Sauver l’Humanité : Johnny n’était pas prêt

Johnny est un jeune garçon moderne passionné de jeux vidéos. Justement, il vient d’en acquérir un nouveau : Le Sauveur de l’humanité ! Ça se passe dans l’espace et il s’agit de détruire un maximum de vaisseaux ennemis. Mais soudain, un message apparaît sur l’écran : « Nous nous rendons ». Johnny a beau chercher, cet épisode n’est pas prévu dans le mode d’emploi. Le voilà au début d’une sacrée aventure…
~ Les aventures de Johnny Maxwell, tome 1 : Le sauveur de l’humanité, c’est toi !, de Terry Pratchett – L’Atalante
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Avide dévoreuse des romans de Terry Pratchett dans l’univers du Disque-Monde, j’étais vraiment curieuse de découvrir ce dont l’auteur est capable dans un monde beaucoup plus contemporain. Alors j’ai tenté, et je saurai maintenant à quoi m’en tenir…

Sur le papier, tout était pourtant fait pour me plaire : un héros perdu, un bon vieux jeu vidéo, un univers loufoque et la plume si unique de Pratchett… Sauf que je n’ai accroché à rien du tout. Rien. Le gros flop.

Cette lecture m’a donné un énorme sentiment de flou. Plusieurs fois au cours de cette lecture pourtant très courte, j’ai tenté de me souvenir de l’intrigue, des enjeux… Et je n’en ai vu aucun. Pourquoi les personnages du jeu vidéo prennent-ils soudain vie ? D’où viennent-ils, pourquoi en partent-ils ? D’ailleurs, pourquoi Johnny ? J’ai trouvé très peu de réponses, et me suis même forcée un peu pendant ma lecture à chercher des questions, un semblant d’intérêt à l’intrigue…

Au-delà de l’intrigue, je ne me suis pas non plus attachée aux personnages. Johnny est d’une extrême banalité, les extra-terrestres sont bien trop peu exploités, et les rares camarades de Johnny se résument à quelques adjectifs et un surnom qui fait un peu grincer des dents en 2022. Quant au style si marqué de Pratchett, j’étais tellement perdue dans ce flou incompréhensible et inintéressant que je ne l’ai même pas aperçu…

Cette lecture fut donc une belle déception. Je continuerai à savourer les Annales du Disque-Monde (si d’ailleurs l’envie vous prend de vouloir y plonger à votre tour, je vous ai concocté un petit guide juste ici), mais en-dehors de cet univers je saurai malheureusement baisser mes attentes de cet auteur…

Les Chroniques de St-Mary’s : histoire, complots et explosions

À l’institut St Mary de recherche historique, les historiens n’étudient pas seulement le passé, ils le visitent.
Derrière l’innocente façade de St Mary, le secret du voyage dans le temps a été découvert et reste bien gardé. Les chercheurs en Histoire ont ainsi une méthode de travail tout à fait particulière : ils « étudient en temps réel les événements majeurs de l’Histoire ». En se faisant passer pour d’inoffensifs excentriques, ils tentent de répondre à certaines questions qui n’ont jamais été résolues, sans jamais toucher au cours de l’Histoire… au risque d’en mourir.
Madeleine Maxwell, une jeune et brillante historienne est contactée par son ancien professeur afin de rejoindre l’équipe de l’Institut St Mary. Au cours de son étrange entretien d’embauche, Maxwell comprend vite les possibilités qui s’offrent à elle…
De la disparition de Pompéi aux tranchées de la Première Guerre mondiale, du grand incendie de Londres à la destruction de la bibliothèque d’Alexandrie, la jeune historienne va revivre d’extraordinaires événements. Alors qu’au sein de l’institut naissent des enjeux de pouvoir…
~ Les chroniques de St Mary’s, tome 01 : Un monde après l’autre, de Jodi Taylor – Éditions HC
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Peut-on avoir un « coup de cœur-doudou » ? Non pas la claque énormissime, mais ce moment de lecture tellement agréable que, immédiatement, tous les tomes suivants passent tout droit dans la catégorie « pioche des lectures doudou ultimes » ? Parce que je crois bien que c’est l’effet que m’a fait cette lecture. Du début à la fin, j’ai adoré. J’ai été emportée, j’ai dévoré les pages par dizaines, et à la fin je n’avais qu’une envie : en reprendre encore un peu.

