Les Dames de Marlow : meurtres et mots-croisés

Dans la petite ville de Marlow, en Angleterre, Judith Potts, 77 ans, mène la vie qui lui plaît. Elle boit un peu trop de whisky et se baigne toute nue dans la Tamise, et alors ? Au pays des excentriques, elle est la reine !
Un soir, elle entend, provenant de la maison de son voisin, un cri suivi d’un coup de feu. Elle en est sûre : un meurtre a été commis. Mais la police ne la croit pas. Pas d’énigme sans solution pour Judith Potts ! La vieille anglaise passionnée de mots-croisés va se lancer dans l’enquête avec, à ses côtés, Becks, la femme du vicaire, et Suzie, la promeneuse de chien et commère attitrée de Marlow. Vous reprendrez bien un nuage de crime avec votre thé ?
~ Les dames de Marlow enquêtent, tome 1 : Mort compte triple, de Robert Thorogood – La Martinière
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Amatrice de cosy mystery à mes heures perdues, j’ai évidemment été attirée par le résumé loufoque de cette nouvelle série : ni une ni deux, j’ai foncé.

Il est un mystère qui ne restera pas secret bien longtemps : j’ai adoré cette lecture ! Allez savoir pourquoi, à chaque fois que je me lance dans une nouvelle série de cosy mystery, j’ai toujours la petite appréhension de tomber dans un récit écrit à la va-vite, qui surfe sur la vague des tendances actuelles sans vraiment apporter grand chose. Ici, j’ai été agréablement surprise, aussi bien par les personnages que par l’intrigue.

J’ai immédiatement été prise d’affection pour Judith Potts, la protagoniste principale, qui est à la fois complètement loufoque et pleine de nuances. Mine de rien, on la voit déjà évoluer un peu dans ce premier tome, et l’étrange trio qu’elle forme avec Becks et Suzie est plutôt touchant : elles savent s’entraider et se complètent d’une très belle manière. J’ai hâte de les voir à nouveau à l’œuvre !

Quant à l’intrigue, pour une fois, elle ne m’a pas embrouillé le cerveau ! Malgré quelques pistes un peu faibles et rapidement abandonnées au début, j’ai bien aimé la manière dont les éléments apparaissent un à un : chaque nouvelle découverte amène à complètement revoir nos théories et à réétudier les liens entre les protagonistes. Alors que je me laisse habituellement porter, cette fois-ci j’ai même réussi à deviner une partie de la résolution !

Si j’entrais dans cette enquête curieuse mais avec un peu d’appréhension, j’ai vite été conquise par les personnages et la narration. L’ambiance est tout juste comme je les aime, et l’équilibre entre les éléments est maîtrisé : je lirai la suite de cette nouvelle série avec grand plaisir !

Un Noël presque parfait pour Agatha Raisin

Bientôt Noël. Le sapin sent le roussi pour Agatha Raisin qui ne digère toujours pas d’avoir été larguée par James Lacey. Pour se forcer à l’oublier, elle se lance à corps perdu dans la préparation du réveillon pour ses amis. Jusqu’à en faire une obsession…
Même le meurtre de Mrs Tamworthy, retrouvée morte après un repas arrosé à la ciguë ne la détourne pas de son but. Pourtant, la riche veuve avait prévenu Agatha : elle était convaincue qu’un membre de sa famille voulait la l’assassiner avant la fin de l’année. Se sentant quelque peu coupable, Agatha part sur les traces du meurtrier, bien décidée à le piéger avant le réveillon pour avoir le temps de préparer sa dinde !
~ Agatha Raisin: Kissing Christmas Goodbye (titre VF : Agatha Raisin : Un Noël presque parfait), de M.C. Beaton – Éditions Constable
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Le petit vent de renouveau lancé sur la série il y a quelques tomes, avec la lancée de l’agence de détectives d’Agatha, poursuit ici sa lancée, et ça fait toujours autant plaisir !

Le nouveau format donné à l’équipe d’Agatha, composée maintenant d’enquêteurs professionnels embauchés par son agence, fonctionne pour l’instant toujours autant pour moi : elle apporte tout un lot de personnages auxquels je commence à vraiment m’attacher, et permet d’introduire régulièrement de nouveaux arrivants tout aussi intéressants. Dans ce tome-ci, on rencontre par exemple la jeune Toni, dont j’ai apprécié l’esprit débrouillard, et avec qui Agatha tisse un lien plutôt inattendu. Par ailleurs, ses acolytes plus anciens développent le côté plus amical de leurs relations, et peuvent se montrer parfois plus touchants, protecteurs et dévoués à leur amie.

