventure que j’irais voir avec plaisir.

Je regrette donc d’être passée complètement à côté de cette lecture, qui pourtant semble faire l’unanimité auprès du lectorat. Je ne saurais donc que vous encourager à vous faire votre propre avis : mon avis n’est que le mien, et ce roman a certainement toutes ses chances pour vous plaire !

D’optimisme et d’espoir : ce vieux rêve d’Écotopia

Trois États de la côte ouest des États-Unis – la Californie, l’Oregon et l’État de Washington – décident de faire sécession et de construire, dans un isolement total, une société écologique radicale baptisée Écotopia. Vingt ans après, l’heure est à la reprise des liaisons diplomatiques entre les deux pays. Pour la première fois, Écotopia ouvre ses frontières à un journaliste américain. Au fil de ses articles envoyés au Times-Post, William Weston décrit tous les aspects de la société écotopienne : les femmes au pouvoir, l’autogestion, la décentralisation, les 20 heures de travail hebdomadaire, le recyclage systématique, le rapport à la nature, etc. Quant à son journal intime, il révèle le parcours initiatique qui est le sien : d’abord sceptique, voire cynique, William Weston vit une profonde transformation intérieure. Son histoire d’amour intense avec une Écotopienne va le placer devant un dilemme crucial : choisir entre deux mondes.
~ Écotopia, d’Ernest Callenbach – Audiolib
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Ce livre a été reçu et est chroniqué dans le cadre d’un service presse : merci à la maison d’édition pour sa confiance !

À mi-chemin entre le récit de fiction et la proposition idéologique, ce roman invite à imaginer une société fondée sur les principes du respect de la nature, de l’équilibre et de l’environnement. Et s’il est assez daté sur certains aspects, il fourmille d’idées, réalistes ou non, qu’on aurait malgré tout bien envie d’essayer…

Raconté sous la forme d’un journal de notes, le récit oscille entre des passages de la vie personnelle de William Weston et ses articles qu’il rédige à l’intention de la presse américaine, et qui sont à chaque fois concentrés sur une thématique bien particulière de la société écotopienne. J’ai découvert ce roman au format audio, le récit à la première personne m’a d’autant plus emportée ! Les aspects plus personnels et émotionnels de son expérience gagnent en réalisme, et les passages plus scientifiques passent plus facilement : le style d’écriture assez ancien aurait pu me décourager à l’écrit, alors que l’audio apporte un côté presque « podcast » plus abordable.

Côté univers, il y a de quoi rêver : l’auteur imagine, non pas une société parfaite, mais une société dont l’objectif est de tendre vers l’équilibre naturel du monde. Les valeurs écologiques sont centrales : les innovations technologiques fleurissent et les fonctionnements de société régressent, paradoxalement, dans un même mouvement vers l’équilibre entre développement humain et respect de l’environnement. S’il est rassurant de voir que certaines de ces idées si novatrices sont aujourd’hui ancrées dans les pratiques (le tri des déchets par exemple), d’autres demeurent encore hors de portée.

Écrit dans les années 70, c’est un récit très moderne par de nombreux aspects et rempli d’idées novatrices. Malheureusement, ça ne fait qu’accentuer le style de narration parfois vieillot, et la vision un peu datée des sociétés libérées. En termes de féminisme et de sexualité notamment, pas de doute, près de 50 ans nous séparent : les femmes sont fortes et indépendantes (ce sont même elles qui dirigent le pays), mais toujours avec une féminité et une sensualité particulièrement soulignées. Plus généralement, les relations physiques sont très décomplexées, et à partir du moment où il en fait la découverte, j’ai eu la sensation que ça devenait un sujet presque obsessionnel pour le personnage principal… Cela dit, n’oublions pas que ce récit prend ses racines en plein cœur du mouvement hippie du début des années 70 !

Au final, je ressors de cette lecture avec énormément d’espoir et d’inspiration. Je sais que même si une telle société reste hors de portée de nos jours, nous continuons tout de même à progresser, avec les idées et technologies dont nous disposons. Et pour celleux que l’âge du texte rebute, n’hésitez pas à vous tourner vers l’audio, qui s’écoute tout seul !

Les montagnes se rencontrent aussi, par-delà les mystères

La conservatrice d’un musée d’art asiatique disparaît soudainement à Lausanne lors de la traditionnelle Nuit des musées. Ses parents, les propriétaires d’un prestigieux domaine viticole, signalent aussitôt sa disparition. Comment Adèle Galland, une jeune femme décrite comme brillante et au passé sans histoires, a-t-elle pu disparaître sans crier gare ? Sa sœur Marion, aussi incorrigible qu’acharnée, aide la brigade locale à se saisir de l’enquête, secouant tout le gratin lausannois. Loin de la quiétude de la ville, elle les mènera hors des frontières, loin des sentiers battus ; jusqu’aux confins des monts aux neiges éternelles.
~ Les montagnes se rencontrent aussi, de Chloé Andrieu – Librinova (auto-édité)
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Ce livre a été reçu et est chroniqué dans le cadre d’un service presse : merci à l’autrice pour sa confiance !

Comme je suis toujours partante pour découvrir un petit policier léger, je me suis plongée dans cette lecture dès son arrivée ! Et malgré certains défauts, j’ai finalement passé un moment plutôt agréable.

