Mortimer, l’ordre des choses et les choix de carrière

Mortimer court à travers champs, agitant les bras et criant comme une truie qu’on égorge. Et non. Même les oiseaux n’y croient pas. « Il a du coeur », fait le père adossé contre un muret. « Dame,c’est le reste qui lui manque », répond l’oncle Hamesh. Mais à la foire à l’embauche, la Mort le remarque et l’emporte sur son cheval Bigadin. Il faut la comprendre : elle a décidé de faire sa vie. Avec un bon commis, elle pourrait partager le travail quotidien, ce qui lui laisserait des loisirs. Un grand destin attend donc Mortimer. Mais… est-ce bien raisonnable ?
~ Les Annales du Disque-Monde, tome 4 : Mortimer, de Terry Pratchett – J’ai Lu
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Je reprends tranquillement le rythme de lire ou relire régulièrement un tome du Disque-Monde, j’ai donc redécouvert Mortimer, premier tome du cycle de la Mort !

Même si le cycle des sorcières garde ma préférence, celui de la Mort n’est pas loin derrière. Ce personnage universel et intemporel y est confronté à la vie, à l’existence, à l’humanité, et à ce qui les rendent intéressantes et importantes (ou non). Sans cesse en décalage avec les codes de la société, la Mort est l’occasion idéale pour l’auteur de mettre le doigt sur les absurdités de notre monde ; tout en rappelant que, même si elle ne fait pas toujours sens et si elle prendra fin un jour, la vie a toujours quelque chose à apporter.

C’est cette double inéluctabilité qui est au centre de l’intrigue de Mortimer : celle de la mort et celle de la vie. Est-elle menée par nos choix ou pré-écrite dans notre destinée ? Peut-on la modifier, et quelles en seront les conséquences ? Au-delà de ces vastes questionnements existentiels, le roman aborde aussi le notion de morale et, en quelque sorte, de la conscience professionnelle : faire son travail, dont l’importance est primordiale à l’équilibre du monde ? Ou faire ce qui nous semble juste ? Peut-être est-ce la mission confiée qui est la plus juste, même si elle n’en a pas l’air au premier abord ?

Au-delà de ces thématiques passionnantes, j’ai adoré retrouver la narration si particulière et si délectable de Pratchett. Mortimer est un personnage attachant, qui évolue énormément au fil du récit et qu’il est plaisant de voir se développer et prendre de l’assurance. Les événements finaux promettent de grandes choses d’ailleurs, que j’ai hâte de retrouver dans les tomes suivants !

Cette relecture est donc un franc succès : elle a renouvelé mon affection pour le personnage de la Mort, et me donne très envie de me plonger dans les autres tomes de ce cycle ! Et vous, aimez-vous ce cycle de la Mort dans les Annales du Disque-Monde ?

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Vers de nouveaux horizons avec les Aventuriers de la Mer

Les vivenefs sont des vaisseaux magiques attachés par des liens empathiques à la famille qui les possède. Ces navires insaisissables bravent les tempêtes, évitent les récifs, distancent les monstres marins, sèment les pirates… et font l’objet de toutes les convoitises. Le capitaine de la Vivacia, Ephron Vestrit, se meure. Parmi les siens, chacun ourdit complot et trahison pour s’approprier son vaisseau, car une vivenef ne se transmet pas comme un legs ordinaire. Pendant ce temps, d’autres dangers se profiles à l’horizon : les serpents de mer qui infestent les océanes se regroupent, et un ambitieux pirate aspire à unir ses pairs sous un seul pavillon : le sien.
~ Les Aventuriers de la Mer, tome 1 : Le vaisseau magique, de Robin Hobb – J’ai Lu
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Après avoir dévoré et adoré Retour au Pays, cette coute novella de transition entre la première partie de l’Assassin Royal et les Aventuriers de la Mer, j’étais loin d’en avoir eu assez de la plume de Robin Hobb. J’ai donc, tout naturellement, enchaîné sur le premier tome des Aventuriers de la Mer !

