Steam Sailors : embarquement immédiat à bord de l’Héliotrope

Il fut un temps où les Alchimistes nourrissaient le Haut et Bas-Monde de leurs inventions merveilleuses, produits de magie et de science. Un temps de machines extraordinaires, de prodiges électriques et d’individus aux pouvoirs fantastiques. Une époque révolue depuis que les Industriels ont éradiqué les Alchimistes et leur formidable savoir. Pourtant, on raconte qu’à l’aube de leur disparition, ils auraient caché leur fabuleux trésor dans une cité secrète…
Quatre siècles après la Grande-Fracture, les habitants du Bas-Monde traversent une ère obscure et rétrograde, tandis que le Haut-Monde, figé depuis l’extinction des Alchimistes, demeure inaccessible et fait l’objet de tous les fantasmes. Originaire du Bas-Monde, Prudence vit en paria car elle voit l’avenir en rêves. Une nuit, son village est attaqué par des pirates du ciel. Enlevée et enrôlée de force à bord de l’Héliotrope, un navire volant à la sinistre réputation, la jeune orpheline découvre un nouvel univers, celui du ciel et des pirates. Prudence fait la connaissance des membres de l’équipage, qui ne tardent pas à lui révéler leur secret : ils détiennent un indice, menant à une série de « clefs » disséminées dans le monde, qui permettait de retrouver la cité des Alchimistes…
~ Steam Sailors, tome 1 : L’Héliotrope, d’Ellie S. Green – Gulf Stream
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Après en avoir énormément entendu parlé, et alors qu’il faisait partie des recommandations de cet été pour le Challenge SFFF, je me suis enfin décidée à découvrir cette trilogie jeunesse à succès, et spoiler alert : j’ai beaucoup aimé !

J’ai trouvé l’univers très bien construit : en peu d’éléments, l’autrice met en place un monde crédible, avec son histoire, sa magie, ses continents… L’ensemble est parfaitement dosé pour qu’on ne se perde pas dans les détails tout en étant immédiatement happé.e par cette ambiance si singulière à base de bateaux volants et de vent dans les cheveux ! Quant à l’intrigue, elle fonctionne tout aussi bien. Tout au long du roman, on est embarqués avec la jeune Prudence dans un enchaînement de péripéties et de révélations qui ne faiblit jamais ! J’adore cette atmosphère de récit d’aventure jeunesse, de chasse au trésor et de secrets enfouis, et j’ai été joliment servie ici.

Autre tour de force de l’autrice : au-delà d’un univers authentique et d’une intrigue toujours plus prenante, elle parvient à proposer tout un éventail de personnages tous plus attachants les uns que les autres, équipage de bourrus au grand cœur. La confiance et la bienveillance qui les lie et qu’intègrera rapidement Prudence fait chaud au cœur, et ajoute au roman cette petite dose chaleureuse qui donne immanquablement envie d’y revenir… Et en ce qui concerne Prudence, je l’ai trouvée débrouillarde et dégourdie ; ses moments de doute n’en sont que plus touchants, et je suis curieuse de découvrir le secret que cache son passé…

J’ai passé un très bon moment à bord de l’Héliotrope : aventure et chasse aux trésor, secrets et magie… J’y retournerai avec grand plaisir avec les tomes suivants ; et si ce n’est pas encore fait, je vous conseille chaudement de, vous aussi, monter à bord !

Druide : sombres secrets au cœur de la forêt…

1123 après le Pacte.
Au nord vivent les hommes du froid et de l’acier, au sud errent les tribus nomades et au centre du monde règnent les druides. Leur immense forêt millénaire est un royaume d’ombres, d’arbres et de mystères. Nul ne le pénètre et tous le respectent au nom du Pacte Ancien. Les druides, seigneurs de la forêt, aident et conseillent les hommes avec sagesse mais un crime impensable bouleverse la loi de toutes les couronnes : dans la plus imprenable citadelle du Nord, quarante-neuf soldats ont été sauvagement assassinés sans que personne ne les entende seulement crier.
Certains voient là l’œuvre monstrueuse d’un mal ancien, d’autres usent du drame comme d’un prétexte pour relancer le conflit qui oppose les deux principales familles régnantes. Un druide, Obrigan, et ses deux apprentis ont pour mission de retrouver les assassins avant qu’une nouvelle guerre n’éclate. Mais pour la première fois, Obrigan, l’un des plus réputés maître loup de la forêt, se sent impuissant face à l’énigme sanglante qu’il doit élucider… Chaque nouvel indice soulève des questions auxquelles même les druides n’ont pas de réponses.
Une seule chose lui apparaît certaine : la mort de ces quarante-neuf innocents est liée aux secrets les plus noirs de la forêt.
~ Druide, d’Olivier Peru – Éditions Éclipse
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Ce livre est resté longtemps dans ma pàl : ce petit pavé plutôt sombre de réputation m’impressionnait, avec un petit côté horrifique peu rassurant… Finalement je me suis lancée, et tout va bien. Enfin…

