Doux retour à Avonlea, Anne Shirley, et une pincée de magie

À la mort de son père adoptif, Anne renonce à ses études pour se consacrer à l’enseignement. Institutrice à l’école d’Avonlea, elle exerce son métier avec fougue et passion. Mais l’arrivée de deux jumeaux, orphelins eux aussi, va troubler sa sérénité car ils vont lui en faire voir de toutes les couleurs.
~ Anne d’Avonlea, de Lucy Maud Montgomery – Monsieur Toussaint Louverture
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J’avais adoré le premier tome, qui m’avait plongée dans une exceptionnelle bulle de douceur. Mais cette lecture remonte un peu, et mes souvenirs s’en sont légèrement estompés… Pourtant, dès les premières phrases de ce second tome, j’ai été instantanément propulsée de nouveau à Avonlea !

Dès le début, j’étais de retour dans cet univers si bienveillant, sans une seconde d’hésitation pour retrouver mes marques : retourner dans un tome d’Anne, c’est retourner à la maison. J’ai retrouvé avec délice chacun des lieux rêvés par la jeune fille, ses voisins et camarades, et sa si chère Marilla ! Dans ce second tome, de nouveaux personnages viennent enrichir le tableau, dont un qui m’a particulièrement touchée… et un autre qui, à défaut d’avoir su m’attendrir, apporte des éléments intéressants à l’intrigue et au développement d’Anne.

Mais ce que je retiens avant tout de ce tome, et qui est peut-être encore plus présent ici que dans le premier, c’est l’ode magnifique que l’autrice dédie à l’imagination. Alors qu’Anne grandit et acquiert des responsabilités, elle continue de regarder le monde qui l’entoure avec ce brin de rêve et de magie qui lui est si particulier. Elle met un point d’honneur à saupoudrer de poésie et de romantisme chacune de ses journées, et tente de toutes ses forces de transmettre cette passion à ceux qui l’entourent ; et sur moi, ç’a magnifiquement fonctionné… La narration regorge de phrases plus belles les unes que les autres que je n’ai pas pu m’empêcher de noter ; à chaque fois que je retomberai dessus, je retournerai pour quelques instants au moins dans cet univers si doux d’Anne d’Avonlea…

Ce second tome le confirme : lire un tome d’Anne, c’est ouvrir une fenêtre sur un univers chaleureux, que l’on parcourt auprès d’une jeune femme aux tresses rousses et à l’imagination débordante, et dont on ressort le cœur rempli de bienveillance, de poésie, et de l’irrésistible envie de répandre l’une et l’autre aussi loin qu’on le pourra !

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Tome 1 : Anne de Green Gables

Journal d’un Assasynth, chroniques d’un androïde introverti

« J’aurais pu faire un carnage dès l’instant où j’ai piraté mon module superviseur ; en tout cas, si je n’avais pas découvert un accès au bouquet de chaînes de divertissement relayées par les satellites de la compagnie. 35 000 heures plus tard, aucun meurtre à signaler, mais, à vue de nez, un peu moins de 35 000 heures de films, de séries, de lectures, de jeux et de musique consommés. Comme impitoyable machine à tuer, on peut difficilement faire pire. »
Et quand notre androïde de sécurité met au jour un complot visant à éliminer les clients qu’il est censé protéger, il ne recule ni devant le sabotage ni devant l’assassinat ; il s’interpose même face au danger, quitte à y laisser des morceaux.
~ Journal d’un Assasynth : tomes 1 à 3, de Martha Wells – L’Atalante
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Quand sont passés dans mes mains les trois premiers tomes de cette série, que j’ai vu leur taille d’à peine 130 pages et le nombre de prix qu’ils ont reçus, je me suis dit que quitte à les avoir à disposition, autant prendre le temps de les découvrir. Et ce fut une excellente décision !