Changement de décor total, il a fallu refaire la connaissance de nouveaux personnages et de nouveaux environnements. J’ai réussi à m’attacher dès le début à Théa, jeune fille fougueuse, ainsi qu’à Hiémain, douce âme ballotée par les volontés qui l’entourent. On m’avait prévenue, mais Royal trouve lui aussi son digne successeur dans cette série, avec un personnage qui se hisse déjà parmi les plus haïssables qu’il m’ait été donnés de rencontrer. Les tomes suivants vont s’annoncer éprouvants…

Malgré quelques apartés qui n’ont pas encore complètement fait le lien avec l’intrigue principale, on ne voyage pas encore beaucoup ; certainement pour nous laisser le temps d’assimiler les nouveaux éléments. J’ai d’ailleurs adoré rencontrer les Vivenefs (dont j’ai trouvé le processus d’éveil particulièrement émouvant), et j’ai très, très hâte de les voir évoluer auprès des humains, de leurs conflits et de leurs destins.

Si je devais formuler un tout petit regret, je dirais que la narration interne me manque, pour cet attachement rapide qu’elle apporte envers le personnage principal. Cela dit, l’autrice nous embarque ici auprès de nombreux protagonistes dont les chemins vont s’entrecroiser, il s’agira donc peut-être d’une richesse de la narration qui s’exprimera d’une manière différente !

Quoi qu’il en soit, je suis conquise par ce premier tome, et j’ai très hâte de poursuivre ces nouvelles aventures dans le Royaume des Anciens. Et vous, où en êtes-vous des écrits de Robin Hobb ? Quel est votre personnage favori des Aventuriers de la Mer ?

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L’Assassin Royal – Première époque :
Tome 4 : Le poison de la vengeance
Tome 5 : La voie magique
Tome 6 : La reine solitaire
Les Aventuriers de la Mer :
Retour au Pays : Prélude aux Aventuriers de la Mer

Retour au pays du péril des marais et de l’esprit

Ce que l’esprit conscient ne perçoit pas, le cœur le sait déjà. Dans un rêve. j’ai traversé comme le vent ce désert des Pluies, en rasant le sol mou, passant au travers des ramures qui se balançaient. Insoucieuse de la fange et de l’eau corrosive, j’ai pu voir soudain la beauté aux multiples strates des alentours. Je me tenais en équilibre, oscillant, comme un oiseau, sur une fronde de fougères. Un esprit du désert des Pluies m’a murmuré : « Essaie de le dominer et il t’engloutira. Incorpore-toi à lui, et tu vivras. »
~ Retour au Pays : Prélude aux Aventuriers de la mer, de Robin Hobb – J’ai Lu
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Alors que je terminais il y a quelque temps la première partie de l’Assassin Royal, l’adorable Hugo @enchanteurlitteraire me mettait dans les mains (encore merci !) ce prélude à la série qui prend la suite chronologique des événements, Les Aventuriers de la mer. C’est donc complètement à l’aveugle et conquise par avance que je me suis lancée dans cette courte lecture, et quel agréable moment ce fut !

L’autrice nous embarque ici dans une région de son univers complètement différente : si la première partie de l’Assassin Royal se terminait au cœur des montagnes enneigées, on découvre ici les marais humides et hostiles des Rivages Maudits. C’est donc un premier pas vers un univers encore plus vaste qu’il ne l’a été jusqu’alors !

J’ai beaucoup aimé découvrir cette nouvelle région, inhospitalière et dangereuse. Je retiens particulièrement cette espèce de volonté propre qui semble y régner, face à laquelle tous les nouveaux arrivants ont dû faire leurs preuves, et contre laquelle ils ont dû se battre pour ne pas perdre l’esprit. J’ai aimé observer les réactions de chacun, et j’ai adoré cette ambiance pesante qui règne sur tout le récit, notamment sur la dernière partie, dans les profondeurs… Je ne m’y attendais pas, mais c’était une lecture parfaite pour cette période sombre et brumeuse où j’ai pu la découvrir !