J’avoue avoir refermé ce livre avec un sentiment assez mitigé. Sur certains points, c’était vraiment une excellente lecture : j’ai par exemple adoré l’atmosphère assez angoissante, qui donne presque une sensation de « huis-clos à ciel ouvert » lorsque la menace est dans les parages ! J’ai aussi beaucoup aimé l’univers en lui-même, avec ces ordres de druides qui entretiennent un lien particulier avec la forêt et mettent en place une relation touchante entre un maître et ses apprentis. La magie n’est pas réellement un pouvoir à part entière, c’est davantage quelque chose de l’ordre de l’instinct et de l’ouverture à la forêt et aux animaux ; en quelle sorte, elle m’a rappelé le Vif de l’Assassin Royal, avec une dimension plus sombre qui m’a particulièrement marquée. Quant à l’intrigue, elle apporte un côté « policier » plutôt plaisant à la trame classique de fantasy.

Pourtant, autant le début m’a happée, autant dès la moitié je décrochais déjà un peu… J’ai eu le sentiment que l’intrigue traînait en longueur, que les choses n’avançaient pas vraiment, et surtout que l’enquête initiale était complètement laissée de côté. Alors que le début tisse des liens entre la forêt et le monde extérieur, ces liens sont rapidement oubliés pour ne laisser que les druides renfermés sur eux-mêmes… Puis la grande révélation est arrivée, subitement, sous forme de récits dans le passé imbriqués les uns dans les autres et assez flous. Pouf, le mystère est levé, le problème est réglé, l’affaire est résolue. Finalement, il n’y aura pas vraiment eu d’enquête…

Je n’ai donc malheureusement pas été convaincue par le rythme de l’intrigue, défaut qui a pas mal pesé sur ma lecture. Pourtant, je n’ai pas passé un mauvais moment, puisque l’ambiance était prenante, et l’univers proposait des éléments intéressants. Je ne vous conseillerai donc que de vous faire votre propre avis si le livre vous intrigue, et je suis curieuse de savoir ce que vous en aurez pensé !

Vangual, le gros plouf…

« Dwilom, vieux nain et maître brasseur, n’est vraiment pas en veine. Alors qu’il effectuait un acheminement important de tonneaux de bière jusqu’à Tamatur, la cité souveraine, le voilà maintenant encombré d’un compagnon de voyage indésirable dont la bêtise est aussi profonde que le gouffre qui lui sert d’estomac. Et comme si cela ne suffisait pas, Dwilom va se retrouver mêlé à un sombre complot aux répercussions inimaginables.
Loin de là, à Borthalion, un frère et une sœur reviennent au pays après de longues années d’absence. Mais de mystérieux meurtres sévissent dans la région et semblent être les prémices d’une plus grande tragédie.
Des destins différents… »
— C’est un peu classique, nan ? Passez-moi votre crayon !
— Quoi ? Non ! Arrêtez !
— Il manque un côté épique ! Imaginez des tambours (boum, boum, boum) : « Un monde fantastique au passé sanglant. » (bruits de basses) « Un vieux brasseur encombre son estomac de bière pendant que son frère qui est sa sœur joue des percussions inimaginables dans un gouffre. » (explosion puis le titre apparait) « Bienvenue sur Vangual ! Terre d’aventures et de mystères… »
— Non, non, non et non, cela n’a aucun sens ! Cette histoire est parfaitement absurde ! Et d’abord, qui êtes-vous et que faites-vous ici ?
— Un chevalier solitaire dans un monde dangereux. Un héros des temps modernes. Dernier recours des innocents, des sans-espoirs, victimes d’un monde cruel et impitoyable. Je suis Stra…
— Vous m’insupportez ! Sortez tout de suite d’ici !
— Mais, je…
— J’ai dit ouste ! Et plus vite que ça ! Vous n’êtes même pas dans cette histoire.
— Ah, ah bon ?
— Ni dans la suivante d’ailleurs. Du vent ! Bon sang, il m’a fait rater mon résumé cet imbécile…

~ Vangual, tome 1 : Le verrou du temps, de Forman – Auto-édité
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Ce livre a été reçu et est chroniqué dans le cadre d’un service presse : merci à l’auteur pour sa confiance !

