Mystère au coeur des brumes : Mexican Gothic

Après avoir reçu un mystérieux appel à l’aide de sa cousine récemment mariée, Noemí Taboada se rend à High Place, un manoir isolé dans la campagne mexicaine. Elle ignore ce qu’elle va y trouver, ne connaissant ni la région ni le compagnon de sa cousine, un séduisant Anglais.
Avec ses robes chic et son rouge à lèvres, Noemí semble plus à sa place aux soirées mondaines de Mexico que dans une enquête de détective amateur. Elle n’a pourtant peur ni de l’époux de sa cousine, un homme à la fois troublant et hostile, ni du patriarche de la famille, fasciné par son invitée… ni du manoir lui-même, qui projette dans les rêves de Noemí des visions de meurtre et de sang.
Car High Place cache bien des secrets entre ses murs. Autrefois, la fortune colossale de la famille la préservait des regards indiscrets. Aujourd’hui, Noemí découvre peu à peu d’effrayantes histoires de violence et de folie.
~ Mexican Gothic, de Silvia Moreno-Garcia – Bragelonne
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Ce livre a longtemps attendu dans ma pile à lire pour le moment le plus opportun. Entre une fin octobre halloweenesque et un début novembre brumeux et pluvieux, ce moment est enfin arrivé, et j’ai bien fait d’attendre puisque je me suis régalée !

J’ai été conquise dès la première page. L’ambiance est brumeuse à souhait, mystérieuse bien comme il faut, le huis-clos de High Place est aussi étouffant que fascinant ! J’adore ces ambiances, et je me suis prise au jeu de tenter de déceler, aux côtés de Noemí, les personnages de confiance et les éléments dont se méfier…

J’ai particulièrement apprécié l’hommage fait au genre du fantastique, où le doute plane toujours un peu et où la frontière entre le réel et le cauchemar semble fragile. J’ai aussi aimé repérer quelques clins d’œil à Lovecraft, non pas dans le propos en lui-même, mais dans la narration, avec une manière toute particulière d’apporter certains éléments (pas facile d’en dire plus, il faut que vous gardiez la surprise !), sans pour autant oublier un petit pied de nez aux tendances racistes de l’auteur…

Côté personnages, j’ai apprécié la galerie qui nous est présentée, certes parfois un peu caricaturale, mais qui à mon avis contribue à faire de High Place un endroit particulier, comme s’il était impossible là-bas de ne pas sombrer dans les extrêmes… Noemí est une jeune femme pleine de nuances, qui oscille entre force pragmatique et doute grandissant. Quant au dénouement, même si je m’attendais forcément à une apogée de noirceur et d’horreur, je dois avouer qu’elle a très bien fonctionné sur moi, et que les révélations finales ont su faire leur petit effet, tandis que je lisais, le soir, à la nuit noire…

Je reconnais que l’ensemble reste assez linéaire, mais justement : sans chercher à révolutionner les genres, ce roman reprend beaucoup de codes, les place dans un récit convaincant et ajoute une pointe de modernité, pour un résultat diablement efficace. On m’a promis un récit gothique fantastique, et j’ai eu exactement ce que je voulais : cette lecture fut donc une grande réussite pour moi !

Druide : sombres secrets au cœur de la forêt…

1123 après le Pacte.
Au nord vivent les hommes du froid et de l’acier, au sud errent les tribus nomades et au centre du monde règnent les druides. Leur immense forêt millénaire est un royaume d’ombres, d’arbres et de mystères. Nul ne le pénètre et tous le respectent au nom du Pacte Ancien. Les druides, seigneurs de la forêt, aident et conseillent les hommes avec sagesse mais un crime impensable bouleverse la loi de toutes les couronnes : dans la plus imprenable citadelle du Nord, quarante-neuf soldats ont été sauvagement assassinés sans que personne ne les entende seulement crier.
Certains voient là l’œuvre monstrueuse d’un mal ancien, d’autres usent du drame comme d’un prétexte pour relancer le conflit qui oppose les deux principales familles régnantes. Un druide, Obrigan, et ses deux apprentis ont pour mission de retrouver les assassins avant qu’une nouvelle guerre n’éclate. Mais pour la première fois, Obrigan, l’un des plus réputés maître loup de la forêt, se sent impuissant face à l’énigme sanglante qu’il doit élucider… Chaque nouvel indice soulève des questions auxquelles même les druides n’ont pas de réponses.
Une seule chose lui apparaît certaine : la mort de ces quarante-neuf innocents est liée aux secrets les plus noirs de la forêt.
~ Druide, d’Olivier Peru – Éditions Éclipse
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Ce livre est resté longtemps dans ma pàl : ce petit pavé plutôt sombre de réputation m’impressionnait, avec un petit côté horrifique peu rassurant… Finalement je me suis lancée, et tout va bien. Enfin…