Au-delà du dépaysement total et de cette atmosphère prenante, l’autrice nous présente un tout nouveau personnage, une femme de la haute société de Jamaillia que j’ai trouvée particulièrement imbuvable dans les premières entrées de son carnet de bord. Mais puisque c’est là qu’excelle Robin Hobb, ce personnage gagne rapidement énormément de profondeur et de nuance, et devient en quelques dizaines de pages à peine une femme attachante et marquante. J’ai finalement adoré la suivre au long de son épopée, pour finir vraiment émue par son histoire.

Avec ce court texte de transition, la page est donc tournée vers les Aventuriers de la mer. Mais même s’il dépasse à peine les 100 pages, ça reste un témoignage de plus de l’autrice sur son talent de conteuse et de portraitiste que je ne suis pas prête d’oublier ! Et vous, vous avez lu cette nouvelle ?

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L’Assassin Royal – Première époque :
Tome 4 : Le poison de la vengeance
Tome 5 : La voie magique
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There Goes the Bride: voici venir l’ennui…

C’est en traînant des pieds qu’Agatha Raisin se rend au mariage de son ex, James Lacey. Elle en pince encore pour celui qui l’éclabousse avec son nouveau bonheur. Le jour des noces, coiffée de son plus beau chapeau, Agatha jubile de voir que l’autel est vide : la mariée n’est pas là ! Et pour cause, elle a été retrouvée avec une balle dans le corps avant même de pouvoir dire « oui ». Il n’en faut pas plus pour redonner à Agatha de l’espoir…avant que celui-ci ne retombe comme un pudding pas assez cuit lorsque la police décrète que la suspecte numéro un, c’est… elle !
~ Agatha Raisin, book 20: There Goes the Bride, de M.C. Beaton – Constable
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Je ne m’étais pas replongée dans les aventures de ma chère Agatha Raisin depuis des mois, il était donc plus que temps de retourner à Carsely et de poursuivre la découverte de cette série !

Malheureusement, ce tome-ci ne fait clairement pas partie des meilleurs. Je l’ai même trouvé plutôt bancal : pour moi, ni l’enquête ni les déboires d’Agatha ne tenaient debout dans ce tome-ci, et j’ai survolé ma lecture…

Côté intrigue, je l’ai trouvée décevante. Les enquêteurs ne savent pas où donner de la tête, certaines pistes sont lancées puis abandonnées, le coupable ne m’a pas surprise mais j’ai trouvé le dénouement sorti de nulle part et un peu tiré par les cheveux.

Quant à Agatha, elle ne sait toujours pas quoi faire d’elle-même et de ses relation sentimentales, et j’ai eu la sensation que l’autrice elle-même peinait à trouver de quoi renouveler son personnage… Je n’ai pas non plus ressenti le soutien chaleureux de son entourage, et le village de Carsely lui-même m’a un peu manqué…

Ce tome-ci fut donc un raté pour moi. Il me reste quand même un certain nombre de tomes à découvrir, j’espère que la suite repartira au moins un peu mieux !

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Tome 17 : Cache-cache à l’hôtel
Tome 18 : Un Noël presque parfait

Astrevise : vers les étoiles et au-delà !

Spensa est devenue pilote et s’est engagée dans la guerre sans fin qui oppose les derniers survivants de l’espèce humaine, menacée d’extinction, aux Krell, un mystérieux peuple extraterrestre. Ayant réussi à faire réhabiliter la mémoire de son père, accusé injustement de trahison, Spensa est maintenant membre à part entière de la Force de Défense Rebelle.
Alors qu’elle vient tout juste de commencer à prendre la mesure de ses nouveaux pouvoirs cytoniques, Spensa reçoit d’une extraterrestre mourante, Alanik, les coordonnées de la station spatiale Astrevise, où se trouve la clé de la survie de l’humanité. Elle décide d’infiltrer le lieu et se trouve malgré elle piégée dans des intrigues politiques qui la dépassent.
~ Skyward, tome 2 : Astrevise, de Brandon Sanderson – Le Livre de Poche
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Merci à l’éditeur pour sa confiance lors de l’envoi de ce titre !