Ô rage, ô désespoir, aurais-je donc raté quelque chose ? Lorsque l’auteur m’a gentiment proposé de découvrir son roman, j’étais emballée : une fantasy drôle et légère, avec pourtant ce qu’il faut d’intrigue et des personnages attachants, c’est un mélange efficace dont je raffole ! D’autant que tous les avis sont particulièrement élogieux, j’y suis donc allée les yeux fermés.

Quelle ne fut pas ma déception, donc, quand j’ai décroché dès les premières pages… Je n’ai malheureusement pas su trouver, même de loin, ni ce que promet le résumé ni ce que semblent y avoir vu les autres lecteurs. Point d’humour, même d’un genre qui ne me ferait pas spécialement rire, point de personnages approfondis ni d’histoire haletante… Plus qu’un mauvais livre en soi, il m’a plutôt fait l’effet d’un livre trop peu retravaillé après le premier jet. Les idées sont là, et pourraient être très efficaces si elles n’étaient pas entravées par une écriture peu claire, des formulations qui n’apportent que trop peu de profondeur, et une narration rendue confuse par un rythme inégal et des anecdotes souvent superflues.

Pourtant, certaines scènes sont visuellement très efficaces et ont assez bien fonctionné avec moi. L’écriture très factuelle (trop de « dire », pas assez de « montrer » pour que j’aie cette sensation de véracité des événements) pourrait parfois presque être celle d’un scénario de film, qui serait alors une aventure que j’irais voir avec plaisir.

Je regrette donc d’être passée complètement à côté de cette lecture, qui pourtant semble faire l’unanimité auprès du lectorat. Je ne saurais donc que vous encourager à vous faire votre propre avis : mon avis n’est que le mien, et ce roman a certainement toutes ses chances pour vous plaire !

Un Haut-Royaume toujours plus sombre…

Après la mort du Haut-Roi, s’ensuit une période de deuil pour le Haut-Royaume – période durant laquelle les complots se trament et les dagues s’aiguisent avant l’ouverture du testament royal. Le prince Yrdel, héritier légitime, et le prince Alan, soutenu par la reine et son frère le prince-cardinal Jall, se disputent déjà le trône en coulisses. Comme ils se disputent les faveurs de Lorn, capitaine d’une Garde d’Onyx de plus en plus puissante et influente…
De son côté, Lorn poursuit comme toujours ses propres objectifs tout en semblant servir le Haut-Royaume. Et quand la Guerre des Trois Princes éclate, il pourrait bien être celui qui apportera la victoire…
~ Haut-Royaume, tome 3 : Le Roi, de Pierre Pevel – Bragelonne
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J’ai une affection toute particulière pour cette saga, découverte il y a déjà quelques années : j’avais dévoré les deux premiers tomes, attendu la sortie du troisième en poche… et complètement oublié de continuer depuis. Il est plus que temps de rattraper mon retard !

Avant de me plonger dans ce tome 3, j’ai pris le temps de redécouvrir les deux premiers tomes en audio, et j’ai bien fait : je connaissais déjà l’histoire donc ça ne posait pas de problème de l’écouter d’une oreille distraite, et ça m’a permis de me rappeler pas mal de détails ! D’autant plus que cette version audio est plutôt bien lue et s’écoute facilement.

Quel bonheur de retrouver ces personnages et cet univers ! Comme les deux premiers, j’ai dévoré ce tome-ci en quelques heures à peine : le style est fluide et les pages se tournent à une vitesse folle… Les intrigues se complexifient, sans pour autant que l’on s’y perde, et il devient passionnant de suivre l’évolution des enjeux qui entourent les héritiers du trône.

Mais le sujet central est et demeure Lorn, ce personnage toujours aussi sombre, dont j’ai particulièrement aimé l’évolution dans ce tome-ci. Jusqu’à présent, il était celui que l’on suivait et tenait en haute estime. Petit à petit, à mesure que son humeur s’obscurcit, ses motivations deviennent moins claires, jusqu’à ce qu’on ne puisse plus savoir vraiment quels sont ses desseins et si on peut toujours, loyal lecteur, se fier à lui ou non…

Ce tome me relance donc dans cette saga chouchou, et j’y ai trouvé plus que mon compte : de l’action et des complots, des rebondissements, et un personnage de plus en plus mystérieux… Vivement le tome suivant !