J’avoue avoir refermé ce livre avec un sentiment assez mitigé. Sur certains points, c’était vraiment une excellente lecture : j’ai par exemple adoré l’atmosphère assez angoissante, qui donne presque une sensation de « huis-clos à ciel ouvert » lorsque la menace est dans les parages ! J’ai aussi beaucoup aimé l’univers en lui-même, avec ces ordres de druides qui entretiennent un lien particulier avec la forêt et mettent en place une relation touchante entre un maître et ses apprentis. La magie n’est pas réellement un pouvoir à part entière, c’est davantage quelque chose de l’ordre de l’instinct et de l’ouverture à la forêt et aux animaux ; en quelle sorte, elle m’a rappelé le Vif de l’Assassin Royal, avec une dimension plus sombre qui m’a particulièrement marquée. Quant à l’intrigue, elle apporte un côté « policier » plutôt plaisant à la trame classique de fantasy.

Pourtant, autant le début m’a happée, autant dès la moitié je décrochais déjà un peu… J’ai eu le sentiment que l’intrigue traînait en longueur, que les choses n’avançaient pas vraiment, et surtout que l’enquête initiale était complètement laissée de côté. Alors que le début tisse des liens entre la forêt et le monde extérieur, ces liens sont rapidement oubliés pour ne laisser que les druides renfermés sur eux-mêmes… Puis la grande révélation est arrivée, subitement, sous forme de récits dans le passé imbriqués les uns dans les autres et assez flous. Pouf, le mystère est levé, le problème est réglé, l’affaire est résolue. Finalement, il n’y aura pas vraiment eu d’enquête…

Je n’ai donc malheureusement pas été convaincue par le rythme de l’intrigue, défaut qui a pas mal pesé sur ma lecture. Pourtant, je n’ai pas passé un mauvais moment, puisque l’ambiance était prenante, et l’univers proposait des éléments intéressants. Je ne vous conseillerai donc que de vous faire votre propre avis si le livre vous intrigue, et je suis curieuse de savoir ce que vous en aurez pensé !

Un Haut-Royaume toujours plus sombre…

Après la mort du Haut-Roi, s’ensuit une période de deuil pour le Haut-Royaume – période durant laquelle les complots se trament et les dagues s’aiguisent avant l’ouverture du testament royal. Le prince Yrdel, héritier légitime, et le prince Alan, soutenu par la reine et son frère le prince-cardinal Jall, se disputent déjà le trône en coulisses. Comme ils se disputent les faveurs de Lorn, capitaine d’une Garde d’Onyx de plus en plus puissante et influente…
De son côté, Lorn poursuit comme toujours ses propres objectifs tout en semblant servir le Haut-Royaume. Et quand la Guerre des Trois Princes éclate, il pourrait bien être celui qui apportera la victoire…
~ Haut-Royaume, tome 3 : Le Roi, de Pierre Pevel – Bragelonne
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J’ai une affection toute particulière pour cette saga, découverte il y a déjà quelques années : j’avais dévoré les deux premiers tomes, attendu la sortie du troisième en poche… et complètement oublié de continuer depuis. Il est plus que temps de rattraper mon retard !

Avant de me plonger dans ce tome 3, j’ai pris le temps de redécouvrir les deux premiers tomes en audio, et j’ai bien fait : je connaissais déjà l’histoire donc ça ne posait pas de problème de l’écouter d’une oreille distraite, et ça m’a permis de me rappeler pas mal de détails ! D’autant plus que cette version audio est plutôt bien lue et s’écoute facilement.

Quel bonheur de retrouver ces personnages et cet univers ! Comme les deux premiers, j’ai dévoré ce tome-ci en quelques heures à peine : le style est fluide et les pages se tournent à une vitesse folle… Les intrigues se complexifient, sans pour autant que l’on s’y perde, et il devient passionnant de suivre l’évolution des enjeux qui entourent les héritiers du trône.