Est-ce que le premier tome avait été un coup de cœur sidéral ? Oui. Est-ce que ce tome deux est à la hauteur ? Re-oui. Enfin, presque. Enfin, oui.

Je dois avouer que j’ai un tout petit peu moins accroché à ce deuxième tome en termes d’ambiance. Le premier se démarquait avec cette atmosphère unique d’école de pilotage spatial, qui m’avait ultra-emballée ; ici on sort de ce contexte pour découvrir un univers plus large, fascinant certes, mais qui perd ce côté « Top Gun ». D’autre part, cette ouverture vers d’autres cultures et des enjeux plus larges implique naturellement le développement d’intrigues plus politiques, et de machinations à plus grande échelle : ces éléments narratifs ne m’emportent pas autant que d’autres, et je reconnais n’avoir pas été aussi happée par ce tome-ci que par le précédent…

Pour autant, j’ai adoré. La narration de Brandon Sanderson est toujours aussi addictive et toujours aussi fluide, et il maîtrise toujours autant les retournements de situation. Il m’a bien chamboulé le cerveau une ou deux fois ici, avec des révélations qui donnent à chaque fois une toute nouvelle dimension au récit ! Quant aux combats aériens que j’aimais tant dans le premier tome, l’auteur est parvenu à en intégrer une belle dose ici aussi, pour ma plus grande satisfaction.

Astrevise nous emmène à la rencontre de nouvelles cultures et de nouveaux personnages, dont j’ai apprécié la diversité, aussi bien sur le plan des caractéristiques physiques (qui viennent d’ailleurs questionner et moderniser la conception classique des identités de genre chez les peuples non-terriens) que d’un point de vue moral. Ces nouveaux personnages sont aussi intrigants qu’attachants, mais ce sont bien Spensa et M-Bot qui continuent d’avoir toute mon affection…

Bien entendu, ce second tome finit lui aussi sur un cliffhanger qui ferait trépigner d’impatience le plus imperturbable des cailloux, et je n’ai qu’une hâte : découvrir le tome 3.

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Tome 1 : Vers les étoiles

The Walking Souris : Scurry

Un groupe de souris domestiques lutte pour survivre à un long et étrange hiver. Les humains ont disparu, le soleil se pointe rarement et une pluie froide et sombre empoisonne tout ce qu’elle touche. Les souris, qui dépendaient des humains pour se nourrir, s’accrochent obstinément à leurs vieilles habitudes, pillant les maisons abandonnées à la recherche des restes qu’elles peuvent trouver…
~ Scurry, tome 1 : La colonie condamnée, de Mac Smith – Delcourt
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Voici ma lecture d’Halloween ! Un crâne sur la couverture, des couleurs sombres et automnales, une lecture graphique rapide : que demander de plus pour une telle journée ?

D’ordinaire avec les graphiques, j’ai la sensation de survoler l’histoire et ses personnages plus que d’y plonger tête la première. Ça ne m’empêche pas forcément d’apprécier, mais me laisse souvent un arrière-goût de « j’en aurais voulu davantage ». Dans Scurry, j’ai été happée dès le début. L’efficacité de la narration et la présentation des personnages m’ont immédiatement convaincue, et j’ai vécu cette lecture avec beaucoup d’intensité et d’émotions.

Et quelles émotions… Plus que dans un univers effrayant, on est ici face à une situation complexe, où la survie d’un peuple de souris est en péril. Un peu à la « The Walking Dead », le danger réside autant dans la menace au-dehors que parmi les individus du groupe… Ce fut donc une agréable surprise, d’autant plus que la narration traite son sujet de souris et de chats avec une maturité à laquelle je ne m’attendais pas.