Au travers de ces trois tomes très courts (qui ne forment que le début de la saga semble-t-il), l’autrice met en place un univers de science-fiction très accessible et un personnage profondément attachant. Les codes du space opera réutilisés ici permettent de prendre rapidement ses marques, et c’est au travers du personnage et des intrigues que l’on découvre peu à peu les spécificités de cet univers-ci. Peu habituée à ce genre, justement, j’ai réussi à m’attacher dès le début au personnage, androïde à la personnalité très particulière : croise-t-on souvent un androïde dont la seule envie est de rester dans son coin à dévorer des séries TV ? En mettant en place un personnage décalé et un univers plutôt simplifié, l’autrice propose ici quelque chose d’assez original je trouve, et qui a très bien fonctionné avec moi !

Côté histoire, j’ai aussi énormément aimé ce que l’autrice propose : elle met en place dès le début une intrigue qu’elle poursuit comme un fil rouge sur chaque tome. Chacun présente un épisode à part entière, avec ses éléments de départ, son aventure et ses péripéties propres, mais s’inscrivant toujours dans la quête générale du personnage. En soi, les tomes se suffisent donc à eux-mêmes, et j’ai apprécié cet équilibre maîtrisé, qui donne davantage la sensation de se lancer dans une série aux épisodes courts et divertissants (est-ce d’ailleurs à mettre en parallèle avec l’amour du personnage principal pour une certaine série spatiale ?) que dans une (énième) grande saga épique où va se jouer le destin du monde.

Petit bémol à noter : j’ai eu davantage de mal avec le troisième tome. Contrairement aux deux autres, j’ai dû lire celui-ci en courtes et nombreuses sessions de lecture, et je crains que ce rythme morcelé, non aidé par un vocabulaire « spatial » très spécifique, ne m’ait empêchée de l’apprécier autant que je l’aurais voulu… J’essaierai néanmoins de mettre la main sur la suite, et je vous conseille chaleureusement cette série ! Si vous êtes particulièrement amateur.rice de science-fiction, je serais curieuse d’avoir votre avis sur ce que propose ici Martha Wells, et qui me semble mine de rien assez novateur.

La fin d’une époque : L’Assassin Royal et sa Reine Solitaire

Voici donc la fin de la route pour Fitz Chevalerie, et tous les chemins de sa vie semblent aboutir au même endroit : dans cette région désolée au-delà du Royaume des montagnes où vivaient les Anciens, dont le retour devrait sauver les Six Duchés. Mais si Vérité, le roi légitime, fils de Subtil Loinvoyant, espère le soutien des anciens pour sauver son royaume de la terrible vengeance outrilienne, son frère, Royal, l’usurpateur qui règne d’une main de fer sur les duchés de l’intérieur abandonnant les duchés côtiers aux exactions des pirates rouges, a d’autres plans pour la réalisation desquels il a formé de nombreux clans d’Artiseurs. L’art imparfait de Fitz suffira-t-il à sauver la situation et pourra-t-il sauver son Roi et sa Reine de l’implacable soif de pouvoir de Royal.
~ L’Assassin Royal – tome 6 : La reine solitaire, de Robin Hobb – J’ai Lu
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Quel tome ! Voilà qui conclut magistralement la première époque de l’Assassin Royal, et je ne sais pas ce dont j’ai le plus hâte : découvrir (enfin !) les Aventuriers de la Mer, ou revenir auprès de ces personnages dont on pressent un destin encore plus chargé que prévu !

Ce tome correspond vraiment à un moment charnière, dans l’intrigue certes, mais peut-être avant tout pour les personnages. L’arc narratif parvient à une conclusion, et la tension se fait particulièrement présente pour Fitz et les siens, mais j’ai presque eu le sentiment que ce n’était pas le propos dans ce tome-ci, et que l’autrice souhaitait avant tout résoudre les intrigues ouvertes au cours des tomes précédents.

Pour moi, le cœur de ce tome-ci se trouve auprès des personnages. Éprouvés par les épreuves et les tensions, on sent qu’ils arrivent au bout de ce qu’ils peuvent donner, au maximum de ce qu’ils peuvent être. Fitz a passé les derniers tomes à se chercher, il est maintenant prêt pour le changement. Les autres aussi, passés les questionnements, finissent par se dévoiler et se métamorphoser – parfois même littéralement… Et alors que tous ces personnages que l’on a intimement suivis au cours de nombreux tomes sont enfin prêts à devenir autre chose, la suite d’eux-mêmes, la scène finale nous emmène à l’apogée de cette première époque avec des événements grandioses, et la promesse d’autres plus grandioses encore !