Premièrement, j’ai tout de suite accroché avec le personnage principal, Madeleine Maxwell. Elle est drôle, dynamique, et j’ai apprécié de ne pas avoir, pour une fois, une héroïne qui mette la moitié d’un tome à comprendre la situation et l’autre à se questionner en permanence… Comme les lecteurs, Maxwell se plonge tête baissée dans les événements pour y défendre bec et ongles ses valeurs et ses convictions !

L’Institut, ensuite, représente presque un individu à part entière : complètement fantasques, obstinés et indisciplinés, ses membres forment un véritable chaos organisé, une communauté soudée qu’il est bon de voir se déployer autour de Maxwell. J’avoue que c’est cet Institut, cette ambiance si chaleureuse et explosive, que j’ai le plus hâte de retrouver dans les prochains tomes…

Côté intrigue, rien à redire non plus ! Le récit est bourré d’action – tout en ne négligeant pas de créer un réel attachement pour les personnages – et les pages défilent si vite ! J’ai même eu la surprise de voir se terminer la première intrigue assez rapidement, pour qu’ensuite une pléthore de rebondissements viennent clôturer ce premier tome en beauté.

Je pense que c’est clair : j’ai extrêmement hâte de retourner à St Mary ! Et vous, vous connaissez cette série ? Quelle saga vous fait cet effet « doudou ultime » ?

Les chevaliers du Tintamarre : du tintouin dans la basse-ville

Silas, Morue et Rossignol rêvent d’aventures et de grands faits d’armes tout en vidant chope de bière sur chope de bière à la taverne du Grand Tintamarre, qu’ils peuvent à peine se payer.
Lorsque la fantasque et très inégalitaire cité de Morguepierre, entassée sur les pentes d’un volcan, devient le théâtre d’enlèvements de jeunes orphelines et voit des marie-morganes s’échouer sur ses plages, les trois compères se retrouvent adoubés par un vieux baron défroqué et chargés de mener l’enquête. Les voilà lancés sur les traces d’un étrange spadassinge, d’un nain bossu et d’un terrible gargueulard, bien décidés à leur mettre des bâtons dans les roues… et des pains dans la tronche.
~ Les chevaliers du Tintamarre, de Raphaël Bardas – Mnémos
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Ce roman-là me faisait de l’œil depuis un moment (on ne va pas se le cacher, la couverture n’y est pas pour rien), c’est donc avec une impatience toute particulière que je me suis plongée dans cette lecture !

Le début m’a happée, avec cette atmosphère un peu poisseuse, ces bas-fonds obscurs, cette ville si particulière, et ces personnages mal assortis et hauts en couleurs, qui rêvent de noblesse de cœur et d’âme depuis les tréfonds sordides d’une sombre cité. Les premières pages, remplies d’action, m’ont fait l’effet d’une entrée en trombe ! Dès le début, l’humour est décoiffant et le style est vif : ça part bien !

Et puis, l’intrigue se met en place. Elle est d’emblée assez complexe, et met en relation de nombreuses couches de cette société branlante. Mais je l’ai trouvée floue, peu limpide… Et malheureusement, à trop en faire, l’humour est passé de burlesque à grotesque, de grivois à lourd et gras. J’ai eu le sentiment d’un récit qui se cherche, qui n’a pas encore trouvé son équilibre…

Peu à peu, alors que l’histoire avance et que les personnages progressent, j’ai eu la sensation que toute tentative « d’humour pour l’humour » a été laissée de côté. Le récit s’est concentré sur les personnages, drôles par eux-mêmes quand c’était nécessaire, sinon simplement attachants. L’enquête a pris de l’ampleur, développant encore davantage l’aspect sinistre de l’univers, avec même quelques scènes profondément glauques. À cesser de vouloir trop en faire, j’ai trouvé que le récit était enfin parvenu à trouver un équilibre entre burlesque et policier, et offre alors une dernière partie et un dénouement particulièrement plaisants !

Au final, j’ai été prise par cette enquête, et même s’il y a eu des hauts et des bas dans ma lecture, je considère que j’y ai passé un bon moment. Cela dit, je comprends que ce roman déroute, et qu’il puisse ne pas correspondre aux attentes qu’on peut en avoir. Si vous tentez l’expérience, je serais curieuse de savoir ce que vous en avez pensé !