J’avoue avoir eu un peu de mal à me plonger dedans au début : je trouvais les formulations parfois un peu bancales, les dialogues peu réalistes et les personnages, de fait, peu crédibles. J’avais du mal à croire en leur comportement, leurs relations… D’autant plus que le début de l’enquête est assez balbutiant : les enquêteurs suivent une piste puis l’abandonnent définitivement avant de passer à une autre, et elles n’auront aucune répercussion sur la suite de l’intrigue.

Pourtant, j’ai continué ma lecture. L’alternance de différents points de vue, explorant la temporalité de l’enquête et de la disparition en elle-même, est un procédé narratif qui me plaît beaucoup, et j’ai aimé voir ici aussi les pièces du puzzle s’imbriquer petit à petit ! Et puis, on ne va pas se le cacher, j’avais aussi tout simplement envie d’avoir le fin mot de l’histoire.

Curieusement, n’étant pas adepte de l’insertion de relations sentimentales dans les récits qui n’en ont pas forcément besoin, j’ai plutôt apprécié celle qui se met en place ici. Pas trop présente, elle est néanmoins touchante et j’ai aimé la voir fleurir au fil du roman !

Quant au dénouement, il m’a prise par surprise ! Et s’il m’a légèrement donné le sentiment de sortir de nulle part, je l’ai pourtant trouvé satisfaisant, et plutôt positif (toute proportion gardée bien entendu).

Au final, cette lecture a un petit goût de mitigé : certains éléments m’ont un peu empêchée d’être happée par l’histoire, que j’ai lue de manière assez distanciée. Pourtant, je poursuivais volontiers ma lecture, curieuse d’en découvrir les mystères ! Je n’ai donc pas passé un mauvais moment, mais je n’en garderai pas un souvenir impérissable… Quoi qu’il en soit, je remercie profondément l’autrice pour l’envoi de cet ouvrage, et je vous conseille de découvrir vous-même cet ouvrage pour vous faire votre propre avis !

Avec toi, les rêves fleurissent sous la neige : âmes sensibles prenez garde

Mes amis, mes amours, et toi.
Eve sait que ça ressemble au scénario d’un téléfilm romantique, mais c’est pourtant la vérité : cela fait des années qu’elle aime en secret Ed, l’un de ses amis. Certes, il est aujourd’hui en couple, mais elle reste persuadée qu’ils sont destinés à être ensemble. Du moins, elle l’était, jusqu’à ce que sa meilleure amie, Susie, décède dans un accident. Du jour au lendemain, ce drame fait imploser leur groupe d’amis si soudé, révélant des secrets enfouis qui montrent Ed, Susie et les autres sous un nouveau jour. Eve ne sait plus à qui se fier. Le seul qui reste égal à lui-même, c’est Finlay, le frère de Susie : même après des années d’absence, il est toujours aussi distant, antipathique et… séduisant. Et, lorsqu’elle se trouve embarquée avec lui dans un road-trip à travers l’Écosse, Eve découvre de toutes nouvelles facettes qu’elle n’avait pas soupçonnées…
~ Avec toi, les rêves fleurissent sous la neige, de Mhairi McFarlane – Éditions Harlequin
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S’il y a une période de l’année où je me plonge avec délice dans des romances bien nunuches, remplies de guimauve et de bons sentiments, c’est bien la période de Noël. Cette année, j’ai pu commencer avec cette romance lue pour NetGalley, et qui n’a pas vraiment été ce à quoi je m’attendais…

La couverture comme le résumé promettent une belle histoire toute douce et bien « noëlesque » : si je me suis satisfaite de l’ambiance pas si hivernale que ça, j’ai surtout été très déconcertée par la première partie du roman, qui n’est pas légère du tout. Du tout. On y suit Eve, protagoniste principale, malheureuse en amour, qui perd sa meilleure amie de toujours de manière soudaine et violente. L’escapade libératrice mentionnée dans le résumé n’arrivant qu’à plus de la moitié du récit, on suit donc pendant longtemps, et de manière pesante, le deuil d’Eve et la douleur provoquée par la découverte d’un secret assez lourd. J’ai pour ma part été happée, touchée, et cette première partie m’a plombé le moral bien comme il faut…

Après une pause, le temps de digérer cette première partie et de m’en détacher un peu, je suis revenue à cette lecture et j’ai pu pleinement apprécier la suite qui, elle, avait tout de la romance légère à laquelle je m’attendais ! Finalement, l’hiver et Noël ont peut d’importance ici, mais la romance est douce, les personnages sont drôles et touchants, et j’ai fondu à chacun de leurs échanges. J’ai notamment apprécié le personnage masculin, peu sympathique au départ, mais qui parle de bon gré de sentiments, évitant de fait le ressort inutile et un peu lourd du quiproquo. Et petit bonus : la visite d’Édimbourg, un arrière-plan qui fait toujours plaisir…

Outre cette petite romance « ennemies to lovers », j’ai été touchée par le groupe d’amis très proches formé par les protagonistes. Certes, il s’avère que quelques secrets s’y cachaient, mais les quatre (trois…) personnages sont très soudés, tiennent énormément les uns aux autres et se soutiennent les uns les autres, et ça fait plaisir à voir !

Au final, j’ai passé une très bonne lecture, et j’ai eu ma romance hivernale « doudou ». Par contre, cœurs sensibles, passez rapidement sur la première partie, très (trop) bien faite… Et vous, quelle est votre incontournable parmi les romances de Noël ? Est-ce que c’est un genre de lecture qui vous plaît ?