J’ai beaucoup aimé la manière dont l’autrice conclut cette première partie, avec un tome qui offre une magnifique transition entre la fin d’une époque et tous les possibles qu’elle ouvre pour la suivante. Vivement la suite, donc…

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Tome 4 : Le poison de la vengeance
Tome 5 : La voie magique

Blackwater, suite et fin d’une dynastie

Si le clan Caskey accuse le poids des ans, il est loin de s’être assagi : révélations écrasantes, unions insolites et réceptions fastueuses rythment leur vie dans une insouciance bienheureuse. Mais quelque chose surplombe Perdido, ses habitants et ses rivières. Le temps des prophéties est enfin venu.
~ Blackwater, tome 6 : Pluie, de Michael McDowell – Monsieur Toussaint Louverture
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Je vous parlais juste ici de ma lecture des premiers tomes, qui marquaient le début d’une courte saga-feuilleton que j’ai adoré suivre tout au long de sa parution. J’ai maintenant terminé le sixième et dernier tome, il est donc grand temps de faire le point…

En tant qu’expérience de lecture, j’ai adoré suivre chacun des tomes. L’ensemble fait un bel écho au genre du roman-feuilleton, dont on suivait autrefois assidûment les épisodes publiés dans les journaux : chaque tome de Blackwater est court, chaque chapitre relate une nouvelle péripétie, le style est fluide et direct, et l’ensemble est follement addictif ! Sans compter que la petite touche d’imaginaire frissonnant rajoutée par l’auteur rend l’ensemble d’autant plus intrigant…

Pourtant, cet élément fantastique n’est pas du tout central à l’histoire. Au contraire, j’ai eu le sentiment qu’il servait de toile de fond aux querelles et inimitiés, que cette part de mystère alimente. Blackwater, c’est avant tout une histoire de famille, une histoire de ces rôles tacites que chacun s’attribue, de ces relations conflictuelles et problématiques qui se développent sous le prétexte des liens de sang. Le récit s’étale sur de très nombreuses années, et j’ai observé avec fascination l’évolution de la famille Caskey, son enrichissement extérieur, son effondrement intérieur…

Si j’ai adoré chacun des tomes, le final me laisse cependant sur un sentiment un peu plus mitigé. J’ai beaucoup aimé la manière dont l’auteur fait très lentement monter le mystère et la tension au fil des tomes, l’effroi allant grandissant autour du personnage d’Elinor. Alors que les Caskey connaissent une croissance toujours plus rapide, je m’attendais à une chute particulièrement brutale… ce qui n’a pas vraiment été le cas. Cette fin est pourtant très marquante, et conclut en beauté (et avec émotion) ces quelques décennies ; je m’étais probablement trop attachée au côté fantastique de l’histoire, et m’attendais peut-être trop à une fin typique du genre…

Quoi qu’il en soit, je garderai un fort souvenir de cette lecture : des personnages envoûtants, une intrigue toute en retournements de situation, une expérience de lecture mémorable… Je pense que l’engouement partagé par tant de lecteurs aura participé à en faire pour moi une lecture toute particulière. Même si vous n’attrapez le coche que maintenant, je vous conseille chaudement de partir à la rencontre de la famille Caskey !