Et vous, quelle a été votre lecture d’Halloween ? Ou la lecture qui, selon vous, correspond le mieux à la saison ?

Une histoire de magie : tromperie & déception au Pays des Contes

Brystal est une fée. Le seul ennui, c’est qu’au Pays des contes la magie est… illégale !
Pire, les rares enfants qui démontrent des capacités hors du commun sont envoyés au bagne à perpétuité. Heureusement pour l’adolescente, la pétulante Madame Mûredutemps vole à son secours avec une idée folle : ouvrir une académie de magie où ses étudiants apprendraient à utiliser leurs dons pour le bien de tous.
Mais à peine la jeune fée commence-t-elle à maîtriser ses capricieux pouvoirs que la directrice disparaît. Brystal et ses amis seront-ils capables de déjouer le sinistre complot qui menace l’avenir du Pays des contes… et de la magie elle-même ?
~ Une histoire de magie, tome 1, de Chris Colfer – Michel Lafon
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Alors que j’avais beaucoup aimé le premier tome du Pays des Contes, autre série du même auteur, je m’attendais à passer avec Une histoire de magie à passer un moment tout aussi agréable. Malheureusement, ce ne fut pas le cas…

Au vu du résumé, j’étais déjà préparée à une approche plus « jeunesse », avec une ligne narrative plus simple et des valeurs marquées de manière plus directe. Et justement, je pense que c’est au niveau du résumé que la déception s’est faite… Puisqu’il ne correspond pas à ce que l’on trouve dans le récit ! Alors que la quatrième de couverture vend l’arrivée de notre jeune héroïne dans une école de magie suivie d’une quête haletante et pleine de rebondissements, il s’agit en réalité d’une longue, très longue mise en place du personnage de Brystal et de ses camarades. L’arrivée à l’école de magie ne se fait que très tardivement, quant au basculement de l’intrigue évoqué en dernière ligne du résumé, il représente en fait la toute fin du roman, expédiée entre une bataille finale et une résolution hâtive. Je me suis donc plutôt ennuyée, attendant avec impatience des éléments qui ne sont pas venus.

Pour autant, toute la première partie aurait pu être intéressante : on y suit la jeune Brystal qui tente de se défaire des barrières que lui pose sa condition de femme, et rêve de laisser libre cours aussi bien à ses pouvoirs qu’à sa soif d’apprendre. Malheureusement là aussi, j’ai trouvé que le propos manquait de finesse. Cela se comprend parfaitement au vu de l’orientation « jeunesse » du texte, mais d’autres font passer leurs messages d’ouverture d’esprit, de bienveillance et de tolérance avec davantage de subtilité…

Dernier point que je déplore : cette série est présentée comme un préquel à celle du Pays des Contes, et… aucune mention n’y est faite. Pas un seul personnage issu de ce pays des contes, les royaumes n’ont pas du tout les mêmes noms, et on est même dans une société très proche ancrée dans la religion et la justice, notions qui, me semble-t-il, sont complètement absentes au Pays des Contes.

Malgré cette déception, je ne peux pas nier que l’auteur a su instiller une belle dose de magie dans ce roman, qui saura certainement émerveiller ses plus jeunes lecteurs. Malheureusement, du fait des promesses non tenues du résumé, l’enchantement n’a pas pris sur moi… Je me contenterai donc de garder l’excellent souvenir que j’ai du Pays des Contes !