Trois Sœurcières : un Pratchett, ça fait toujours plaisir

Le vent, l’orage et les éclairs… Tout cela dans l’horreur d’une profonde nuit. Une de ces nuits, peut-être, où les dieux manipulent les hommes comme des pions sur l’échiquier du destin.
Au cœur des éléments déchaînés luisait un feu, tel la folie dans l’œil d’une fouine. Il éclairait trois silhouettes voûtées. Tandis que bouillonnait le chaudron, une voix effrayante criailla :
« Quand nous revoyons-nous, toutes les trois ? »
Une autre voix, plus naturelle, répondit :
« Ben, moi j’peux mardi prochain. »
Rois, nains, bandits, démons, héritiers du trône, bouffons, trolls, usurpateurs, fantômes, tous sont au rendez-vous. Shakespeare n’en aurait pas rêvé autant. Ou peut-être que si ? Mais l’avantage du roman par rapport au théâtre, c’est que l’on peut s’autoriser beaucoup, beaucoup plus de personnages. Et même le ravitaillement en vol d’un balai de sorcière !
~ Trois Sœurcières, de Terry Pratchett – L’Atalante
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Ça fait déjà quelques années que je suis tombée dans l’univers de Pratchett, et c’est toujours un bonheur d’en picorer un tome par-ci par-là ! Celui-ci est le tout premier que j’ai lu, celui qui m’a fait tomber amoureuse de l’univers et des personnages de Nounou Ogg et Mémé Ciredutemps… Malgré ça, je gardais assez peu de souvenirs de l’histoire, et quand Guimause a demandé pour son Pumpkin Autumn Challenge de lire un livre qui parle de « sorcière – pièce de théâtre – prophétie – tragédie », vous vous doutez bien que j’ai vu là l’occasion parfaite de m’en faire une petite relecture.

Comme d’habitude avec Pratchett, comme d’habitude avec ses sorcières, ce roman est tout bonnement délicieux. Les sorcières sont géniales, complètement loufoques et bougonnes à souhait, et profondément attachantes. Lorsque l’auteur les met, elles et leur pragmatisme, face à une pièce de théâtre, c’est toute cette magie du théâtre qui est rappelée au lecteur, avec son pouvoir de montrer des mondes entiers sur un simple carré de planches en bois, du carton et quelques bouts de tissu… Bien que je ne connaisse rien au sujet, j’ai d’ailleurs beaucoup aimé les très nombreuses références à l’œuvre de Shakespeare !

Quant au style, je me suis délectée de la narration toujours aussi extravagante, et des petits ressorts scénaristiques toujours aussi inattendus, mais qui sont finalement monnaie courante dans cet univers : je pense par exemple à la résolution finale, dont je ne dévoilerai rien mais qui fera s’étouffer dans leur purée les plus grands professeurs d’écriture…

Si vous ne connaissez pas encore l’univers du Disque-Monde, je pourrais vous faire toute une conférence, entre guide d’approche et propagande, mais je vais me contenter de vous confirmer que ce tome-ci est parfait pour commencer si l’envie vous prend ! Et si jamais vous connaissez déjà, vous avez un tome préféré ? Un personnage favori ?

Si vous ne savez pas par où commencer pour découvrir cet univers, découvrez le petit guide d’exploration du Disque-Monde à l’usage de l’aventurier intimidé que je vous ai concocté !

Les Veilleurs de Glargh, enquête au pays des bras cassés

Dans la grande cité de Glargh, en terre de Fangh, de fiers soldats font régner l’ordre. Bon, la plus grande part du boulot consiste à faire des rapports sur les dégâts provoqués par les aventuriers, mais la présence des uniformes rouges dans les rues rassure les badauds. C’est déjà ça.
Parmi ces respectables veilleurs, l’unité Furets est considérée comme de la bleusaille incompétente. Et plutôt mal assortie, par-dessus le marché : autour de l’héritier d’une longue lignée de charcutiers, on trouve notamment un ingénieur porté sur la bouteille, une amazone à la beigne facile, un médecin trop bavard, une Drow susceptible, un nobliau pistonné et même un Nain ! Puis voilà qu’on leur colle, en plus, une experte en magie dont personne ne sait trop quoi faire…
Quand les Furets se voient confier une véritable mission, ils s’imaginent que leur chance a tourné. Enfin une enquête digne de ce nom, et sur un double meurtre ! Mais à mesure que les indices pointent vers des personnages aussi puissants que dangereux, les Furets commencent à douter. L’affaire ne serait-elle pas trop grosse pour eux ? À croire qu’ils ont été choisis exprès pour échouer !
~ Les Veilleurs de Glargh, de John Lang – J’ai Lu
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Le Donjon de Naheulbeuk, c’est l’univers de mon adolescence : je connaissais les épisodes par cœur, j’ai dévoré tous les livres, découvert à partir de là bien d’autres sagas MP3… Autant dire que quand j’ai vu celui-ci à la librairie, je l’ai ramené à la maison pour ma petite dose de nostalgie.