Prospérine Virgule-Point : sang d’encre au pays de la ponctuation

Demi-Mot aurait pu être un village ordinaire, s’il n’était pas bâti à la limite du Texte. Jour après jour, les habitants polissent et astiquent les lettres ; ils entretiennent ces milliers de caractères qui, sans leur concours, se seraient déjà effondrés. Chez les Virgule-Point, l’aînée de la fratrie a choisi une voie bien différente : fleuriste ! Elle préfère bichonner des Trompettes à pétales plutôt que de faire prospérer l’empire des points et des virgules. Mais un événement inexplicable ne tarde pas à l’entraîner dans une spirale qui la dépasse. Et si l’avenir du village était en jeu ? Et si tout était lié à la Phrase sans fin, cette mystérieuse phrase laissée en suspens par l’Auteur ?
~ Prospérine Virgule-Point et la Phrase sans fin, de Laure Dargelos – Éditions Rivka
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Impossible de ne pas être intrigué.e par un tel livre : un joli semi-poche en hardback avec des illustrations colorées et une mise en page complètement chamboulée a effectivement de quoi attirer l’œil ! Et c’est sans compter son résumé si accrocheur…

Comme beaucoup d’autres, je n’ai pas pu résister à la curiosité, et quelle belle lecture j’ai passée ! L’univers, basé sur les mots, les lettres et la ponctuation, joue magnifiquement bien avec la langue française, sa grammaire et son orthographe. J’ai été ravie d’observer que tout au long du texte, au fur et à mesure que l’autrice distille les éléments, cet univers s’étoffe et acquiert une réelle profondeur. On ressent très bien l’histoire de ce monde, son fonctionnement économique, les différences sociales qui le traversent… Je m’attendais à quelque chose de loufoque mais assez simple, et l’autrice m’a très agréablement surprise sur ce point.

Le travail éditorial est aussi d’excellente qualité, puisque le livre est rempli d’illustrations qui interagissent directement avec le texte et contribuent à mettre en avant le travail de l’autrice sur les mots. Le résultat est un texte très agréable à lire, où la surprise nous guette à chaque tournant de page !

Quant à l’histoire en elle-même, c’est encore une réussite. Suivant le schéma classique d’un roman policier, où un meurtre initial emmène les protagonistes sur la piste de quelque chose de bien plus gros, ce roman propose une intrigue pleine de péripéties et de rebondissements qui tiennent en haleine. J’ai aussi apprécié les personnages, hauts en couleurs et pourtant très nuancés. J’ai particulièrement aimé suivre Ernest, frère de l’héroïne, que j’ai trouvé touchant et dont j’ai aimé suivre l’évolution.

Pour moi, ce roman coche toutes les cases d’une excellente découverte : un livre incroyable à parcourir, au ton léger et à l’univers travaillé ! Il plaira tout particulièrement aux plus grands, qui chercheront entre les lignes les clins d’œils adressés à leurs souvenirs de vieilles leçons de français…

Le Chien du Forgeron : quand l’animal fait la légende…

Approchez, approchez ! Alors que tombe la nuit froide, laissez moi vous divertir avec l’histoire de Cuchulainn, celui que l’on nomme le Chien du Forgeron ; celui qui s’est rendu dans l’Autre Monde plus de fois qu’on ne peut le compter sur les doigts d’une main, celui qui a repoussé à lui seul l’armée du Connacht et accompli trop d’exploits pour qu’on les dénombre tous.
Certains pensent sans doute déjà tout connaître du Chien, mais l’histoire que je m’apprête à vous narrer n’est pas celle que chantent les bardes. Elle n’est pas celle que l’on se raconte l’hiver au coin du feu. J’en vois parmi vous qui chuchotent, qui hésitent, qui pensent que je cherche à écorner l’image d’un grand homme. Pourtant vous entendrez ce soir l’histoire du Chien. L’histoire derrière la légende. L’homme derrière le mythe.
Approchez, approchez ! Venez écouter le dernier récit d’un homme qui parle trop…
~ Le Chien du Forgeron, de Camille Leboulanger – Argyll
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Qu’il est bon de se lancer dans une lecture sans rien savoir de ce qu’on va y trouver… Pour celle-ci, j’y suis allée juste pour sa sublime couverture et quelques mots-clés glanés dans le résumé au dos, et je n’ai pas été déçue !