Mais comme toujours, c’est Agatha elle-même qui fait tout l’intérêt de chaque tome. Elle se met ici en tête d’organiser un Noël parfait, et s’il est drôle de voir les péripéties dans lesquelles elle s’embarque pour y arriver, j’ai trouvé touchant de voir se rassembler autour d’elle tous ces personnages qui se sont pris d’amitié pour notre détective préférée au fil des tomes.

Quant à l’enquête, elle est comme d’habitude haute en couleurs, avec des personnages extravagants, et un cadre cette fois-ci assez particulier. J’ai suivi ses rebondissements avec plaisir, et n’ayant pas forcément essayé de la résoudre moi-même, je n’avais rien vu venir des révélations finales…

Au final, j’ai donc passé une très agréable lecture avec ce dix-huitième tome des enquêtes d’Agatha Raisin, avec un personnage de plus en plus touchant et une ambiance toujours aussi agréable !

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Tome 17 : Cache-cache à l’hôtel

Le Corbeau d’Oxford : petits secrets en haute société

Oxford, 1960. Lorsque Sir Marcus Deering, un riche industriel de la région, reçoit plusieurs lettres de menace anonymes, il prend le parti de ne pas s’en inquiéter. Mais bientôt, un meurtre est commis, et les meilleurs éléments de la police d’Oxford sont mobilisés.
La toute jeune policière Trudy Loveday rêverait de participer à une affaire aussi importante, mais ses supérieurs coupent rapidement court à ses ambitions. Écartée de l’enquête et chargée d’assister le brillant mais peu amène Dr Clement Ryder, médecin légiste, sur une affaire classée, elle se retrouve pourtant très vite au cœur d’une énigme qui pourrait bien la mener sur la piste du mystérieux corbeau d’Oxford…
~ Loveday and Ryder, tome 1 : Le corbeau d’Oxford, de Faith Martin – Éditions Harper Collins (Noir)
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Et hop, un cosy mystery de plus, qui ne détrônera certainement pas ma chère Agatha Raisin, mais que j’ajouterai certainement à ma liste de séries à suivre tranquillement. Léger, agréable mais pas inoubliable, cette lecture a très bien rempli sa tâche de me faire passer une chouette lecture !

Contrairement à la plupart des autres romans du genre, celui-ci penche davantage du côté policier, avec les personnages de Trudy Loveday, fraîchement entrée dans les forces de l’ordre, et le Dr Clement Ryder, ancien légiste reconverti en coroner, qui forment un duo incongru mais plaisant. Du fait de leurs professions respectives, le récit se concentre beaucoup plus sur l’enquête en elle-même et s’en écarte peu. Je me suis plus attachée au duo de Loveday et Ryder, dans leurs interactions et leur fonctionnement, qu’aux personnages en eux-mêmes (quoique Ryder et ses problématiques de santé m’ont touchée), donc ce manque de profondeur ne m’a pas dérangée outre mesure.

L’histoire était quant à elle bien ficelée ! J’ai eu la satisfaction de deviner une partie des explications, sans pour autant avoir pu tout prédire, et ça m’arrive suffisamment rarement pour être souligné. L’intrigue est un vrai sac de nœuds, dont l’autrice tire plusieurs ficelles, et nous en dévoile les rapprochements peu à peu. J’ai parfois été un peu perdue, à perdre de vue l’un des fils (pour reprendre cette métaphore !) et ne plus me souvenir d’où il mène, mais je me suis laissée porter et, puisque finalement tout s’éclaire, cela n’a pas non plus posé de problème.

Ce premier tome ne sera pas inoubliable pour moi, mais m’aura fait passer une excellente lecture, au ton léger et au duo de protagonistes attachants : je lirai la suite avec plaisir ! Et vous, quelles sont vos séries préférées de cosy mystery ?

Les Sorcières de Pendle : « être une femme est le plus grand risque qui soit »

Lancashire, Pendle, 1612. À 17 ans, Fleetwood Shuttleworth est enceinte pour la quatrième fois. Mais après trois fausses couches, la maîtresse du domaine de Gawthorpe Hall n’a toujours pas donné d’héritier à son mari. Lorsqu’elle croise le chemin d’Alice Gray, une jeune sage-femme qui connaît parfaitement les plantes médicinales, Fleetwood voit en elle son dernier espoir. Mais quand s’ouvre un immense procès pour sorcellerie à Pendle, tous les regards se tournent vers Alice, accusée comme tant d’autres femmes érudites, solitaires ou gênantes.
Alors que le ventre de Fleetwood continue de s’arrondir, la jeune fille n’a plus qu’une obsession pour sauver sa vie et celle de son bébé : innocenter Alice. Le temps presse et trois vies sont en jeu. Etre une femme est le plus grand risque qui soit.
~ Les Sorcières de Pendle, de Stacey Halls – Éditions Pocket
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Quoi de mieux que cette saison d’automne où la nature est en feu pour se plonger dans le récit poignant d’un destin de sorcière ?