Mais le sujet central est et demeure Lorn, ce personnage toujours aussi sombre, dont j’ai particulièrement aimé l’évolution dans ce tome-ci. Jusqu’à présent, il était celui que l’on suivait et tenait en haute estime. Petit à petit, à mesure que son humeur s’obscurcit, ses motivations deviennent moins claires, jusqu’à ce qu’on ne puisse plus savoir vraiment quels sont ses desseins et si on peut toujours, loyal lecteur, se fier à lui ou non…

Ce tome me relance donc dans cette saga chouchou, et j’y ai trouvé plus que mon compte : de l’action et des complots, des rebondissements, et un personnage de plus en plus mystérieux… Vivement le tome suivant !

Par-delà Arthur et Merlin : la légende de Morgane

Privée de son destin de reine, la demi-sœur du roi Arthur devient la sulfureuse fée Morgane et se dresse contre la tyrannie de la Table ronde et les manipulations de Merlin le fou. Écœurée par le magicien qui joue avec sa vie depuis sa plus tendre enfance, Morgane laisse libre cours à sa colère et assouvit sa soif de pouvoir envers et contre tous : son ancien maître, les hommes, leur nouveau dieu unique et l’ordre établi.
~ Morgane, de Stéphane Fert et Simon Kansara – Delcourt (Mirages)
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Les légendes arthuriennes font partie de ces sujets qui ne peuvent pas s’empêcher de me fasciner : tantôt héros anciens, tantôt puissants magiciens, ses personnages nous emportent dans des récits historiques et fantastiques, glorieux et magiques… Ces légendes ont été si souvent écrites et réécrites que certains personnages en deviennent parfaitement connus, même si bien souvent leurs contours toujours flous sont sujets à débat !

Parmi ces personnages est celui de Morgane, vers lequel je ne me suis jamais particulièrement tournée, mais que j’ai eu envie de découvrir au travers du regard nouveau proposé ici par Stéphane Fert et Simon Kansara ; et je dois dire que j’ai adoré ce qui m’a été proposé !

Dans ce récit, Arthur, les chevaliers et leur Table Ronde semblent bien lointains : Morgane est réellement le personnage central. Abusée tant par son demi-frère que par son mentor Merlin, on la voit bouillir de rage contre ce monde qui méprise si farouchement les femmes. Dans ce récit, elle est puissante, rêve d’indépendance autant que de vengeance, et n’hésite pas à se montrer aussi cruelle que les hommes. La narration, d’ailleurs, est souvent aussi crue et violente qu’elle, rejointe par un dessin sombre au style marqué.

Morgane n’est pas innocente, mais elle se bat pour ce en quoi elle croit. Elle est puissante et indépendante, mais peut se montrer cruelle quand elle en voit la justification. C’est une vision du personnage toute en profondeur et très moderne que nous proposent les auteurs, au croisement de la réécriture arthurienne et du récit féministe, qui m’a conquise et que je je vous conseille chaleureusement !

Inspirations orageuses : des livres à découvrir quand dehors s’acharnent la pluie et le vent

Présentes à chaque saison, avec à chaque fois une saveur différente, ces sombres et lourdes journées d’orage sont toujours l’occasion parfaite de se blottir chez soi avec une bonne boisson chaude et une lecture de circonstance. Voici une petite sélection de romans qui plongent parfaitement dans cette ambiance de secrets et de mystère !

Frissons d’effroi sous la pluie qui bat

Les carnets Lovecraft : Dagon, d’H.P. Lovecraft et illustré par Armel Gaulme
Existe-t-il un auteur plus à propos que Lovecraft pour ces journées d’orage ? Ce texte du maître des atmosphères poisseuses et des frissons d’un autre monde, accompagné de dessins très réussis des visions horrifiques de Dagon, saura vous plonger au plus profond des ténèbres…

La Ballade de Black Tom, de Victor Lavalle
Cette petite ambiance à la Lovecraft, vous en redemandez ? L’auteur revisite ici l’un de ses textes, en en proposant une version qui aborde plus profondément certains sujets de société. Le résultat, une virée dans le Harlem des années 20 auprès d’un musicien désabusé, est particulièrement convaincant, et tout aussi terrifiant !