Il s’agit d’un récit particulièrement déroutant. Racontée par la voix de celui qui l’a connu dans l’ombre (et dont on apprendra peu à peu l’identité), on découvre ici l’histoire du Chien du Forgeron, de sa naissance à sa mort, de son premier nom à celui qui fit sa légende. C’est un style de narration que j’aime beaucoup, celle du personnage qui, à l’occasion d’une veillée, se met à conter à son auditoire auquel est intégré le lecteur ; et dans ce roman-ci j’ai été particulièrement happée par le conteur et par son histoire.

D’ailleurs, tout au long du récit, ce conteur ne cache pas son désamour pour celui dont il conte la légende : ce récit n’est pas fait pour être une légende. Ce n’est pas l’épique destin d’un homme légendaire, ni la tragique destinée d’un anti-héros déchu. Ça n’est pas même « l’histoire derrière la légende », comme on présente souvent les côtés plus sombres d’un personnage. C’est la réelle déconstruction du mythe : le Chien du Forgeron n’a pas une once de bien en lui, mais une animalité féroce, qui ne laisse que peu de place à l’humain.

Au fil du roman, on observe donc le déchaînement de cette bête furieuse. Peut-elle se lier à celles et ceux qui l’entourent ? Détient-elle autre chose que douleur et destruction ? A-t-elle réellement une place dans ce monde ? Dans la narration en elle-même, peut de choses autres que les faits sont racontés, et l’histoire avance parfois plutôt vite. Mais ce roman amène à questionner beaucoup de choses, à lire entre les lignes, à prendre du temps dans sa lecture. Et s’il demeure impossible de s’attacher à ce personnage, j’ai quand même versé une larmichette à la fin…

Je savais vaguement que Cúchulainn, le Chien du Forgeron, était un personnage de la mythologie celtique. Je pensais aller me renseigner davantage sur lui pour étoffer ma lecture, mais ce fut une expérience si singulière que je n’ai pas voulu m’en détourner l’esprit. Je vous la conseille vivement si vous cherchez des romans qui déroutent, et je suis comme d’habitude curieuse d’avoir vos retours si vous tentez l’expérience !

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Les chevaliers du Tintamarre : du tintouin dans la basse-ville

Silas, Morue et Rossignol rêvent d’aventures et de grands faits d’armes tout en vidant chope de bière sur chope de bière à la taverne du Grand Tintamarre, qu’ils peuvent à peine se payer.
Lorsque la fantasque et très inégalitaire cité de Morguepierre, entassée sur les pentes d’un volcan, devient le théâtre d’enlèvements de jeunes orphelines et voit des marie-morganes s’échouer sur ses plages, les trois compères se retrouvent adoubés par un vieux baron défroqué et chargés de mener l’enquête. Les voilà lancés sur les traces d’un étrange spadassinge, d’un nain bossu et d’un terrible gargueulard, bien décidés à leur mettre des bâtons dans les roues… et des pains dans la tronche.
~ Les chevaliers du Tintamarre, de Raphaël Bardas – Mnémos
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Ce roman-là me faisait de l’œil depuis un moment (on ne va pas se le cacher, la couverture n’y est pas pour rien), c’est donc avec une impatience toute particulière que je me suis plongée dans cette lecture !

Le début m’a happée, avec cette atmosphère un peu poisseuse, ces bas-fonds obscurs, cette ville si particulière, et ces personnages mal assortis et hauts en couleurs, qui rêvent de noblesse de cœur et d’âme depuis les tréfonds sordides d’une sombre cité. Les premières pages, remplies d’action, m’ont fait l’effet d’une entrée en trombe ! Dès le début, l’humour est décoiffant et le style est vif : ça part bien !

Et puis, l’intrigue se met en place. Elle est d’emblée assez complexe, et met en relation de nombreuses couches de cette société branlante. Mais je l’ai trouvée floue, peu limpide… Et malheureusement, à trop en faire, l’humour est passé de burlesque à grotesque, de grivois à lourd et gras. J’ai eu le sentiment d’un récit qui se cherche, qui n’a pas encore trouvé son équilibre…

Peu à peu, alors que l’histoire avance et que les personnages progressent, j’ai eu la sensation que toute tentative « d’humour pour l’humour » a été laissée de côté. Le récit s’est concentré sur les personnages, drôles par eux-mêmes quand c’était nécessaire, sinon simplement attachants. L’enquête a pris de l’ampleur, développant encore davantage l’aspect sinistre de l’univers, avec même quelques scènes profondément glauques. À cesser de vouloir trop en faire, j’ai trouvé que le récit était enfin parvenu à trouver un équilibre entre burlesque et policier, et offre alors une dernière partie et un dénouement particulièrement plaisants !