Poison & tasse de thé : rendez-vous avec les détectives du Yorkshire

Il y a comme un vent de printemps qui souffle sur Bruncliffe. Mais la belle saison est loin de profiter à tout le monde… Impliqué dans une affaire de meurtre, Samson O’Brien doit faire face aux questions pressantes de la police, et Delilah Metcalfe aux critiques virulentes de sa famille et de ses amis – qui lui reprochent sa loyauté envers le détective privé. Et quand la vérité sur le passé de Samson éclate au grand jour, tout Bruncliffe se ligue contre lui.
Seul le vétérinaire du coin s’inquiète d’une série de morts inhabituelle au sein de sa clientèle canine. Soupçonnant un acte criminel, il sollicite les services de Samson et Delilah. Bravant les foudres des habitants, ces deux derniers vont devoir découvrir l’origine de ce poison qui menace la communauté bruncliffienne…
~ Les détectives du Yorkshire, tome 4 : Rendez-vous avec le poison, de Julia Chapman – Robert Laffont
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Si les premiers tomes m’ont fait passer un agréable moment dont je ne garde cependant pas un souvenir si mémorable que ça, ce tome-ci m’a happée et maintenue en haleine jusqu’à la dernière page !

Dans les tomes précédents, les enquêtes suivent des événements plus ou moins proches des personnages principaux et ancrés dans cette petite communauté qu’est Bruncliffe : une enquête pour chaque tome, un fil rouge en arrière-plan pour lier le tout, et on a une série bien agréable à suivre. Dans ce tome-ci, le fil rouge explose au devant de la scène, et les deux protagonistes sont personnellement exposés, et impliqués jusqu’au cou dans les événements. De fait, j’ai eu le sentiment que la série faisait un véritable bond en avant : ces personnages que l’on suit depuis déjà 3 tomes sont plus en danger que jamais, les révélations sont proches, les intrigues prennent de l’épaisseur… Et c’est passionnant !

Quant à « l’enquête du tome », elle met un moment à se décanter, mais l’autrice a su l’utiliser à bon escient : elle comble les moments de creux tout au long du roman, et permet parfois de relancer certains éléments qui débloqueront la fin de ce tome-ci. Sans compter qu’elle m’a serré le cœur plus d’une fois, faisant des ravages parmi les innocentes bêtes à poils du village…

Ce tome-ci a donc été une lecture particulièrement bonne pour moi : très bien rythmé et très bien équilibré, il relance mon envie de découvrir la suite sans plus tarder !

Doux retour à Avonlea, Anne Shirley, et une pincée de magie

À la mort de son père adoptif, Anne renonce à ses études pour se consacrer à l’enseignement. Institutrice à l’école d’Avonlea, elle exerce son métier avec fougue et passion. Mais l’arrivée de deux jumeaux, orphelins eux aussi, va troubler sa sérénité car ils vont lui en faire voir de toutes les couleurs.
~ Anne d’Avonlea, de Lucy Maud Montgomery – Monsieur Toussaint Louverture
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J’avais adoré le premier tome, qui m’avait plongée dans une exceptionnelle bulle de douceur. Mais cette lecture remonte un peu, et mes souvenirs s’en sont légèrement estompés… Pourtant, dès les premières phrases de ce second tome, j’ai été instantanément propulsée de nouveau à Avonlea !

Dès le début, j’étais de retour dans cet univers si bienveillant, sans une seconde d’hésitation pour retrouver mes marques : retourner dans un tome d’Anne, c’est retourner à la maison. J’ai retrouvé avec délice chacun des lieux rêvés par la jeune fille, ses voisins et camarades, et sa si chère Marilla ! Dans ce second tome, de nouveaux personnages viennent enrichir le tableau, dont un qui m’a particulièrement touchée… et un autre qui, à défaut d’avoir su m’attendrir, apporte des éléments intéressants à l’intrigue et au développement d’Anne.

Mais ce que je retiens avant tout de ce tome, et qui est peut-être encore plus présent ici que dans le premier, c’est l’ode magnifique que l’autrice dédie à l’imagination. Alors qu’Anne grandit et acquiert des responsabilités, elle continue de regarder le monde qui l’entoure avec ce brin de rêve et de magie qui lui est si particulier. Elle met un point d’honneur à saupoudrer de poésie et de romantisme chacune de ses journées, et tente de toutes ses forces de transmettre cette passion à ceux qui l’entourent ; et sur moi, ç’a magnifiquement fonctionné… La narration regorge de phrases plus belles les unes que les autres que je n’ai pas pu m’empêcher de noter ; à chaque fois que je retomberai dessus, je retournerai pour quelques instants au moins dans cet univers si doux d’Anne d’Avonlea…