Douce nostalgie sous le vent qui souffle

Le Cercle des poètes disparus, de N.H. Kleinbaum
Un court texte rempli de bonnes choses : douceur, nostalgie, émotion, inspiration et poésie… C’est toujours le bon moment de le redécouvrir, pour en retenir à chaque fois quelque chose de différent ! Et si vous n’avez pas envie de lire, le film est lui aussi sublime…

Northanger Abbey, de Jane Austen
Pas le plus connu de l’autrice, ce roman est pourtant une jolie pépite ! Elle s’y moque très allègrement de la société mondaine qui l’entoure, tout en faisant un bel hommage à la littérature gothique qui fleurit à l’époque. Le résultat est un roman court, drôle et frissonnant à la fois !

Sombres secrets sous l’orage qui gronde

L’histoire secrète de Twin Peaks, de Mark Frost
Entièrement réalisé en mixed media, ce livre est tout d’abord une pépite à explorer : articles de journaux, notes d’enquête, photographies, archives historiques, dossiers confidentiels… L’ensemble vous plongera dans cette petite ville américaine qui, tout au long des deux derniers siècles, aurait peut-être accueilli des êtres de nature inconnue…

Le jardin des secrets, de Kate Morton
D’une petite fille débarquée sans souvenirs en Australie à une jeune femme héritant d’un domaine dont elle ne sait rien en Angleterre, le fossé est large… Au travers de récits imbriqués entre les époques, l’autrice vous emportera au cœur de lourds secrets familiaux, à la rencontre de bouleversants destins de femmes !

J’espère que cette sélection orageuse vous aura plu, et que vous aurez maintenant quelques idées de lectures à sortir de vos bibliothèques dès que vous entendrez le tonnerre gronder au loin… Si vous avez d’autres suggestions, n’hésitez pas à les faire en commentaire !

Le Chien du Forgeron : quand l’animal fait la légende…

Approchez, approchez ! Alors que tombe la nuit froide, laissez moi vous divertir avec l’histoire de Cuchulainn, celui que l’on nomme le Chien du Forgeron ; celui qui s’est rendu dans l’Autre Monde plus de fois qu’on ne peut le compter sur les doigts d’une main, celui qui a repoussé à lui seul l’armée du Connacht et accompli trop d’exploits pour qu’on les dénombre tous.
Certains pensent sans doute déjà tout connaître du Chien, mais l’histoire que je m’apprête à vous narrer n’est pas celle que chantent les bardes. Elle n’est pas celle que l’on se raconte l’hiver au coin du feu. J’en vois parmi vous qui chuchotent, qui hésitent, qui pensent que je cherche à écorner l’image d’un grand homme. Pourtant vous entendrez ce soir l’histoire du Chien. L’histoire derrière la légende. L’homme derrière le mythe.
Approchez, approchez ! Venez écouter le dernier récit d’un homme qui parle trop…
~ Le Chien du Forgeron, de Camille Leboulanger – Argyll
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Qu’il est bon de se lancer dans une lecture sans rien savoir de ce qu’on va y trouver… Pour celle-ci, j’y suis allée juste pour sa sublime couverture et quelques mots-clés glanés dans le résumé au dos, et je n’ai pas été déçue !

Il s’agit d’un récit particulièrement déroutant. Racontée par la voix de celui qui l’a connu dans l’ombre (et dont on apprendra peu à peu l’identité), on découvre ici l’histoire du Chien du Forgeron, de sa naissance à sa mort, de son premier nom à celui qui fit sa légende. C’est un style de narration que j’aime beaucoup, celle du personnage qui, à l’occasion d’une veillée, se met à conter à son auditoire auquel est intégré le lecteur ; et dans ce roman-ci j’ai été particulièrement happée par le conteur et par son histoire.

D’ailleurs, tout au long du récit, ce conteur ne cache pas son désamour pour celui dont il conte la légende : ce récit n’est pas fait pour être une légende. Ce n’est pas l’épique destin d’un homme légendaire, ni la tragique destinée d’un anti-héros déchu. Ça n’est pas même « l’histoire derrière la légende », comme on présente souvent les côtés plus sombres d’un personnage. C’est la réelle déconstruction du mythe : le Chien du Forgeron n’a pas une once de bien en lui, mais une animalité féroce, qui ne laisse que peu de place à l’humain.