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Tomes 3 à 6, le grand final

Le Livre (addictif mais pas si fou) des Baltimore

Jusqu’au jour du Drame, il y avait deux familles Goldman. Les Goldman-de-Baltimore et les Goldman-de-Montclair. Les Goldman-de-Montclair, dont est issu Marcus Goldman, l’auteur de La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert, sont une famille de la classe moyenne, habitant une petite maison à Montclair, dans le New Jersey. Les Goldman-de-Baltimore sont une famille prospère à qui tout sourit, vivant dans une luxueuse maison d’une banlieue riche de Baltimore, à qui Marcus vouait une admiration sans borne. Huit ans après le Drame, c’est l’histoire de sa famille que Marcus Goldman décide cette fois de raconter, lorsqu’en février 2012, il quitte l’hiver new-yorkais pour la chaleur tropicale de Boca Raton, en Floride, où il vient s’atteler à son prochain roman. Au gré des souvenirs de sa jeunesse, Marcus revient sur la vie et le destin des Goldman-de-Baltimore et la fascination qu’il éprouva jadis pour cette famille de l’Amérique huppée, entre les vacances à Miami, la maison de vacances dans les Hamptons et les frasques dans les écoles privées. Mais les années passent et le vernis des Baltimore s’effrite à mesure que le Drame se profile. Jusqu’au jour où tout bascule. Et cette question qui hante Marcus depuis : qu’est-il vraiment arrivé aux Goldman-de-Baltimore ?
~ Le Livre des Baltimore, de Joël Dicker – Éditions de Fallois (poche)
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Des fois, il arrive que je sorte de cette douce bulle qu’est la SFFF. Cette fois-ci, il me fallait quelque chose de léger, addictif, quelque chose d’assez peu complexe qui ne serait pas pénalisé par un rythme de lecture fractionné et peu régulier : il me fallait une lecture de vacances.

Comme j’avais beaucoup aimé le best-seller de Joël Dicker, La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert, j’ai pensé que le suivant pourrait convenir à mon envie du moment. Effectivement, il s’est très bien lu, à l’occasion d’une dizaine de jours aux emplois du temps bien chargés : le style est fluide, les pages se dévorent et l’histoire avance à un rythme suffisamment soutenu pour que chaque mini-session de lecture soit intéressante.

Et pourtant, je n’ai pas été aussi emballée que par le précédent. Alors que ce récit est beaucoup plus personnel pour le narrateur, j’ai beaucoup moins accroché avec ce personnage, assez peu charismatique et moyennement sympathique. Quant à l’histoire, je l’ai trouvée peu palpitante… Si l’objectif était de montrer les secrets d’une famille ordinaire, peut-être était-elle trop ordinaire ? Certes, les tensions sont là, mais elles ont un air d’exagération qui rend le dénouement final forcé, sorti de nulle part et peu réaliste. Avec un léger arrière-goût de « Tout ça pour ça ? ».

J’ai beau pointer du doigt les aspects qui m’ont moins plu, je l’ai quand même dévoré, et j’y retournais bien volontiers à chaque session de lecture : au final, ce livre m’a quand même fourni ce que je lui demandais !

Et vous, vous avez déjà fait l’expérience d’une lecture pas si folle mais qui correspondait parfaitement à ce qu’il vous fallait sur le moment ? Qu’est-ce que vous préférez emporter avec vous pour vos lectures de vacances ?

Skyward : Vers les étoiles, ou de l’importance des champignons en territoire caverneux

Installés sur la planète Détritus depuis des décennies, les derniers survivants de l’espèce humaine tentent de résister aux attaques répétées des Krell, un mystérieux peuple extraterrestre. Dans ce monde rythmé par les batailles spatiales, les pilotes sont vénérés comme des héros et font frissonner les nouvelles générations prêtes à en découdre. Parmi eux, Spensa rêve depuis l’enfance de piloter son propre vaisseau et de prouver son courage. Car elle est la fille d’un lâche. Son père, l’un des meilleurs pilotes de la Force de Défense Rebelle, a été exécuté lors de la bataille d’Alta après avoir déserté le combat, et cet héritage pourrait bien coûter à Spensa sa place au sein de l’école de pilotage.
Plus que jamais déterminée à voler, elle redouble d’effort pour trouver sa place au sein d’une escouade de pilotes et convaincre sa hiérarchie que la lâcheté n’est pas héréditaire. Sa découverte accidentelle d’un vaisseau depuis longtemps oublié pourrait bien changer la donne…
~ Skyward – tome 1 : Vers les étoiles, de Brandon Sanderson – Le Livre de Poche
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Peu adepte du genre space opera mais curieuse de l’explorer, et faisant entièrement confiance à Brandon Sanderson qui m’a plus que conquise en fantasy, j’avais décidé que Skyward serait pour moi une lecture à ne pas manquer. Lorsque j’ai eu la chance de gagner un concours organisé par Amandine de @plume.et.chimere, plus d’hésitation possible : il me fallait découvrir cette nouvelle série…

Et quelle sublime lecture ce fut ! J’ai été happée dès les premières pages : Sanderson a ce don inouï de créer des univers à la fois profonds et novateurs tout en demeurant d’une limpidité absolue. Ici, j’ai retrouvé un mélange improbable de Star Wars et de Top Gun, avec tous les codes du space opera et bien d’autres choses autour : autant dire que j’ai été plus que séduite !