Ce second tome le confirme : lire un tome d’Anne, c’est ouvrir une fenêtre sur un univers chaleureux, que l’on parcourt auprès d’une jeune femme aux tresses rousses et à l’imagination débordante, et dont on ressort le cœur rempli de bienveillance, de poésie, et de l’irrésistible envie de répandre l’une et l’autre aussi loin qu’on le pourra !

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Tome 1 : Anne de Green Gables

Journal d’un Assasynth, chroniques d’un androïde introverti

« J’aurais pu faire un carnage dès l’instant où j’ai piraté mon module superviseur ; en tout cas, si je n’avais pas découvert un accès au bouquet de chaînes de divertissement relayées par les satellites de la compagnie. 35 000 heures plus tard, aucun meurtre à signaler, mais, à vue de nez, un peu moins de 35 000 heures de films, de séries, de lectures, de jeux et de musique consommés. Comme impitoyable machine à tuer, on peut difficilement faire pire. »
Et quand notre androïde de sécurité met au jour un complot visant à éliminer les clients qu’il est censé protéger, il ne recule ni devant le sabotage ni devant l’assassinat ; il s’interpose même face au danger, quitte à y laisser des morceaux.
~ Journal d’un Assasynth : tomes 1 à 3, de Martha Wells – L’Atalante
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Quand sont passés dans mes mains les trois premiers tomes de cette série, que j’ai vu leur taille d’à peine 130 pages et le nombre de prix qu’ils ont reçus, je me suis dit que quitte à les avoir à disposition, autant prendre le temps de les découvrir. Et ce fut une excellente décision !

Au travers de ces trois tomes très courts (qui ne forment que le début de la saga semble-t-il), l’autrice met en place un univers de science-fiction très accessible et un personnage profondément attachant. Les codes du space opera réutilisés ici permettent de prendre rapidement ses marques, et c’est au travers du personnage et des intrigues que l’on découvre peu à peu les spécificités de cet univers-ci. Peu habituée à ce genre, justement, j’ai réussi à m’attacher dès le début au personnage, androïde à la personnalité très particulière : croise-t-on souvent un androïde dont la seule envie est de rester dans son coin à dévorer des séries TV ? En mettant en place un personnage décalé et un univers plutôt simplifié, l’autrice propose ici quelque chose d’assez original je trouve, et qui a très bien fonctionné avec moi !

Côté histoire, j’ai aussi énormément aimé ce que l’autrice propose : elle met en place dès le début une intrigue qu’elle poursuit comme un fil rouge sur chaque tome. Chacun présente un épisode à part entière, avec ses éléments de départ, son aventure et ses péripéties propres, mais s’inscrivant toujours dans la quête générale du personnage. En soi, les tomes se suffisent donc à eux-mêmes, et j’ai apprécié cet équilibre maîtrisé, qui donne davantage la sensation de se lancer dans une série aux épisodes courts et divertissants (est-ce d’ailleurs à mettre en parallèle avec l’amour du personnage principal pour une certaine série spatiale ?) que dans une (énième) grande saga épique où va se jouer le destin du monde.

Petit bémol à noter : j’ai eu davantage de mal avec le troisième tome. Contrairement aux deux autres, j’ai dû lire celui-ci en courtes et nombreuses sessions de lecture, et je crains que ce rythme morcelé, non aidé par un vocabulaire « spatial » très spécifique, ne m’ait empêchée de l’apprécier autant que je l’aurais voulu… J’essaierai néanmoins de mettre la main sur la suite, et je vous conseille chaleureusement cette série ! Si vous êtes particulièrement amateur.rice de science-fiction, je serais curieuse d’avoir votre avis sur ce que propose ici Martha Wells, et qui me semble mine de rien assez novateur.