Et ce roman a été pile à la hauteur de ce que je lui demandais ! J’ai retrouvé avec délice l’univers de Fangh et ses loufoqueries, ses Nains et ses mages, cette ambiance qui sent bon les souvenirs d’ado… Pour la première fois, on suit un groupe de personnages complètement inédits, qui certes rappellent souvent les héros que nous connaissons, mais qui savent pourtant se démarquer : l’équipe, plus grande, est composée de soldats aux origines et profils variés. Si on retrouve la Barbare et le Nain, on découvre par exemple une Efle Noire, un médecin, un artilleur… Ces nouvelles têtes, ajoutées au contexte assez nouveau d’une milice urbaine, apportent une petite dose de fraîcheur qui fait du bien.

Côté histoire, nos soldats sont envoyés sur une enquête mystérieuse, qui se révèle rapidement bien plus complexe qu’il n’y paraît. J’ai souvent eu l’impression que cette enquête n’était pourtant pas tant que ça au centre du propos, qui se concentre avant tout sur les personnages et leurs incapacités respectives à faire face aux événements qui leur tombent dessus. Du pur John Lang, quoi. Il n’y a donc pas vraiment moyen d’enquêter en tant que lecteur, mais comme dit plus haut, je ne suis pas venue pour ça, et j’ai passé un excellent moment à suivre les nombreuses péripéties ! La fin est peut-être un poil rapide, mais quelque part c’est tout aussi bien : on a suivi les personnages jusqu’au bout de ce qu’ils pouvaient faire, à d’autres maintenant de s’occuper de la suite des événements. Et qui sait-peut-être aurons-nous une suite ?

Seul petit bémol : je ne le conseillerais pas à des personnes qui ne connaissent pas du tout l’univers, étant donné que l’auteur ne prend pas vraiment le temps de le présenter ici, ni de rappeler les événements de l’Orbe de Xaraz et du Conseil de Suak… Pour tous les adeptes, par contre, c’est une très bonne lecture que je vous conseille chaudement !

Et Dieu se leva du pied gauche : du sarcastique à l’abominable

Après avoir avoué à sa femme qu’il avait toujours détesté le thé, Ambroise Perrin se défenestre sous les yeux médusés des personnes présentes. Dans un palace vénitien, Louise Duval se réveille d’une soirée de gala et découvre que sept de ses collègues sont morts au même moment dans leur lit de cause inexpliquées. Rien ne lie ces deux affaires, si ce n’est leur mystère. C’est assez pour intéresser Evariste Fauconnier, enquêteur émérite spécialisé dans les affaires que personne ne peut résoudre. Entre crimes en série et esprits diaboliques, le fin limier va devoir dénouer les fils d’une gigantesque toile qui risque bien d’avaler son âme autant que sa raison.
~ Et Dieu se leva du pied gauche, d’Oren Miller – Éditions de l’Homme Sans Nom
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Il semble que quand je ne sais pas trop quoi lire, les enquêtes d’Évariste Fauconnier et Isabeau Le Du se trouvent toujours être pile ce qu’il me faut. Et pendant les vacances, cette lecture prenante, avec un bel équilibre de légèreté et de noirceur, a été pile le bon choix !

Quel délice de retrouver ces deux personnages ! Ils forment un duo très « Sherlock/Watson », comparable mais pas identique, et entretiennent une relation touchante derrière les constantes piques de sarcasme qui ponctuent chacun de leurs dialogues. Comme ma très chère Agatha Raisin, Évariste et Isabeau sont des personnages que j’adore retrouver, pour eux-mêmes peut-être même plus que pour les enquêtes sur lesquelles ils travaillent.

L’enquête quant à elle s’est avérée aussi palpitante que dans les tomes précédents, abordant ici un thème aussi fascinant qu’abominable (mais que je ne dévoilerai pas pour vous laisser le plaisir de la découverte). Partant rapidement de Venise, l’histoire se déroule en réalité presque exclusivement en Suisse, dans une petite ville près de la forêt. On est donc plongés dans une ambiance très particulière, où tout le monde connaît tout le monde mais où les secrets ont la dent dure, et où le mystère est omniprésent… J’avais en partie deviné quelques révélations à l’avance, mais ça n’a en rien entaché la fin grandiose.

Ce fut donc une excellente lecture, que j’aurais pu dévorer si j’avais eu une journée à ne rien faire d’autre ! Pour l’instant, ce tome est le dernier paru, à mon grand désespoir, et je croise tous mes doigts pour qu’elle continue…