Un bon univers ne fait certes pas tout, mais ce roman me semble tout simplement dépourvu de défauts. J’ai adoré les personnages, notamment Spensa, ce personnage rarement aussi bien réussi de l’adolescente impulsive et perdue dans ses convictions. J’ai adoré l’histoire, mélange savant d’intrigue, de développement des personnages et de machinations politiques. J’ai adoré le style, fluide et bourré d’action. J’ai adoré les combats spatiaux, les vaisseaux intelligents, les jeunes personnages qui côtoient l’héroïne, le mystère, les rebondissements et révélations…

Pour une incursion hésitante dans le space opera, on peut dire que ce premier tome dévoré en quelques heures à peine est un franc succès ! Vivement la suite donc, et je ne saurais assez vous recommander de découvrir cet univers à votre tour si ce n’est pas encore fait !

Blackwater 1 & 2 : mystère en eaux troubles

Alors que les flots sombres et menaçants de la rivière submergent Perdido, une petite ville du sud de l’Alabama, les Caskey, une riche famille de propriétaires, doivent faire face aux innombrables dégâts provoqués par la crue. Mené par Mary-Love, la puissante matriarcale, et par Oscar, son fils dévoué, le clan s’apprête à se relever. Maus c’est compter sans l’apparition, aussi soudaine que mystérieuse, d’Elinor Dammert, jeune femme séduisante au passé trouble, dont le seul dessein semble être de s’immiscer au cœur de la famille Caskey.

Tandis que la ville se remet à peine d’une crue dévastatrice, le chantier d’une digue censée la protéger charrie son lot d’imprévus : main-d’oeuvre incontrôlable, courants capricieux, disparitions inquiétantes… Pendant ce temps dans le clan Caskey, Mary-Love, la matriarcale, voit ses machinations se heurter à celles d’Elinor, son étrange belle-fille, mais la lutte ne fait que commencer. Manigances, alliances contre-nature, sacrifices, tout est permis. À Perdido, les mutations seront profondes, et les conséquences, irréversibles.

~ Blackwater tome 1 : La crue & tome 2 : La digue, de Michael McDowell – Monsieur Toussaint Louverture
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Si vous avez gardé un œil sur les sorties du moment ou fait un tour sur les réseaux sociaux, vous avez certainement vu passer ces petits livres qui font tant parler d’eux : la série Blackwater ! Publiée tome par tome toutes les deux semaines comme le feuilleton qu’elle était à l’origine, j’ai l’impression que c’est LA parution du moment, et pour une fois je n’ai pas raté le coche de cette lecture commune à grande échelle !

Ce qui surprend dès le début, c’est le mélange incongru qu’elle propose : une saga familiale au rythme lent et à l’ambiance presque somnolente, tout juste perturbée par les remous des inimités allant et venant entre les personnages… où apparaît soudain un fantastique presque horrifique, aussi ténu qu’omniprésent. Ces éléments sont en effet toujours là, quelque part en arrière-plan, et j’ai beaucoup aimé la manière dont l’intrigue tourne autour en permanence, tout en ne l’approchant jamais vraiment. Au fur et à mesure de la lecture, l’envie de réponse grandit, tout comme la certitude frustrante que l’auteur ne nous dévoilera rien avant le dernier moment…

Chaque roman est court et se dévore. L’écriture est fluide ; peut-être un peu distanciée, objective, mais elle correspond vraiment à l’idée que je me fais du style de narration d’un vieux roman-feuilleton américain, et j’ai trouvé qu’il participait même à me plonger dans l’atmosphère ! Les petites intrigues s’emmêlent et se démêlent au fil des pages, et on les engloutit avidement pour découvrir si, oui ou non, l’auteur va enfin daigner nous donner un infime indice sur le mystère qui plane au-dessus de Perdido !