Au fil du roman, on observe donc le déchaînement de cette bête furieuse. Peut-elle se lier à celles et ceux qui l’entourent ? Détient-elle autre chose que douleur et destruction ? A-t-elle réellement une place dans ce monde ? Dans la narration en elle-même, peut de choses autres que les faits sont racontés, et l’histoire avance parfois plutôt vite. Mais ce roman amène à questionner beaucoup de choses, à lire entre les lignes, à prendre du temps dans sa lecture. Et s’il demeure impossible de s’attacher à ce personnage, j’ai quand même versé une larmichette à la fin…

Je savais vaguement que Cúchulainn, le Chien du Forgeron, était un personnage de la mythologie celtique. Je pensais aller me renseigner davantage sur lui pour étoffer ma lecture, mais ce fut une expérience si singulière que je n’ai pas voulu m’en détourner l’esprit. Je vous la conseille vivement si vous cherchez des romans qui déroutent, et je suis comme d’habitude curieuse d’avoir vos retours si vous tentez l’expérience !

Retrouver ce livre dans une sélection thématique :
Inspirations concises

Les chevaliers du Tintamarre : du tintouin dans la basse-ville

Silas, Morue et Rossignol rêvent d’aventures et de grands faits d’armes tout en vidant chope de bière sur chope de bière à la taverne du Grand Tintamarre, qu’ils peuvent à peine se payer.
Lorsque la fantasque et très inégalitaire cité de Morguepierre, entassée sur les pentes d’un volcan, devient le théâtre d’enlèvements de jeunes orphelines et voit des marie-morganes s’échouer sur ses plages, les trois compères se retrouvent adoubés par un vieux baron défroqué et chargés de mener l’enquête. Les voilà lancés sur les traces d’un étrange spadassinge, d’un nain bossu et d’un terrible gargueulard, bien décidés à leur mettre des bâtons dans les roues… et des pains dans la tronche.
~ Les chevaliers du Tintamarre, de Raphaël Bardas – Mnémos
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Ce roman-là me faisait de l’œil depuis un moment (on ne va pas se le cacher, la couverture n’y est pas pour rien), c’est donc avec une impatience toute particulière que je me suis plongée dans cette lecture !

Le début m’a happée, avec cette atmosphère un peu poisseuse, ces bas-fonds obscurs, cette ville si particulière, et ces personnages mal assortis et hauts en couleurs, qui rêvent de noblesse de cœur et d’âme depuis les tréfonds sordides d’une sombre cité. Les premières pages, remplies d’action, m’ont fait l’effet d’une entrée en trombe ! Dès le début, l’humour est décoiffant et le style est vif : ça part bien !

Et puis, l’intrigue se met en place. Elle est d’emblée assez complexe, et met en relation de nombreuses couches de cette société branlante. Mais je l’ai trouvée floue, peu limpide… Et malheureusement, à trop en faire, l’humour est passé de burlesque à grotesque, de grivois à lourd et gras. J’ai eu le sentiment d’un récit qui se cherche, qui n’a pas encore trouvé son équilibre…

Peu à peu, alors que l’histoire avance et que les personnages progressent, j’ai eu la sensation que toute tentative « d’humour pour l’humour » a été laissée de côté. Le récit s’est concentré sur les personnages, drôles par eux-mêmes quand c’était nécessaire, sinon simplement attachants. L’enquête a pris de l’ampleur, développant encore davantage l’aspect sinistre de l’univers, avec même quelques scènes profondément glauques. À cesser de vouloir trop en faire, j’ai trouvé que le récit était enfin parvenu à trouver un équilibre entre burlesque et policier, et offre alors une dernière partie et un dénouement particulièrement plaisants !

Au final, j’ai été prise par cette enquête, et même s’il y a eu des hauts et des bas dans ma lecture, je considère que j’y ai passé un bon moment. Cela dit, je comprends que ce roman déroute, et qu’il puisse ne pas correspondre aux attentes qu’on peut en avoir. Si vous tentez l’expérience, je serais curieuse de savoir ce que vous en avez pensé !

Grimoire Noir : bienvenue chez les sorcières

« Tu n’es pas un sorcier Bucky ! »
Nous sommes aux États-Unis à une époque proche de la nôtre. La commune de Blackwell est la seule de tout le pays à ne pas considérer la sorcellerie comme un acte criminel. Cela n’empêche cependant pas certaines sorcières à abuser de leur magie… Dans cette petite ville, Bucky Orson est un peu morose – qui ne l’est pas, à 15 ans ? Alors que sa meilleure amie l’a quitté pour traîner avec des gens bien plus cool, sa jeune sœur vient d’être kidnappée dans des circonstances troubles. Et face à l’impuissance de son père, shérif de la ville, Bucky décide de mener lui-même l’enquête. Finira-t-il par percer les mystères de la magie de Blackwell ?
~ Grimoire Noir, de Vera Greentea et Yana Bogatch – Glénat
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Ce roman graphique fait partie de ces ouvrages qui me sautent aux yeux en librairie et que je ramène chez moi sans rien en savoir. Et ce fut une magnifique surprise !