Au final, j’ai été prise par cette enquête, et même s’il y a eu des hauts et des bas dans ma lecture, je considère que j’y ai passé un bon moment. Cela dit, je comprends que ce roman déroute, et qu’il puisse ne pas correspondre aux attentes qu’on peut en avoir. Si vous tentez l’expérience, je serais curieuse de savoir ce que vous en avez pensé !

Les Veilleurs de Glargh, enquête au pays des bras cassés

Dans la grande cité de Glargh, en terre de Fangh, de fiers soldats font régner l’ordre. Bon, la plus grande part du boulot consiste à faire des rapports sur les dégâts provoqués par les aventuriers, mais la présence des uniformes rouges dans les rues rassure les badauds. C’est déjà ça.
Parmi ces respectables veilleurs, l’unité Furets est considérée comme de la bleusaille incompétente. Et plutôt mal assortie, par-dessus le marché : autour de l’héritier d’une longue lignée de charcutiers, on trouve notamment un ingénieur porté sur la bouteille, une amazone à la beigne facile, un médecin trop bavard, une Drow susceptible, un nobliau pistonné et même un Nain ! Puis voilà qu’on leur colle, en plus, une experte en magie dont personne ne sait trop quoi faire…
Quand les Furets se voient confier une véritable mission, ils s’imaginent que leur chance a tourné. Enfin une enquête digne de ce nom, et sur un double meurtre ! Mais à mesure que les indices pointent vers des personnages aussi puissants que dangereux, les Furets commencent à douter. L’affaire ne serait-elle pas trop grosse pour eux ? À croire qu’ils ont été choisis exprès pour échouer !
~ Les Veilleurs de Glargh, de John Lang – J’ai Lu
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Le Donjon de Naheulbeuk, c’est l’univers de mon adolescence : je connaissais les épisodes par cœur, j’ai dévoré tous les livres, découvert à partir de là bien d’autres sagas MP3… Autant dire que quand j’ai vu celui-ci à la librairie, je l’ai ramené à la maison pour ma petite dose de nostalgie.

Et ce roman a été pile à la hauteur de ce que je lui demandais ! J’ai retrouvé avec délice l’univers de Fangh et ses loufoqueries, ses Nains et ses mages, cette ambiance qui sent bon les souvenirs d’ado… Pour la première fois, on suit un groupe de personnages complètement inédits, qui certes rappellent souvent les héros que nous connaissons, mais qui savent pourtant se démarquer : l’équipe, plus grande, est composée de soldats aux origines et profils variés. Si on retrouve la Barbare et le Nain, on découvre par exemple une Efle Noire, un médecin, un artilleur… Ces nouvelles têtes, ajoutées au contexte assez nouveau d’une milice urbaine, apportent une petite dose de fraîcheur qui fait du bien.

Côté histoire, nos soldats sont envoyés sur une enquête mystérieuse, qui se révèle rapidement bien plus complexe qu’il n’y paraît. J’ai souvent eu l’impression que cette enquête n’était pourtant pas tant que ça au centre du propos, qui se concentre avant tout sur les personnages et leurs incapacités respectives à faire face aux événements qui leur tombent dessus. Du pur John Lang, quoi. Il n’y a donc pas vraiment moyen d’enquêter en tant que lecteur, mais comme dit plus haut, je ne suis pas venue pour ça, et j’ai passé un excellent moment à suivre les nombreuses péripéties ! La fin est peut-être un poil rapide, mais quelque part c’est tout aussi bien : on a suivi les personnages jusqu’au bout de ce qu’ils pouvaient faire, à d’autres maintenant de s’occuper de la suite des événements. Et qui sait-peut-être aurons-nous une suite ?

Seul petit bémol : je ne le conseillerais pas à des personnes qui ne connaissent pas du tout l’univers, étant donné que l’auteur ne prend pas vraiment le temps de le présenter ici, ni de rappeler les événements de l’Orbe de Xaraz et du Conseil de Suak… Pour tous les adeptes, par contre, c’est une très bonne lecture que je vous conseille chaudement !