Comme beaucoup, je me suis laissée prendre au jeu des histoires familiales, et les secrets des uns et des autres m’intriguent maintenant tout autant que celui, bien plus étrange, d’Elinor… Autant dire que je vais dévorer la suite comme j’ai dévoré ces deux premiers tomes !

Et vous, vous suivez la parution des Blackwater ? La série vous intrigue-t-elle ?

L’Assassin Royal – La voie magique : en chemin vers l’inconnu…

Le roi Vérité est vivant ! Il a imposé une ultime mission à Fitz : « Rejoins-moi ! Loin sur les sentiers mystérieux de l’Art, au-delà du royaume des montagnes, le jeune homme se met en quête pour répondre à l’appel de son souverain affaibli. Mais il reste seul, pourchassé par les forces de Royal, l’usurpateur, et sans possibilité de compter sur ses propres alliés, qui le manipulent comme un simple pion. Or d’autres forces sont en marche… Dans son périple, Fitz va en effet se voir révéler son véritable statut : c’est par lui que s’accomplira, ou sera réduit à néant, le destin du royaume des Six-Duchés, et c’est là une charge bien lourde à porter quand on est traqué par ses ennemis, trahi par ses proches, et affaibli par la magie…
~ L’Assassin Royal – tome 5 : La voie magique, de Robin Hobb – J’ai Lu
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Ce cinquième tome se place dans le prolongement direct du tome précédent : toujours sur les routes, Fitz poursuit son voyage vers le Nord, luttant péniblement contre les volontés qui le voudraient anéanti.

Alors que le tome 4 est plus lent, plus introspectif puisque Fitz se retrouve seul face à lui-même, ce tome 5 reprend un rythme plus soutenu et les péripéties s’enchaînent ! Ses relations avec les personnages rencontrés au cours de son voyage évoluent, se densifient, et la sensation du but qui se rapproche est particulièrement prenante et très bien retranscrite. Le mystère reste entier sur leur destination et ce que l’équipée va y trouver, et on ne peut que spéculer au vu des visions qui tourmentent le jeune garçon.

J’ai eu le bonheur – comme Fitz – de retrouver un personnage que j’appréciais beaucoup lorsque le jeune garçon l’a côtoyé à Castelcerf. Il m’intriguait déjà à l’époque, et l’autrice lui donne dans ce tome-ci encore davantage de profondeur, et sa part de mystère ne fait que grandir ; que j’ai hâte d’en découvrir plus sur lui ! Fitz fait également la rencontre d’une vieille femme au caractère bien trempé et au passé obscur qui, elle aussi, titille ma curiosité…

Ce tome-ci est l’avant-dernier du cycle de la première époque, et on sent que l’autrice met les éléments en place pour préparer le final du tome suivant qui, j’espère, sera grandiose ! De quoi ai-je donc le plus hâte : terminer ce premier cycle, ou commencer (enfin !) les Aventuriers de la Mer ?

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Tome 4 : Le poison de la vengeance
Tome 6 : La reine solitaire

Un Haut-Royaume toujours plus sombre…

Après la mort du Haut-Roi, s’ensuit une période de deuil pour le Haut-Royaume – période durant laquelle les complots se trament et les dagues s’aiguisent avant l’ouverture du testament royal. Le prince Yrdel, héritier légitime, et le prince Alan, soutenu par la reine et son frère le prince-cardinal Jall, se disputent déjà le trône en coulisses. Comme ils se disputent les faveurs de Lorn, capitaine d’une Garde d’Onyx de plus en plus puissante et influente…
De son côté, Lorn poursuit comme toujours ses propres objectifs tout en semblant servir le Haut-Royaume. Et quand la Guerre des Trois Princes éclate, il pourrait bien être celui qui apportera la victoire…
~ Haut-Royaume, tome 3 : Le Roi, de Pierre Pevel – Bragelonne
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J’ai une affection toute particulière pour cette saga, découverte il y a déjà quelques années : j’avais dévoré les deux premiers tomes, attendu la sortie du troisième en poche… et complètement oublié de continuer depuis. Il est plus que temps de rattraper mon retard !