En premier lieu, c’est le style graphique qui saute aux yeux, avec sa palette de couleurs presque en noir et blanc, qui plonge d’emblée dans une atmosphère nostalgique, un peu sombre, hors du temps. Les traits m’ont beaucoup plu, les personnages ont tous une réelle prestance sur la page, tantôt sublimés par un halo de couleurs, tantôt sortant du cadre des cases.

L’histoire est particulièrement prenante : simple au premier abord, elle se répand petit à petit d’un personnage à l’autre, et fait preuve d’énormément de profondeur. Chaque personnage rencontré a son rôle à jouer dans l’intrigue qui se complexifie au fil des pages, et chaque nouveau point de vue apporté sur le nœud de l’histoire floute un peu plus les limites du « bon » et du « mauvais ». Quant à la remontée dans le temps, aux origines, je l’ai trouvée à la fois tellement poignante et si fascinante que j’en aurais presque eu des frissons… Ce petit côté « Salem moderne » est particulièrement bien réussi !

Grimoire Noir, c’est vraiment une plongée dans un univers unique, prenant, et magnifiquement retranscris. C’est un tome unique, et quelque part il est bon de n’en avoir que ce bref aperçu, ce court épisode d’une ville qui a tant vécu et vivra encore longtemps loin de nous, lecteur.rice.s, mais une partie de moi aurait aimé y reste un peu plus, rien qu’un peu plus…

Et Dieu se leva du pied gauche : du sarcastique à l’abominable

Après avoir avoué à sa femme qu’il avait toujours détesté le thé, Ambroise Perrin se défenestre sous les yeux médusés des personnes présentes. Dans un palace vénitien, Louise Duval se réveille d’une soirée de gala et découvre que sept de ses collègues sont morts au même moment dans leur lit de cause inexpliquées. Rien ne lie ces deux affaires, si ce n’est leur mystère. C’est assez pour intéresser Evariste Fauconnier, enquêteur émérite spécialisé dans les affaires que personne ne peut résoudre. Entre crimes en série et esprits diaboliques, le fin limier va devoir dénouer les fils d’une gigantesque toile qui risque bien d’avaler son âme autant que sa raison.
~ Et Dieu se leva du pied gauche, d’Oren Miller – Éditions de l’Homme Sans Nom
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Il semble que quand je ne sais pas trop quoi lire, les enquêtes d’Évariste Fauconnier et Isabeau Le Du se trouvent toujours être pile ce qu’il me faut. Et pendant les vacances, cette lecture prenante, avec un bel équilibre de légèreté et de noirceur, a été pile le bon choix !

Quel délice de retrouver ces deux personnages ! Ils forment un duo très « Sherlock/Watson », comparable mais pas identique, et entretiennent une relation touchante derrière les constantes piques de sarcasme qui ponctuent chacun de leurs dialogues. Comme ma très chère Agatha Raisin, Évariste et Isabeau sont des personnages que j’adore retrouver, pour eux-mêmes peut-être même plus que pour les enquêtes sur lesquelles ils travaillent.

L’enquête quant à elle s’est avérée aussi palpitante que dans les tomes précédents, abordant ici un thème aussi fascinant qu’abominable (mais que je ne dévoilerai pas pour vous laisser le plaisir de la découverte). Partant rapidement de Venise, l’histoire se déroule en réalité presque exclusivement en Suisse, dans une petite ville près de la forêt. On est donc plongés dans une ambiance très particulière, où tout le monde connaît tout le monde mais où les secrets ont la dent dure, et où le mystère est omniprésent… J’avais en partie deviné quelques révélations à l’avance, mais ça n’a en rien entaché la fin grandiose.

Ce fut donc une excellente lecture, que j’aurais pu dévorer si j’avais eu une journée à ne rien faire d’autre ! Pour l’instant, ce tome est le dernier paru, à mon grand désespoir, et je croise tous mes doigts pour qu’elle continue…