Avec ce roman, j’ai passé une excellente lecture. Happée dès les premières pages, j’ai été emportée avec Fleetwood dans le Lancashire du XVIIe siècle. Au milieu de cette bourgeoisie rurale qui l’entoure, tout est éloigné de tout, les faux-semblants sont nombreux et les amis rares. Si bien que lorsque Fleetwood rencontre Alice, elle trouve quelqu’un qui peut la sauver non seulement de sa grossesse compliquée mais aussi de sa solitude écrasante.

J’ai beaucoup aimé ce duo de personnages. Même si elle évolue, leur relation se fait toujours en nuance, en ambigüité. Les contours oscillent, se renforcent ou s’étirent, mais les deux femmes restent toujours attachées l’une à l’autre, autant par affection que par besoin. Du côté des personnages masculins, j’ai aimé les voir assez variés, pour soutenir des points de vue différents (dans la limite de l’historiquement réaliste) face à Fleetwood et Alice. La misogynie est présente, insidieuse, mais là où certains personnages ne font que répéter ce qu’on leur a toujours assené, d’autres en jouent avec une cruauté horripilante.

Pour ce qui est des événements, je m’attendais à plus de rebondissements, mais le récit est en fait plutôt tourné vers le sentiment d’impuissance, de solitude et d’enfermement que ressent Fleetwood. Et c’est, je pense, le propos du roman : faire ressentir à quel point le simple fait d’être femme peut représenter tant de portes verrouillées, sans parler de l’envie d’être libre et indépendante…

Les Sorcières de Pendle est un récit profondément touchant, d’autant plus lorsqu’on sait qu’il est basé sur des faits réels et un procès ayant réellement condamné neuf femmes et un homme à la pendaison. C’est également une poignante histoire de femmes, que je vous conseille chaudement !

Agatha Raisin, des trombes d’eau et d’émotions

Entre son agence de détective qui tourne au ralenti et les réunions des dames de Carsely, Agatha s’ennuie. Aussi est-elle enchantée lorsque son ex-mari James Lacey l’invite pour des vacances mais – horreur ! – sa conception d’un séjour idyllique est le petit hôtel décrépi de Burryhill-on-Sea où, enfant, il passait ses étés. Et tout va de mal en pis : quand un autre client de l’hôtel est assassiné, Agatha est la principale suspecte et se voit obligée de résoudre l’affaire depuis sa cellule de prison !
~ Agatha Raisin: Love, Lies and Liquor (titre VF : Agatha Raisin : Cache-cache à l’hôtel), de M.C. Beaton – Éditions Constable
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Quand je ne sais pas quoi lire, je lis un Agatha Raisin : c’est léger, prenant, ça se lit vite, et je suis tellement bien dans cet univers !

Ce tome-ci a été particulièrement agréable à lire. Depuis qu’Agatha a fondé son agence de détective privée, je trouve que la série a retrouvé un regain d’énergie, mais dans ce tome-ci c’est Agatha elle-même qui m’a surprise par son évolution ! Sa relation avec « les hommes de sa vie » prend un tournant inattendu, et ça fait du bien de voir Agatha reprendre du poil de la bête. Pour ce qui est de ses employés, je m’attache davantage à eux tome après tome, et j’ai aimé les voir prendre de l’importance dans son entourage aussi bien que dans l’enquête.

Concernant l’enquête en elle-même justement, j’ai eu peur au début qu’elle prenne le même chemin que celle d’un des tomes précédents, mais l’intrigue s’est rapidement démarquée, là encore avec des retournements de situation plutôt inattendus. L’équilibre entre l’avancée de l’enquête et des tribulations personnelles d’Agatha était plutôt bien géré, avançant de manière égale tout au long du récit. Mention spéciale pour la météo, pluvieuse bien comme il faut tout au long du livre, parfaite pour une lecture de fin d’été, quand on se languit de l’automne !

Je retiendrai donc de ce tome un très bon équilibre entre tous les éléments, et un certain renouveau qui fait du bien. J’espère que le tome suivant continuera sur cette lancée, parce que je suis encore loin de me lasser de cette chère Agatha Raisin ! Et vous, quels sont vos séries de cosy mystery préférées ?

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Tome 18 : Un Noël presque parfait