Avant de me plonger dans ce tome 3, j’ai pris le temps de redécouvrir les deux premiers tomes en audio, et j’ai bien fait : je connaissais déjà l’histoire donc ça ne posait pas de problème de l’écouter d’une oreille distraite, et ça m’a permis de me rappeler pas mal de détails ! D’autant plus que cette version audio est plutôt bien lue et s’écoute facilement.

Quel bonheur de retrouver ces personnages et cet univers ! Comme les deux premiers, j’ai dévoré ce tome-ci en quelques heures à peine : le style est fluide et les pages se tournent à une vitesse folle… Les intrigues se complexifient, sans pour autant que l’on s’y perde, et il devient passionnant de suivre l’évolution des enjeux qui entourent les héritiers du trône.

Mais le sujet central est et demeure Lorn, ce personnage toujours aussi sombre, dont j’ai particulièrement aimé l’évolution dans ce tome-ci. Jusqu’à présent, il était celui que l’on suivait et tenait en haute estime. Petit à petit, à mesure que son humeur s’obscurcit, ses motivations deviennent moins claires, jusqu’à ce qu’on ne puisse plus savoir vraiment quels sont ses desseins et si on peut toujours, loyal lecteur, se fier à lui ou non…

Ce tome me relance donc dans cette saga chouchou, et j’y ai trouvé plus que mon compte : de l’action et des complots, des rebondissements, et un personnage de plus en plus mystérieux… Vivement le tome suivant !

Sauver l’Humanité : Johnny n’était pas prêt

Johnny est un jeune garçon moderne passionné de jeux vidéos. Justement, il vient d’en acquérir un nouveau : Le Sauveur de l’humanité ! Ça se passe dans l’espace et il s’agit de détruire un maximum de vaisseaux ennemis. Mais soudain, un message apparaît sur l’écran : « Nous nous rendons ». Johnny a beau chercher, cet épisode n’est pas prévu dans le mode d’emploi. Le voilà au début d’une sacrée aventure…
~ Les aventures de Johnny Maxwell, tome 1 : Le sauveur de l’humanité, c’est toi !, de Terry Pratchett – L’Atalante
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Avide dévoreuse des romans de Terry Pratchett dans l’univers du Disque-Monde, j’étais vraiment curieuse de découvrir ce dont l’auteur est capable dans un monde beaucoup plus contemporain. Alors j’ai tenté, et je saurai maintenant à quoi m’en tenir…

Sur le papier, tout était pourtant fait pour me plaire : un héros perdu, un bon vieux jeu vidéo, un univers loufoque et la plume si unique de Pratchett… Sauf que je n’ai accroché à rien du tout. Rien. Le gros flop.

Cette lecture m’a donné un énorme sentiment de flou. Plusieurs fois au cours de cette lecture pourtant très courte, j’ai tenté de me souvenir de l’intrigue, des enjeux… Et je n’en ai vu aucun. Pourquoi les personnages du jeu vidéo prennent-ils soudain vie ? D’où viennent-ils, pourquoi en partent-ils ? D’ailleurs, pourquoi Johnny ? J’ai trouvé très peu de réponses, et me suis même forcée un peu pendant ma lecture à chercher des questions, un semblant d’intérêt à l’intrigue…

Au-delà de l’intrigue, je ne me suis pas non plus attachée aux personnages. Johnny est d’une extrême banalité, les extra-terrestres sont bien trop peu exploités, et les rares camarades de Johnny se résument à quelques adjectifs et un surnom qui fait un peu grincer des dents en 2022. Quant au style si marqué de Pratchett, j’étais tellement perdue dans ce flou incompréhensible et inintéressant que je ne l’ai même pas aperçu…

Cette lecture fut donc une belle déception. Je continuerai à savourer les Annales du Disque-Monde (si d’ailleurs l’envie vous prend de vouloir y plonger à votre tour, je vous ai concocté un petit guide juste ici), mais en-dehors de cet univers je saurai malheureusement baisser mes attentes de cet auteur…